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France : Politique en France

Christian Vanneste critique Nicolas Sarkozy

Christian Vanneste raconte l’entretien entre le Président de la République et les députés UMP à l’Elysée :

"Le ton du début était, il faut le dire, surprenant. Le Président avait commencé Musette sur l’air du «Non ! Je ne regrette rien» à l’accent gouailleur et complice. […] La suite fut une interprétation du thème : «lorsque je m’ausculte, je m’inquiète. Lorsque je me compare, je me rassure» […]. Certes. Encore faut-il que le triomphe incontestable de 2007 ne soit pas qu’un feu…d’artifice […].

Mon inquiétude à ce sujet est double. D’abord, parce que l’électorat populaire perdu entre 2007 et 2008 ne reviendra pas nécessairement. Ensuite, parce que la méthode de Nicolas SARKOZY se résume à ne pas être une cible immobile. C’est cette tactique de mouvement perpétuel qui lui dicte d’employer systématiquement le mot «conservateur» dans un sens péjoratif. […] Le stratège du mouvement avait cassé les lignes, démenti les analyses classiques, et conquis le peuple de droite, ceux qui, précisément, sont sensibles à la sauvegarde des valeurs fondamentales. […]

Mais si on ne gagne jamais sur un bilan, et toujours sur une rupture, on peut s’interroger sur la prochaine rupture. Il est désormais pour le vote des immigrés que « sa » majorité actuelle ne souhaite pas. Un mot de regret sur l’amendement ADN de son fidèle ami Mariani m’a surpris. Son insistance à soutenir et promouvoir la loi Taubira va aussi dans cette direction qui ne peut que décevoir beaucoup ceux qui l’ont élu et que ne satisfait pas la présence de Nadine Morano à la Famille. […] Resté inutilement le doigt levé, je ravalais la question que voici :

«Monsieur le Président, […] Où est l’habileté de l’ouverture ? Elle évite, selon vous, le passage de la gauche à la social-démocratie, mais elle lui a redonné du crédit, conforté le stupide ascendant idéologique dont elle bénéficie dans notre pays, alors que 2007 était avant tout, contrairement à 1995 et à 2002, une défaite sur le terrain des idées.

La valeur-travail et le pouvoir d’achat ont joué un rôle déterminant dans votre victoire. Mais le pouvoir d’achat est resté bien seul après la débandade de la TVA sociale. […]

Enfin, la Présidence, comme toute autorité légitime repose sur un subtil dosage d’être et de faire, quelque fois aussi de paraitre. Nous vous avons aimé pour votre savoir-faire, mais vos prédécesseurs avaient davantage soigné le savoir-être, et souvent le paraître. N’est-il pas temps de rétablir l’équilibre ?».

Au-delà de ces questions, s’insinue une sensation : celle d’un divorce entre l’attente et le devenir. Celle-là était populaire et de droite. Le devenir, lui, dépasse les clivages, et réunit tous ceux qui s’enthousiasment d’une mondialisation dont ils ne subissent pas les effets, qui applaudissent à une Europe sans âme, dont ils n’ont pas besoin qu’elle les protège, qui rêvent de l’avènement de l’individu-roi, jouissant sans entrave morale, ni lien national, voire familial du grand marché cosmopolite à l’ombre des droits de l’Homme et de la Charte de l’Environnement. […] On voit renaître […] un antagonisme plus profond que celui qui oppose les positions des socialistes aux libéraux. C’est celui qui oppose le conservatisme pour qui l’économie libérale n’est qu’un moyen au service de l’Homme et le libéralisme pour lequel le droit et le marché ont leur logique dont l’Homme est prisonnier."

Michel Janva

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1 commentaire

  1. Pour faire écho à Christian Vanneste, il me semble que deux éléments dominent dans la situation actuelle du Président de la République. Ces deux éléments sont liés.
    1°/ Il est sûr que la référence à l’identité nationale a joué un rôle déterminant dans l’élection de Nicolas Sarkozy, à mon avis bien plus que le thème du pouvoir d’achat. Or c’est précisément sur ce point de l’identité nationale que le Président de la République apparaît le plus en retrait. Etroitement lié à ce point est la question de l’islam en (de?) France et de la non-intégration durable dans notre pays d’une part non négligeable de la population d’origine maghrébine : les événements récents de Grasse en sont une nouvelle et lassante illustration. On est dans une éternelle posture victimaire qui exaspère beaucoup de compatriotes. Or, loin d’aller contre cette posture, l’équipe actuelle l’alimente.
    2°/ L’ouverture à gauche. Contrairement à ce qui est très souvent affirmé elle n’a pas du tout été au centre de l’élection présidentielle, loin de là et pour des raisons évidentes puisque cette élection est par construction caractérisée par la bipolarité. Le cas de Jean (?) Besson n’était pas ici significatif. Nicolas Sarkozy a sorti de son chapeau cette ouverture après l’élection et non avant. Beaucoup d’électeurs ont bien sûr ressenti alors le sentiment d’avoir été trompés.
    Mais il est vrai que la tâche n’est pas aisée, en particulier lorsque domine intellectuellement et médiatiquement en France une classe opposée par principe au thème de l’identité nationale et plutôt favorable à la gauche. Christian Vanneste a eu lui-même à subir les oukazes totalitaires à la suite de ses déclarations critiques sur l’homosexualité. Christian Vanneste n’est pas le seul : que l’on songe par exemple au procès stalinien réservé à un professeur de l’Ens de Lyon, ayant « osé » affirmer que la civilisation arabo-musulmane n’avait pas joué un rôle déterminant dans la transmission de l’héritage aristotélicien.

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