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Histoire du christianisme

C’est arrivé un 28 mai…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 28 mai 1258 : abbaye de Saint Denis.

Alexandre IV adresse de Viterbe trois bulles aux archevêques de Bourges et de Reims, d'une part, de Bordeaux et de Tours, d'autre part, ainsi qu'à ceux de Sens et de Bourges à nouveau, leur prescrivant d'édicter des sanctions canoniques contre les perturbateurs et les spoliateurs laïques ou ecclésiastiques des biens de l'abbaye de Saint-Denis

  • le 28 mai 1291: les croisés perdent la Terre sainte.

    Guillaume de Clermont pendant le Siège d'Acre
    (peinture de
    Dominique Papety (1815-1849), salles des Croisades du Château de Versailles)

Les royaumes francs de Terre Sainte disparaissent définitivement avec la chute de Saint-Jean-D'acre, aujourd'hui Akko, port de pêche d'Israël. La ville avait été conquise par les Croisés et confiée au roi Baudouin 1er en 1104. Après un long siège des Mamelouks commandés par al-Ashraf Khalil, une partie de la muraille nord cède et la ville est conquise malgré la résistance des Templiers et des chevaliers de l'Hospital.

  • le 28 mai 1558 : naissance de Pierre Séguier, Chancelier de Louis XIII.

Né le 28 mai 1588 à Paris, Pierre Séguier étudie le droit en vue d'aborder une carrière de magistrat.

D'abord Intendant de Guyenne et Président à Mortier du Parlement de Paris sous Louis XIII. Reconnu par le Cardinal de Richelieu pour ses compétences et son intégrité, il devient Garde des Sceaux puis Chancelier du Royaume. Réputé fidèle et loyal au Roi et au Cardinal, bien que restant dans l'ombre de ce dernier, il joue notamment un grand rôle dans la conduite de l'administration du Royaume. Tous les officiers de justice dépendent donc de lui pendant à peu près quarante années. A son actif figurent entre autre les faits suivants : pendant la révolte des Va-nu-pieds en Normandie (1639), il met au pas le Parlement de Rouen en privant ses membres de plusieurs prérogatives et privilèges. ; il instruit aussi le procès d'Henri de Ruzé d'Effiat Marquis de Cinq-Mars.

Après la mort de Richelieu et de Louis XIII, il est brièvement écarté des affaires, mais Mazarin le rappelle comme Ministre d'État. Il soutient Anne d'Autriche durant la Fronde, ce qui lui vaut de reprendre sa charge de Garde des Sceaux en 1656. C'est l'ascension de Colbert qui l'écarte de la conduite des affaires de l'État. Protecteur des Arts et des Lettres, Pierre Séguier est membre de l'Académie Française dont il a confirmé les statuts, après la mort du cardinal de Richelieu. Il s'éteint le 28 janvier 1672 à Saint-Germain-en-Laye.

  • le 28 mai 1629 : siège de Privas.

Louis XIII avait tout tenté pour obtenir une reddition honorable et pacifique de la ville. Devant le refus de Saint-André de Montbrun le Roi est furieux et déclare "qu'il en ferait un tel châtiment qu'il en serait à jamais mémoire". Le 28 mai, Privas se rend. "Pour l'exemple", elle est mise à sac et incendiée par les troupes du prince Henri 1er de Condé. Le roi ordonne que les fortifications soient entièrement rasées, interdit à quiconque de rebâtir la ville et de s'y établir sans son autorisation expresse.

"Je veux espérer que la suite de mon voyage sera plus doux, et que l'obéissance volontaire plutôt que l'exemple me conviera à user d'autant de clémence et d'opiniâtreté que ceux-ci m'ont contraint, à mon grand regret, d'user de sévérité et de rigueur contre eux" écrit-t-il à la reine mère, Marie de Médicis, le 31 mai. Une fois toutes les places huguenotes vaincues, le Roi promulgue l'édit de pacification, ou grâce d'Alès, le 28 juin 1629. Il s'engage dans une politique de réconciliation nationale et de tolérance

Cf. la chronique du 19 mai.

  • le 28 mai 1754 : affaire de Jumonville-Glen.

