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France : Politique en France

Clivage : c’est celui qui le dit qui y est…

Olivier Abel, Philosophe, de l'Institut protestant de théologie, Jérôme Anciberro, catholique, rédacteur en chef de "Témoignage chrétien", et un certain nombre d'inconnus publient dans Le Monde une tribune, dans laquelle ils dénoncent des "clivages" :

"Nous contestons la manipulation et l'accentuation des clivages : raciaux, sociaux, religieux, ethniques, de couleur de peau, qui font du jeune de banlieue, du musulman, du chômeur, du Rom, le bouc émissaire. Ces clivages sont utilisés par les médias, les pouvoirs et certaines forces politiques pour occulter le clivage social."

Ce qu'ils ne manquent pas de faire pour autant :

"Nous dénonçons l'esprit de croisade pour la défense de la " France chrétienne " : l'extrême droite catholique s'attaque à l'art contemporain, la présidence de la République et sa majorité affirment une soi-disant supériorité d'une civilisation (chrétienne) sur d'autres, sans compter le discours du Front national, et nous en passons… […]

Le vote pour l'extrême droite est incompatible avec les valeurs de l'Evangile partagées bien au-delà des chrétiens. Nous disons aux chrétiens de droite inquiets de la tentation de l'extrême droite, qu'ils se doivent d'interpeller leur camp sur les dérives des politiques, notamment sur l'immigration, qui ont dépassé le niveau de l'humainement acceptable. Nous disons aux dirigeants de la gauche que leurs politiques passées et leurs propositions ne sont pas à la hauteur des enjeux, que nous espérons mieux d'eux. […]"

Et le vote pour la droit pro-avortement ou la gauche pro-mariage homosexuel, est-ce compatible avec les valeurs de l'Evangile ? Est-ce humainement acceptable ?

Quant au terme de 'croisade', il est bien mal choisi. La croisade (le terme n'existait pas lorsque le Pape Urbain II a lancé la première en 1095) est un avatar de la « guerre juste » définie par saint Augustin : la défense de la patrie contre un injuste agresseur. À cette notion s'ajoute l'idée que le chrétien a le devoir d'assurer, au besoin par les armes, le respect de la « paix » qui seule protégeait les faibles contre l'oppression des forts. Urbain Il avait précisément invité les chevaliers à se rendre en Orient pour secourir les victimes d'une oppression : les chrétiens exposés à l'invasion turque. Saint Martin n'aurait certainement pas renié les croisades. Opposer St Martin et les croisés, c'est imaginer un clivage qui n'a pas lieu d'être.

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10 commentaires

  1. Et bien rangez (jetez ?) vos Témoignages chrétiens. Une telle intolérance devient insupportable. Qui sont-ils pour affirmer que “le vote pour l’extrême droite est incompatible avec les valeurs de l’Evangile partagées bien au-delà des chrétiens.” ? Du délire total.

  2. du délire total….

  3. Quelle vérole… Heureusement que la nature fait bien les choses, cette génération disparaîtra bientôt… Leurs successeurs ont au moins le courage de ne pas s’afficher catholiques !
    Du balai !

  4. En ce qui me concerne, je me reconnais volontiers dans le partage du manteau de Saint-Martin qui a conduit les frères des écoles chrétiennes à inventer
    -la gratuité de l’instruction pour les enfants pauvres
    -l’enseignement simultané
    qui a permis à la France d’être totalement alphabétisée cinquante ans avant les lois Jules Ferry (source Mona Ozouf).
    Je me reconnais aussi volontiers dans le partage du manteau de Saint Martin du scoutisme, qui accueille plus généreusement me semble-t-il que les colonies de vacances laïques.
    Qui aujourd’hui aide les femmes en détresse en accompagnant des grossesses non désirées, sinon ceux qui voient dans l’enfant à naître le plus pauvre des pauvres et suscitent hébergement temporaire et collectes de layette.
    Quant aux croisés qui partaient pour que le tombeau du Christ puisse continuer à être visité et honoré, n’y a-t-il pas à interroger les politiques sur le libre accès à la pratique religieuse de son choix en terre d’Islam?
    Il faudrait peut-être cesser de regarder le passé avec les lunettes d’un anachronisme déformant qui réécrit l’histoire à l’aune de l’idéologie du moment.

