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Bioéthique

Comment la promesse de ne pas légaliser l’euthanasie peut-elle être tenue par ceux qui s’accommodent de l’avortement ?

De Jean-Marie Le Méné dans la dernière lettre de la Fondation Lejeune :

"Faut-il que nos coeurs soient encore dans la nuit pour se satisfaire béatement du refus du mariage homosexuel et de l’euthanasie, de la part d’un des candidats à la présidence de la République, en guise de « valeurs pour la France » ! C’est évidemment ce qu’il fallait dire, alors que d’autres candidats revendiquent la transgression, mais enfin c’est tout de même un peu court… Pour deux raisons.

A bien y réfléchir, qu’un candidat s’engage à ne pas dénaturer la famille et à ne pas tuer nos vieux parents, c’est-à-dire à ne pas détruire le pays qu’il prétend servir, est un comble. La famille, composée d’un homme et d’une femme, préexiste à la société. Ce n’est pas une institution que l’Etat a le pouvoir de modifier. Il n’y a donc aucun mérite pour un chef d’Etat à respecter la cellule de base de la société et à promouvoir la piété filiale qui en est le ciment. C’est son devoir le plus strict. Il serait d’ailleurs plus judicieux de sélectionner les candidatures à la présidence de la République sur ce critère que sur 500 signatures qui ne signifient rien. A partir de là, tout commence : que compte faire le président pour valoriser la famille et venir en aide aux plus faibles ? Mais ici le bât blesse. Comment la promesse de ne pas légaliser le crime demain pourrait-elle être tenue par ceux qui s’accommodent du crime légalisé aujourd’hui ? La rupture civilisationnelle de l’avortement (8 millions de morts depuis 37 ans) ne suscite pas un mot. Au lieu d’endiguer l’eugénisme qui progresse, l’actuelle majorité lui a fourni, avec la loi bioéthique de 2011, une base normative qui lui manquait. La population des enfants trisomiques est mise en coupe réglée pour satisfaire les appétits du marché de la génétique. Elle n’est pas décimée (1 sur 10), elle est anéantie (plus de 9 sur 10). Ce n’est pas faute d’en avoir alerté les autorités publiques au plus haut niveau. Aujourd’hui, disons le tout net : cette obstination dans l’inacceptable pourrait peser sur nos choix.

Pour paraphraser Isaïe (53, 1-7), l’enfant trisomique, « n’était ni beau ni brillant pour attirer nos regards, son extérieur n’avait rien pour nous plaire. Il était méprisé, abandonné de tous, homme de douleurs, familier de la souffrance, semblable au lépreux dont on se détourne ; et nous l’avons méprisé, compté pour rien. Pourtant, c’était nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé ». Vous connaissez le sens de cette prophétie qui décrit le bouc émissaire et surtout la suite … La nuit se lèvera – et nos choix seront plus clairs – quand les responsables politiques, en regardant le visage de l’enfant trisomique, y verront non pas une erreur de la médecine mais leur frère ou leur soeur. Un tout petit geste suffirait. Il est encore temps."

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7 commentaires

  1. merci à Jean-Marie Le Méné,longanime homme de paix, courageux bienfaiteur de l’humanité authentique, de faire si judicieusement et si opportunément le lien entre ces deux fléaux des temps présents.
    Pour ceux qui en ont les moyens , c’est à dire tous, puisque chacun peut au moins prier: à soutenir solidairement sans modération.

  2. Réflexion pertinente et à laquelle on ne peut que souscrire mais qui ne doit pas nous masquer deux éléments :
    – si il y a un risque que N.Sarkozy ne tienne pas sa promesse, il y a une certitude que son rival s’engoufrera dans cette réforme emblématique pour les “forces de progrès” ;
    – pesons sur l’UMP pour qu’elle évolue mais ne laissons pas passer le candidat PS car la désespérance qui nous pousserait à “les mettre tous dans le même sac” et donc à ne pas voter nous rendrait éthiquement responsables (pour ne pas dire objectivement complices) des futurs assassinats commis au titre de l’euthanasie que nous aurions autorisé par notre abstention dans les urnes.

  3. c’est très beau, très vrai et très bien dit mais n’empêche qu’il faut bien voter! peut-on se permettre de voter blanc, de ne pas voter?
    On dirait qu’on ne peut voter que pour éviter que le pire n’arrive trop vite!

  4. @ Erix et @Sophie
    Un peu facile votre alternative : il existe une candidate, Marine LE PEN, qui propose de cesser de payer les avortements, d’aider les mères et les familles et donc nettement plus claire que N. SARKOZY. Voter pour elle au premier tour me parait un minimum si l’attachement à la vie est un critère de choix politique.
    A force de voter pour la droite à promesses non tenues, on a chaque veille d’élection ce type d’interrogations morales, bien vite réprimées au profit du bon gros vote qui rassure à défaut d’assurer.
    Et dans 5 ans regrets encore, sauf qu’entre deux une étape supplémentaire de la culture de mort aura été franchie.

  5. à Erix
    et de l’euthanasie prétendument “passive”,par exemple par arrêt de l’alimentation, de l’hydratation et/ ou de la respiration, vous la situez comment dans la réflexion que vous nous soumettez ?
    Pour “peser sur l’UMP” comme vous le suggérez, pour autant qu’il soit démontré qu’une souris puisse déplacer une enclume, faut-il lui demander de choisir, par exemple entre Monsieur Vanneste et Madame Bachelot ?
    le problème de l’euthanasie , fût-il cyniquement instrumentalisé dans le campagne électorale par les uns et les autres relève-t-il réellement du désuet décorum droite-gauche ? Je vous avoue que j’en doute un peu.
    Mais je vous écoute volontiers, car le sujet, de la plus grande gravité mérite en effet la plus grande attention.

  6. De tout coeur avec Jean Marie Le Méné.
    Son texte est d’une grande profondeur politique et spirituelle.

  7. Comme le dit très bien JacBR, Marine Le Pen est le candidat dont les idées sont les plus proches de celles si bien exposées par Jean Marie Le Méné. Pour un catholique voter pour elle au premier tour me semble évidemment la moins mauvaise solution: elle ne souscrit pas entièrement à nos exigences pro-vie, mais elle s’en rapproche davantage que les autres candidats dits “de droite”, sauf Carl Lang qui, malheureusement ne fait pas le poids électoralement.

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