Le 28 mai 1754 eut lieu la « bataille » de Jumonville-Glen, premier affrontement de la Guerre des Sept ans. Jumonville, à la tête d'un petit détachement, a été envoyé en mission pour vérifier si les Anglais occupent une partie du territoire de la Nouvelle-France, dans la vallée de l'Ohio, et le cas échant poser un ultimatum. C'est au cours de cette ambassade que le détachement français est exterminé. Georges Washington assassine l'officier français donnant le signal du combat commencé par traitrise. Washington se justifiera par la suite en disant l'avoir pris pour un espion plutôt qu'un émissaire.

  • le 28 mai 1871 : fin de la Commune de Paris.

Proclamé le 18 mars 1871 (cf. la chronique du jour), le gouvernement révolutionnaire de la Commune de Paris s'achève dans le sang après soixante-douze jours d'existence.

L'offensive versaillaise réellement commencée le 30 avril avec la prise du rond-point de Courbevoie par le Général Gaston de Galliffet s'achève. En un mois Paris a été reconquis.

Le 21 mai, un piqueur des Ponts-et-Chaussées du nom de Jules Ducatel, a ouvert la poterne du bastion n°64, permettant aux Versaillais d'entrer dans Paris. La semaine sanglante commence. En représailles, les Fédérés prennent en otage les Dominicains d'Arcueil qui seront exécutés. Tout homme pris les armes à la main ou avec des traces de poudres sur les mains est fusillés par les Versaillais. Les 22 et 23 mai, au prix de furieux combats de rue, les Versaillais libèrent la quasi-totalité de la rive gauche, excepté la Butte-aux-Cailles. La butte Chaillot est prise. Le 27 mai, les Fédérés se sont repliés entre le Canal de l'Ourcq et Vincennes. Les Versaillais attaquent alors le Cimetière du Père Lachaise, défendu avec acharnement par les Fédérés. Les combats se font à la baïonnette. Le 28 mai les dernières barricades tombent, les combats s'arrêtent.

la Commune aura fait au total plus de 20 000 victimes. A cela s'ajoutent les incendies des Tuileries, du Palais de Justice, de l'Hôtel de Ville et du Palais Royal.

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6 commentaires

  1. Les combats cités dans l’article ont modifié la physionomie de certains quartiers de Paris, à cause des barricades qui ont incendié des maisons et des immeubles comme rue de Rivoli, carrefour Croix-rouge, etc. Cet événement a pris place dans le changement urbain entre Haussmann et le début du 20ème siècle. Le palais des Tuileries, abandonné puis détruit, en témoigne. Les combats entre communards et versaillais dépassent le fait politique, historique, par leurs conséquences sur le bâti de la capitale.

  2. Relevé sur Wikipédia : « Le Siège de Saint-Jean-d’Acre ». On écrit ‘d’Acre’, comme on écrit ‘de Gaulle’.

  3. Le nombre de morts de la Commune est à revoir à la baisse, selon les historiens les plus qualifiés pour en parler. L’armée a eu un peu moins de 900 tués, les insurgés en auraient eu environ 10 000 et non 20 000.
    Bonne biographie quoique déjà ancienne, de William Serman, La Commune de Paris, publiée chez Fayard en 1986. William Serman est un spécialiste de l’histoire du XIXe siècle français, son livre est très documenté et mesuré. On apprend des choses étonnantes, loin des idées reçues (et surtout de l’idéologie).

  4. Un Britannique (Thombs) vient de publier un livre où il donne le premier bilan chiffré sérieux des victimes de la Semaine sanglante ; les Français détestent ça et continuent à fantasmer sur Guernica, qui a fait entre 100 et 150 morts (spectaculaires : incendie, etc., mais ville quasi-vide, pas de marché…)

  5. je précise mes références :
    c’est Robert Tombs (et non thombs) ; le livre s’intitule « Paris bivouac des révolutions », éditions Libertalia, 20 €.
    travaillant depuis plus de 20 ans sur la Commune de Paris, l’auteur arrive à ce bilan de la répression : 7 000 morts (maximum), dont 2 000 (maximum) fusillés après jugement sommaire.

  6. En ce qui concerne le chancelier SEGUIER il faut ajouter qu’il a été le protecteur de l’ Académie Française, fonction qui sera exercée aprés sa mort par le chef de l’ Etat lui même

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