Bannière Salon Beige

Partager cet article

Histoire du christianisme

C’est arrivé un 1er mars…

« Pour comprendre l'Histoire, comme pour comprendre un paysage, il faut choisir le point de vue; et il n'en est de meilleur que le sommet. » (Paul Claudel)

« Chaque Nation, comme chaque individu, a reçu une mission qu'elle doit accomplir. Celle de la France est d'exécuter la Geste de Dieu, "Gesta Dei per Francos". » (Joseph de Maistre)

Enfin Otto de Habsbourg-Lorraine affirme pour toute personne :

« Celui qui ne sait pas d'où il vient ne peut savoir où il va car il ne sait pas où il est. En ce sens, le passé est la rampe de lancement vers l'avenir »

Alors rappelons-nous :

  • le 1 mars 487 : Clovis, « Souviens-toi du vase de Soissons ».

La légende raconte qu'au milieu du butin arraché à Syagrius, on découvrit un vase (probablement en argent) dont l'évêque de Reims demanda la restitution auprès de Clovis. Toutefois les coutumes franques voulaient que les parts du butin fussent tirées au sort.

Alors qu'il passe ses troupes en revue le Roi des Francs reconnaît un soldat qui un an auparavant l'avait défié en frappant d'un coup de hache un vase liturgique en argent qu'il voulait rendre à saint Rémi, l'évêque de Reims. Le combattant s'était écrié à l'égard du Roi: "Tu n'auras rien ici que ce que le sort t'attribuera vraiment". Clovis n'a pas oublié cet affront. Il reproche à l'homme sa tenue négligée et jette ses armes à terre. Le guerrier se penche pour les ramasser et Clovis en profite pour lui asséner un coup de sa propre hache sur la tête. "Ainsi as-tu fait, à Soissons, avec le vase" lui dit-il. Le cadavre gisant sur le sol restera exposé au public en guise de preuve de la toute puissance du chef des armées.

image from http://aviary.blob.core.windows.net/k-mr6i2hifk4wxt1dp-14030111/fbf4350b-062d-42ee-8897-79a17e0ea91b.png

St Rémy, évêque de Reims demandant la restitution du vase de Soissons à Clovis

image from http://aviary.blob.core.windows.net/k-mr6i2hifk4wxt1dp-14030111/7564aece-48b4-471a-995d-3bf91c309315.png

  • le 1 mars 492 : décès du pape Félix III.

Le pape Félix III meurt à Rome ; Gélase lui succède.

Félix III est un aristocrate romain, veuf et père de famille, il a deux enfants. Il est élu pape à la succession de Simplice le 13 mars 483. Pendant son mandat en Afrique, les Vandales déclenchent une violente persécution contre les catholiques. Il parvient cependant, avec l'aide de Zénon Ier, qui signe une trêve avec les Vandales, à mettre un terme aux persécutions contre les catholiques africains

  • le 1 mars 965 : le pape Léon VIII meurt à Rome.
  • le 1 mars 1274 : naissance de Geoffroy de Lusignan, seigneur de Jarnac.

Il est un des plus puissants barons du royaume de France de son époque. Adversaire de Blanche de Castille puis d'Alphonse de Poitiers, Hugues de Lusignan doit, en juin 1242, après quinze jours de siège, rendre la très puissante forteresse de Frontenay (actuelle ville de Frontenay Rohan-Rohan) que Saint Louis fait raser les murs pour la punir de son opposition au pouvoir royal.

Hugues de Lusignan est finalement vaincu le 21 juillet 1242 lors de la bataille de Taillebourg et doit se soumettre au roi avant de rendre hommage au frère du roi, le comte de Poitiers. Il doit ensuite accompagner le Roi en croisade et meurt devant Damiette ; tout comme son père 30 ans plus tôt.

  • le 1 mars 1382 : révolte des maillotins à Paris.

Poussé par une marchande, dont un percepteur voulait saisir la marchandise en règlement de la gabelle, les parisiens se soulèvent. Pillant le Châtelet et s'emparant des maillets entreposés à l'hôtel de ville, les insurgés, baptisés « maillotins », donnent la chasse aux collecteurs d'impôts. Les oncles du Roi Charles VI encore mineur, mènent une répression sévère.

