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De l'écrivain Jacques Perret (1901-1992):

P "Je n'ai rien contre l'Europe, au contraire, et la France fait partie de l'Europe qui fait partie du vieux continent, etc., mais je ne me suis jamais bien excité sur leur histoire de parlement européen. Encore un écran de fumée, avec ce relent de soufre habituel aux émanations démocratiques. Oui, voilà ce que je me suis dit, voilà où j'en suis à l'heure où les gens de bien nous pressent d'oublier un petit peu la patrie pour construire l'univers et nous conjurent de défaire un petit peu la France pour faire l'Europe. Quand on me parle européen, je réponds bailliage ou sénéchaussée, quand on me parle mondial je rétorque paroisse et quand on me parle social je réponds féodal. C'est ma façon d'être constructif. Sans doute je connais la rengaine : du fief à la province, de la province à la nation, de la nation à l'Europe et ainsi de suite ; on fait volontiers confiance à un idéal quand il a une petite allure nécessaire et fatale. Je n'ai aucune sympathie pour la nécessité, et la fatalité m'écœure. Bien sûr, unité, universalité, c'est un vieux rêve, une noble hantise ; et sur le plan temporel elle sert de caution à toutes les entreprises d'hégémonie, à toutes les tyrannies autocratiques et doctrinaires."

Michel Janva

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6 commentaires

  1. Bravo de citer Jacques Perret
    ungrand écrivain qu’il faut lire ou relire
    et qui a beaucoup d’humour

  2. Belle lucidité.

  3. En complément :
    “Il est vieux comme le diab’, leur monde qu’ils disent nouveau ” !
    « Notre patrie à nous, c’est nos villages, nos autels, nos tombeaux, tout ce que nos pères ont aimé devant nous. Notre Patrie, c’est notre Foi, notre Terre, notre Roi. Mais leur Patrie à eux, qu’est ce- que c’est ? Vous le comprenez, vous ? Ils veulent détruire les coutumes, l’ordre, la tradition. Alors, qu’est-ce que cette Patrie narguante du passé, sans fidélité, sans amour ? Cette patrie de billebaude et d’irréligion ? Beau discours n’est-ce pas ? Pour eux, la Patrie semble n’être qu’une idée ; pour nous elle est une terre. Ils l’ont dans le cerveau ; nous, nous l’avons sous les pieds, c’est plus solide ! Et il est vieux comme le diab’ leur monde qu’ils disent nouveau et qu’ils veulent fonder dans l’absence de Dieu…Vieux comme le diab’…On nous dit que nous sommes les suppôts des vieilles superstitions…Faut rire ! mais en face de ces démons qui renaissent de siècle en siècle, nous sommes une jeunesse, Messieurs ! Sommes la jeunesse de Dieu. La jeunesse de fidélité ! Et cette jeunesse veut préserver, pour elle et pour ses fils, la créance humaine, la liberté de l’homme intérieur ».
    Harangue prononcée à ses hommes
    par le général Charrette

  4. Ah le brave homme, “qu’en des termes galants ces choses là sont dites”.

  5. @ Cosaque
    Quelles sont les références historiques de ce discours de Charette ?

  6. Pour ma part, je l’ai trouvé dans le livre “Histoire de la perversion des moeurs” de François Marie Algoud.

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