  5. L’Évangile n’est il pas un effort quotidien pour se “cliver” de l’esprit du monde, de sa boue enlisante et mortelle.Le “monde” ne nous le pardonnera jamais…!

  6. S’il y a un tel matraquage pour montrer aux cathos que l’extrême droit c’est le diable, ce n’est pas par hasard. Ce sont les “catholiques” qui vont permettre à Sarkozy d’être au deuxième tour ou de ne pas l’être. Tous les moyens sont donc bons pour attirer un électorat qui est habituellement ignoré et même bafoué par toutes les lois et réformes prises depuis des décennies par le PS et ses alliés (mais là normalement l’on ne devrait pas en être surpris) mais aussi par l’UMP qui en rajoute et qui donc apparait encore plus coupable par rapport à la ligne politique qu’il fait semblant d’adopter.
    Nous sommes vraiment dans le grand mensonge. Comment résister? Ne pas écouter les hommes politiques et suivre ce que disent et écrivent les médias du Système, jusqu’au dimanche des élections, puisque que pour l’instant nous sommes encore sensés nous exprimer avec un bulletin de vote.
    Sachant évidemment que l’argument va être encore: Catholiques, voter Sarkozy, avec Hollande ce sera pire!

  7. Je suis d’accord, pas de compromission avec l’extrême-droite, ni avec les extrêmes de tous bord ( de la gauche, du centre…si si il y a aussi des extrêmes-centristes reconnaissables à leurs ventre mous et qui ont l’oesophage central pour mieux passer l’hiver) .
    Mais rappelons quand même que l’extrême droite n’existe pas en France, ou de manière tout à fait discrète pour ne pas dire groupusculaire ! Quand à parler d’extrême-droite catholique c’est carrément du phantasme…
    Pas étonnant que les signataires de ce textes soient des inconnus, je crains qu’ils ne le reste.

  8. Vous avez dit clivage ?
    Un bide serait-il aussi un clivage ?
    Maman j’ai peur !
    http://cril17.fr/

  9. Je viens de terminer “Père Elijah”, le best seller du canadien Mickael O’Brien. En lisant cette tribune, j’ai l’impression d’être dans le bouquin.
    Il y est décrit la poussée syncrétiste portée par l’aile moderniste et inspirée par l’Antéchrist, par l’esprit du siècle.
    Les catholiques “éclairés”, modernistes, dépouillent la Foi de tous les attributs qui l’empêchent de se fondre totalement dans le seul credo accepté: celui des droits de l’Homme (ou prétendus tels). A travers leurs journaux et à travers les médias ravis de trouver des cathos éclairés, ils distillent leur vision d’une église “rénovée”: ouverture à l’expression d’une “sexualité multiforme”, ouverture au mariage des prêtres, ouverture au remariage après divorce, ils mettent sous le boisseau tous les sujets qui peuvent fâcher: l’Église Catholique détient seule la Vérité révélée, l’avortement est un crime, etc.
    On risque ainsi d’assister à l’apparition d’un catholicisme à deux vitesses. L’un politiquement acceptable avec ses curés jureurs et l’autre considéré progressivement comme ennemi du bien commun, avec ses prêtres fidèles.
    Combien de temps encore avant que l’enseignement de l’Église ne soit considéré comme hors-la-loi? On en voit les prémices sur des sujets comme l’homosexualité. Combien de temps avant que les premiers catholiques se retrouvent devant les tribunaux à cause de la simple expression verbale de leurs idées?

  10. dire que le vote des femmes a été empêché parce qu’elles auraient voté comme leur aurait soufflé leurs curés…
    avons-nous beaucoup évolué depuis?

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