  • le 1 mars 1553 : formation de la Ligue de Heidelberg.

Des princes protestants et catholiques allemands forment la Ligue de Heidelberg pour empêcher l'élection de Philippe II d'Espagne à la tête du Saint-Empire.

  • le 1 mars 1555 : Michel de Notre Dame commence à publier.

Fils d'un médecin, médecin lui même, Michel de Notre-Dame s'est fixé à Salon. Il commence à prophétiser et à publier, d'abord modestement, de petits opuscules où ses pronostics sont consignés sous forme de quatrains. Le succès l'encourage à appliquer ses prophéties à l'histoire. Ses quatrains sont regroupés par centaines. Le 1er mars paraît le premier recueil, qui regroupe sept Centuries.

  • le 1 mars 1562 : le massacre de 80 Huguenots à Wassy.

Le massacre de 80 Huguenots à Wassy sous les ordres du duc de Guise déclenche la première des Guerres de religion en France. Le 10 mars, le chef des huguenots, Louis de Condé, appelle les protestants à prendre les armes et à venger les villageois de Wassy. Le conflit prend fin en mars 1563 quand catholiques et protestants signeront la paix d'Amboise.

Toutefois, le vrai début des guerres de religions n'est pas celui que retient l'histoire officielle, mais le sacrilège commis à Paris en 1528, première manifestation du protestantisme à Paris qui met tout le Royaume en émoit. Rue des Rosiers, près de la petite porte Saint Antoine était vénérée depuis des lustres une statue de Notre Dame Elle est retrouvée mutilée et décapitée.

A cette nouvelle et à l'unisson des sentiments du peuple, François 1er, profondement choqué, ordonne d'en refaire une identique en argent. 12 jours plus tard, la statue terminée, le Roi convoque dans une église voisine tous les corps ecclésiatiques de Paris, huits évêques, le Parlement, la chambre des comptes, le corps de la ville, les princes de sangs , les ambassadeurs étrangers et tous les grands officiers de la couronne pour assister à une messe expiatoire. Puis une procession se rend sur le lieu du sacrilège, l'évêque portant la nouvelle statue et le Roi un cierge. Arrivé sur place au chant de l'Ave regina coelorum et devant le peuple à genoux le Roi place la nouvelle statue dans son emplacement initial.

La statue mutilée se trouve aujourd'hui dans l'église de Saint Gervais et est honorée sous le vocable de Notre Dame de Tolérance.

Ceux qui aimeraient plus de détails les touveront dans Notre Dame de France ou Histoire du culte de la Sainte Vierge en France de Hamon (tome 1 page 119 et 120 ; éditions Henri Plon)

  • le 1 mars 1591 : le pape Grégoire XIV renouvelle l'excommunication prononcée contre le Roi de France Henri IV en 1585.

En raison de la loi de Catholicité un prince non catholique ne peut en effet pas accéder au trône de France. Bernard Basse, dans son livre La constitution de l'ancienne France (DMM Editions) explique que la loi de catholicité ou d'orthodoxie  implique que le Roi doit être catholique. Cette loi découle du principe de Droit Divin, c'est-à-dire que dans ses lois fondamentales la France reconnaissait que l'origine de tout pouvoir se trouve en Dieu.

C'est la loi de catholicité qui a poussé Henri IV à abjurer sa foi protestante, pour recevoir légitimement la couronne de France. L'édit d'Union, de 1588, formule cette loi clairement et la qualifie de loi fondamentale du Royaume. Elle remonte en fait au pacte de Tolbiac et au baptême de Clovis et de ses guerriers à Noel 496. Un pacte formel est passé là entre la France et l'Eglise. Cette alliance fait du Roi et de la France, le fils et la fille Aînée de l'Eglise, qui s'engagent à défendre la chrétienté contre toutes les attaques, dont elle serait victime. La France n'est pas un Etat laïc, mais confessionnel. Il doit favoriser le développement de la religion catholique. C'est aussi cette loi qui fait du clergé le premier des 3 ordres.

