Chaque pape possède son style

Le Figaro Magazine de ce week-end, daté des 22 et 23 mars, publie 14 pages, textes et photos, sur le pape. Analyses de Jean-Marie Guénois et de Jean Sévillia, et reportage exclusif en Argentine. Voici un extrait de l'article de Jean Sévillia :

F"[…] Tout souverain pontife, avant d’avoir un programme, est d’abord
le dépositaire d’un héritage qu’il doit transmettre et faire fructifier.
Bien sûr, chaque pape possède son style, son histoire personnelle.
L’expérience de Bergoglio est celle d’un Américain du Sud, confronté à
la pauvreté, à la violence, à la corruption
. Si ses pairs l’ont élu,
toutefois, c’est moins en raison de cette origine sociogéographique que
de la façon dont il a abordé ces problèmes. En clair, c’est sa qualité
intellectuelle, sa profondeur spirituelle et son expérience pastorale
qui ont conduit le cardinal Bergoglio sur le trône de saint Pierre
.

Théologien classique, « wojtylien pur jus », selon les mots de Sergio Rubin, chroniqueur religieux du grand quotidien argentin Clarín,
le pape François n’est pas un progressiste. Il n’est certes pas non
plus un conservateur, et les célébrations pontificales, sous son règne,
seront plus proches du goût liturgique de Jean-Paul II que de
Benoît XVI. Mais sa personnalité apporte quelque chose de neuf, bien
au-delà du fait qu’il a renoncé à chausser des souliers rouges.
Bergoglio, en effet, porte à un haut degré la capacité d’aimer les êtres
humains à travers leurs faiblesses, mais sans cesser de les appeler à
la radicalité évangélique. L’homélie qu’il a prononcée à la Sixtine, au
lendemain de son élection, restera à cet égard dans les annales. « Quand nous ne confessons pas Jésus-Christ, disait-il aux cardinaux, me
vient en tête cette phrase de Léon Bloy : “Celui qui ne prie pas le
Seigneur prie le diable.” Et quand nous ne confessons pas Jésus-Christ,
nous confessons la mondanité du diable, la mondanité du démon. »
Les commentateurs médiatiques, favorables pour l’instant au pape François (« le pape du Sud »), changeront sans doute de ton le jour où ils comprendront le véritable fond de sa pensée.

Cet homme qui se lève à 4 heures et demie du matin commence sa
journée par une heure d’oraison silencieuse.
La prière, ressource
première des grandes figures spirituelles, nourrit Jorge Mario
Bergoglio : elle est la clé de sa liberté intérieure. Saint François
d’Assise, à qui il a emprunté son nom, est perçu, de nos jours, comme
l’avocat des faibles et des pauvres, ce qui était le cas. Il ne faut pas
oublier, cependant, que le Poverello avait aussi vu Dieu, en songe, le charger de « guérir son Eglise ». Avec le pape François, nous ne sommes pas au bout de nos surprises."

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