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« Chez les esclaves de la famille du président sénégalais Macky Sall »

L'annonce hier de la condamnation de Karim Wade, fils de l'ancien président du Sénégal Abdoulaye Wade, à 6 ans de prison, pour "enrichissement illicite", remet en perspective le fonctionnement du système démocratique en Afrique. En effet, la réalité montre que la démocratie est une illusion, dans ces pays où les pratiques ancestrales veulent que le pouvoir appartienne aux plus forts et aux plus rusés, voire aux plus riches, ce qui sépare la société en deux parties, les familles de ceux qui commandent et celles de ceux qui obéissent. C'est ainsi qu'Abdoulaye Wade, sous l'effet de la colère face aux poursuites judiciaires auxquelles devait faire face son fils Karim, a accusé l'actuel président du Sénégal, Macky Sall, d'être "un descendant d'esclaves" :

"« [Macky Sall] c’est un descendant d’esclaves. (…) Ses parents étaient anthropophages (…) Ils mangeaient des bébés et on les a chassés du village. (…) Ceux qui sont propriétaires de la famille de Macky Sall sont toujours là, vivants. Il sait [qu’il est] leur esclave. Je le dis et je l’assume parce qu’on ne peut pas toujours cacher les vérités. (…) Jamais mon fils Karim n’acceptera que Macky Sall soit au-dessus de lui. Dans d’autres situations, je l’aurais vendu en tant qu’esclave (…) »."

Cette accusation n'a au fond étonné personne, dans un pays où les coutumes ancestrales, antérieures à la colonisation, sont bien ancrées et perdurent. Le Monde Afrique a expédié un journaliste dans le nord du Sénégal, pour enquêter sur la famille de Macky Sall. Or l'enquête prouverait que ce serait le contraire : la famille Sall ne serait pas une famille de "maccubé" (esclaves), mais de "ceedo" (guerriers), qui du coup possédait elle-même des esclaves.

[…]"C’est Djiby Sall, cousin du président, qui donne le ton : « Wade a tout faux sur notre famille. Nous sommes de grands propriétaires terriens. Nous avons des esclaves partout dans le Fouta  »[frontière de la Mauritanie, à 600 km de Dakar – NDMB]. Le septuagénaire est nerveux, visiblement secoué par des propos qui visent, selon lui, à « jeter le discrédit et la honte » sur toute sa lignée."

Ses yeux scintillent de rage et sa voix tremble. « Pour des questions d’humilité, je ne pourrai pas en dire plus. Ici, au Fouta, tout le monde se connaît. Allez demander si nous sommes des “maccubés” (membres de la caste des esclaves) ».

Le chef du village, Ibrahima Ly, tout de bleu vêtu et confortablement assis sur une chaise de plastique, secoue la tête avant de prendre la parole : « Ces propos ont bouleversé tout le village. La famille de l’actuel président de la République fait partie des nobles de Ndouloumadji Founaybé. D’ailleurs, ce sont les familles Sall et Ly qui ont fondé ce village », assène-t-il. Et le chef du village de poursuivre d’un air supérieur, des gestes amples venant appuyer ses propos : « Je ne veux même pas avancer dans ces détails car ici tout le monde le sait. Jamais un “maccudo” (esclave) ne pourra se présenter pour diriger quoi que ce soit. Parce que ce n’est pas son rôle. »[…]

A Nguidjilone, village d’où est issue Coumba Thimbo, la mère de Macky Sall, c’est le même son de cloche. « La mère du président Macky est issue de la famille des Seebés, la classe guerrière du Fouta, qui est une composante de la noblesse même si elle n’en est pas la crème. À l’image des autres couches issues de la noblesse, les Seebés refusent de se marier avec les Maccubés », affirment les cousins du président Sall trouvés sur place."[…]

Nous voilà rassurés : le président Macky Sall n'est pas un descendant d'esclaves, sinon apparemment, il n'aurait pas pu être élu président du Sénégal.

Mais… nous ne laissons pas d'être très surpris par le fonctionnement de cette "démocratie", qui admet gentiment qu'une partie de la population n'est pas éligible, simplement parce qu'elle n'est pas née pour cela. Et ce terme d'"esclave", "famille d'esclaves" ou "caste d'esclaves", qu'en pense Madame Taubira ? Nous qui demandons pardon à longueur d'années pour l'esclavage, voilà que des Africains eux-mêmes déclarent tranquillement qu'ils considèrent, encore à l'heure actuelle, toute une partie de leurs compatriotes comme des esclaves, ou descendants d'esclaves. Avouez qu'il y a là de quoi se poser des questions…

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9 commentaires

  1. de toutes façons, c’est celui qui le dit qui doit mieux le savoir que les autres…
    https://www.youtube.com/watch?v=aGBuTydNyhg

  2. Ces histoires d’esclavage africain ne nous ont jamais concernés de toutes façons.

  3. Voilà un peu de vérité qui vient lever le voile pudique du mensonge permanent qui déguise des démocraties (le plus souvent « socialistes ») qui ne sont en fait que la continuité d’ancestrales dictatures féodales.

  4. Que pense Rama YADE de tout ça qui trouve ses racines dans des coutumes locales bien avant la colonisation ?
    Peut-être qu’un journaliste osera lui poser la question…

  5. Non, mais ces histoires de castes, d esclavage, d injustices etc sont un héritage de l époque de la colonisation francaise évidemment.
    Tout le monde sait depuis Rousseau qu il n y a que des « bons sauvages ».

  6. A Stephe
    Qu’entendez-vous par « dictature féodale » ?
    Si vous parlez de la féodalité française, il va falloir réviser votre histoire cher Monsieur.
    Si dictature française il y a, elle n’existe que depuis 1789. Et d’ailleurs, le camarade Lénine était très fier de se référer au citoyen Robespierre.

  7. Je ne vois pas bien la différence avec la France… Remplacer caste guerrière par énarque et on a exactement la même chose…
    Nous sommes la république bananière d’Europe…
    Commençons par balayer devant chez nous !

  8. @Kelkin
    J’aurais pu employer le terme de tribalisme plus adapté à l’Afrique, qui a cependant connue quelques royaumes, cela dit la féodalité française ou japonaise n’est rien d’autre qu’un clientélisme organisé (remise d’un fief au vassal par son suzerain) et heureusement policé par des siècles de christianisation avec ses hauts et ses bas, car il convient de ne pas idéaliser un système politique quel qu’il soit, et surtout de ne pas oublier que ce système féodal reposait entièrement sur le petit peuple de nos ancêtres (journalier laboureur, artisans) qui n’avait d’autre choix que de se plier au servage, ce qui ne peut se concevoir que dans un système dictatorial (chacun devant rester a sa place) c’est bien pourquoi dans nos campagnes la révolution fut bien accueillie (et pourtant le système était déjà moribond) avant que les nouveaux maitres ne dévoilent leur vrai visage et installe non plus seulement la dictature mais tout simplement la barbarie.

  9. Ces histoires nous concernent évidement….
    Au Sénégal, j’ai connu des esclaves, alors si vous voulez encore fermer les yeux, c’est votre problème…
    Nous avons même vu des marchés d’esclaves…au risque de notre vie…
    Les beaux discours ne servent à rien, l’Afrique redevient ce qu’elle était avant …
    Il y a peu de Léopold en Afrique..!

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