  • le 1 mars 1632 : Champlain devient le premier gouverneur de la Nouvelle-France.

Il a fondé la ville de Québec en 1608, avec le soutien du Roi Henri IV. Champlain réussit à s'allier aux Algonquins et aux Montagnais, et les soutient face auxcinq nations iroquoises. Il essaie ensuite de trouver des emplacements pour de futures colonies et d'attirer les commerçants à Québec. Il fonde la « Compagnie de Champlain » en 1614 avec des marchands de Rouen et de Saint-Malo. Nommé lieutenant, Champlain exerce pourtant toutes les fonctions d'un gouverneur sur place et réclame ce titre à Richelieu. Le 1er mars 1633, il n'obtient que le titre de « commandant en l'absence du ministre » à Québec et mourra sans avoir été nommé gouverneur, le 25 décembre 1635, et sans enfant pour lui succéder.

Peinture réalisée par Théophile Hamel 1870

  • le 1 mars 1707 : Fénelon obtient un privilège pour publier ses "Réflexions saintes pour tous les jours du mois".

Sortes d'éphémérides à vocation spirituelles…

  • le 1 mars 1793 : la Convention décrète l'annexion de la Belgique.
  • le 1 mars 1808 : Napoléon Ier crée la noblesse d'Empire et y associe quelques familles de l'Ancien Régime.
  • le 1 mars 1815 : débarquement de l'Inconstant à Golfe-Juan.

L'empereur déchu débarque en France au Golfe-Juan en compagnie de 1 100 hommes de la vieille garde et de la garde corse.

Son objectif est de reconquérir le pouvoir en marchant vers Paris. Les généraux et les soldats dépêchés par Louis XVIII pour le stopper se rallient à lui un à un. Le 7, Napoléon est une entrée triomphale dans Grenoble. Le 20, il atteint Paris où et forme un nouveau gouvernement. Les 100 jours commencent.

« En dépit des travaux des historiens, quasi unanimes sur ce point depuis au moins cent ans, il est un mythe qui a la vie dure : celui d'un véritable 'appel du peuple' ayant convaincu Napoléon d'agir. Partout en France ou presque, son retour aurait été attendu, souhaité et plus tard, fêté. L'empereur a fondé cette légende et s'en est servi […] En dehors de la route empruntée par la petite troupe de l'île d'Elbe puis l'armée ralliée, "l'agitation ou même le soutien à l'Empire ne furent que sporadiques". »

Tiré de la Nouvelle histoire de l'Empire, de Thierry Lentz, tome 4, Les Cent-jours, p.319 et 322).

« L'attitude dominante dans le peuple – et plus encore dans les élites – fut une circonspection mêlée d'appréhension : tout le monde savait "que le principal risque d'un rétablissement de l'Empire était la reprise de la guerre, avec comme corollaire un nouvel effondrement de l'activité économique, de probables troubles politiques et sociaux, voire une nouvelle révolution ». (Th. Lentz, Ibid. p.323)

  • le 1 mars 1821 : le marquis de Rivière offre la "Vénus de Milo" à Louis XVIII qui en fait aussitôt don au musée du Louvre.

 

  • le 1 mars 1871 : l'Assemblée nationale, réunie à Bordeaux, ratifie les préliminaires de Versailles.
  • le 1 mars 1900 : le Sénat est saisi d'un projet de loi d'amnistie concernant tous les faits relatifs à l'Affaire Dreyfus.

 

  • le 1 mars 1941 : Leclerc et sa colonne s'emparent de l'oasis de Koufra en Libye, tenu par les italiens.

Le 21 décembre 1940, depuis Fort Lamy au Tchad, aujourd'hui Ndjamena, la colonne Leclerc, composée de 400 hommes et de 56 véhicules sous les ordres du colonel Philippe Leclerc, lance une action en direction de la Libye: la bataille de Koufra.

La patrouille de reconnaissance légère atteint Koufra le 07 février 1941 et des observateurs informent le reste du groupe: les bombardements effectués par l'aviation française sur Koufra n'ont pas produit des résultats probants.

Le 16 février, les Français arrivent aux abords de Koufra et mettent en déroutent les Italiens de la Compagnie saharienne de Koufra. Commencent alors le siège du fort de Koufra.

L'unique canon de la colonne tire plusieurs dizaines de coups par jour, déplaçant constamment sa pièce autour du fort, un 75 de montagne, non pas pour convaincre l'ennemi que plusieurs pièces sont engagées (ce dont finalement les Italiens se persuaderont), mais pour protéger le matériel d'une riposte. Au même moment, des patrouilles testent les défenses de la position et des camions circulent de nuit, feux allumés, afin de faire croire à l'arrivée imminente de renforts. Harcelés par 10 jours de combat, les Italiens tentent de parlementer. Leclerc leur promet un traitement honorable en cas de reddition, mais leur impose ses conditions. Le capitaine commandant les forces italiennes finit par accepter l'offre et signe la capitulation de la place forte.

Elle comprenait environ 400 européens, 800 indigènes, quatre canons et 53 mitrailleuses. Le 1er mars, le fort de El-Tag est occupé par les troupes françaises libres. Le lendemain est prononcé le Serment de Koufra.

  • le 1 mars 1941 : le chef de l'Etat le maréchal Pétain est acclamé par la foule à St-Etienne, devant l'hôtel de ville.
  • le 1 mars 1954 : le pape Pie XII interdit l'expérience des prêtres ouvriers.
  • le 1 mars 1974 : création du Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN).

Ce groupe d'élite est spécialisé dans la réduction des forcenés, les interpellations dangereuses, les prises d'otages, la gestion des enlèvements et les extorsions de fonds, les transferts de détenus ainsi que dans l'antiterrorisme aérien ou maritime.

  • le 1 mars 1994 : entrée en vigueur du nouveau code pénal en France.

Partager cet article

2 commentaires

  1. Un raccourci un peu trop saisissant sur Wassy, dont on ne sait pas vraiment qui provoqua l’autre. Il est sûr que le duc de Guise agit en justicier sur ses terres (car Wassy lui appartenait et les protestants se trouvaient en contravention avec l’édit du 17 janvier 1562, qui autorisait le culte réformé hors les villes), en ce cas sa réaction fut disproportionnée.
    En revanche, quel besoin de centrer l’affaire sur un événement vieux d’une génération, imputable du reste à des luthériens ? Historiquement, il est délicat de parler de “guerres de religion” pour ces provocations iconoclastes. Les premiers affrontements remontent à 1560, car cette fois, il existe un parti protestant (non luthérien mais calviniste) uni autour d’une aristocratie en mal de féodalisme, ravie d’avoir des arguments “religieux” dans la perspective d’accroître ses domaines (par confiscation de biens ecclésiastiques, comme en Angleterre et dans les pays passés au protestantisme), cherchant à défendre ses prérogatives face au pouvoir royal, et prête à pactiser avec l’étranger (Condé obtenant l’appui anglais, par exemple). C’est donc infiniment plus compliqué qu’un débat strictement religieux.

  2. Sur les provocations protestantes précédant les guerres de religion, j’ai oublié ceci : les catholiques ont été plutôt patients face à ces provocations, même si la justice royale a frappé parfois très fort (la condamnation d’Étienne Dolet s’imposait-elle vraiment, en 1546 ?). On sait néanmoins que François Ier était porté à la conciliation, mais que l’affaire des Placards en octobre 1534 fut un affront à son autorité, et qui l’obligea à sévir.
    A la même époque, le schismatique Henry VIII d’Angleterre ne prenait pas de gants (voir Thomas More, par exemple).

Publier une réponse

Nous utilisons des cookies pour vous offrir la meilleure expérience en ligne. En acceptant, vous acceptez l'utilisation de cookies conformément à notre politique de confidentialité des cookies.

Paramètres de confidentialité

Lorsque vous visitez un site Web, il peut stocker ou récupérer des informations sur votre navigateur, principalement sous la forme de cookies. Contrôlez vos services de cookies personnels ici.


Cookies nécessaire au bon fonctionnement du site.
  • wordpress_logged_in
  • wordpress_sec
  • wordpress_test

Refuser tous les services
Accepter tous les services