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C'est arrivé un...

C’est arrivé un 18 novembre…

C’est arrivé un 18 novembre…

“A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines.” Léon XIII, Rerum Novarum

Rappelons-nous :

  • le 18 novembre : saints du jour français ou de France.
    • St Maudez, ermite en Bretagne († VIe s.)

En Bretagne, au VIe siècle, saint Maudez, abbé mène la vie monastique dans une île déserte, où, maître de vie spirituelle, il rassemble des disciples, dont plusieurs deviennent des saints

  • St Patrocle, prêtre et ermite missionnaire (500-576)

Né près de Bourges, ce jeune homme au nom de héros grec est appelé par sa mère sur Paris pour entrer dans la cour de Childéric Ier. En fait sa mère cherche à le marier jusqu’à ce qu’il ait quarante ans. Là, il retourne à Bourges demander à l’évêque d’entrer parmi ses clercs. Recherchant une vie toujours plus austère, il descend vers le Sud, mais son renom de sainteté dû à des guérisons miraculeuses le suit partout. Il se fait alors ermite.

  • St Théofrède, abbé et martyr († ca. 752)

Saint Théofrède a vécu dans la région de Velay en Aquitaine, où il a été abbé et martyr.

  • St Odon de Cluny, abbé (857-942)

Odon, fils d’un noble seigneur, est, dès le berceau, consacré à saint Martin. À l’âge de dix-neuf ans, il reçoit la tonsure et est nommé à un canonicat de l’Église de Tours. Après de brillantes et solides études, où il montre, une vertu extraordinaire, couchant sur une natte et ne prenant qu’un peu de nourriture, il est séduit par la lecture de la Règle de saint Benoît et se décide dès lors à embrasser la vie monastique.

Elu abbé de Cluny, où il fait fleurir toutes les vertus religieuses : le silence, l’obéissance, l’humilité et le renoncement à soi-même. Ses exemples vont de pair avec ses conseils ou ses ordres. Il donne tout aux pauvres, sans s’inquiéter du lendemain. Les enfants sont surtout l’objet de sa prédilection.

Un jour, Dieu le récompense de sa ponctualité. La Règle de Saint-Benoît demande qu’au son de la cloche on laisse même une lettre à demi formée. Odon, corrigeant un livre avec un de ses religieux, laisse dehors, au son de la cloche, le livre ouvert. Il pleut toute la nuit abondamment ; le lendemain, le livre, malgré les flots de pluie, se trouve intact. Il en rapporta toute la gloire au glorieux saint Martin, dont la vie était écrite en ce volume.

  • Ste Rose-Philippine Duchesne, religieuse de la Société du Sacré-Cœur  (1769-1852)

Rose-Philippine Duchesne naît à Grenoble le 29 août 1769. Son éducation commence au couvent de la Visitation de Sainte-Marie-d’en-Haut ; attirée par la vie contemplative des religieuses, elle entre comme novice au monastère à dix-huit ans.

À l’époque de la révolution la communauté est dispersée ; et Philippine retourne dans sa famille ; elle se dévoue alors à soulager les prisonniers, les malades et les pauvres. Après le Concordat de 1801, elle tente avec quelques compagnes de faire revivre le monastère de la Visitation, mais en vain.

En 1804 Philippine apprend la fondation d’une nouvelle Congrégation : la Société du Sacré-Cœur de Jésus et elle offre son monastère à la fondatrice, Madeleine-Sophie Barat ; elle est prête à entrer dans la Congrégation. Peu après Mère Barat arrive à Sainte-Marie et accueille Philippine et ses compagnes comme novices dans la Société.

Après sa profession religieuse, en même temps que son désir de vie contemplative, un appel pour les missions, entendu dès l’adolescence, devient plus pressant. Dans une lettre à Mère Barat elle confie l’expérience spirituelle qu’elle vient de vivre au cours de la nuit d’adoration du Jeudi saint devant l’Eucharistie : « Toute la nuit j’ai été dans le nouveau continent […] je portais partout mon trésor (le St Sacrement)… J’avais bien à faire aussi avec tous mes sacrifices à offrir : une mère, des sœurs, des parents, une montagne … Quand vous me direz ‘Voici que je vous envoie, je répondrai vite : je pars’ ». Elle attendra encore douze ans.

En 1818 son rêve se réalise : elle part pour répondre à la demande de l’évêque de la Louisiane qui cherchait une congrégation éducatrice pour l’aider à annoncer l’Évangile aux Indiens et aux jeunes français de son diocèse. À Saint-Charles, près de Saint-Louis (Missouri) elle fonde la première maison de la Société hors d’Europe. Ce n’est qu’une cabane en bois. Là elle rencontre toutes les austérités d’une vie de pionnier : l’extrême froid, la dureté du travail, le manque d’argent. Elle a aussi beaucoup de difficulté à apprendre l’anglais ; le courrier est lent, les lettres de sa chère France souvent n’arrivent pas ; mais elle s’efforce d’être fidèle en demeurant très unie à la Société en France.

Philippine Duchesne meurt à Saint-Charles le 18 novembre 1852 à l’âge de quatre-vingt-trois ans. Elle est canonisée, le 3 juillet 1988, par Saint Jean-Paul II.

  • le 18 novembre 1504 :pour la seconde fois, Anne de Bretagne est couronnée Reine de France à la basilique de St-Denis.

La défaite du 28 juillet 1488, infligée aux Bretons par Louis de La Trémoille, à la tête de l’armée française d’invasion, sonne le glas de l’indépendance bretonne. Par le traité signé au château du Verger, près d’Angers le 19 août, le duc François II s’engage, notamment, à ne pas marier ses filles (Anne et Isabeau) « sans l’avis et le consentement du Roi de France». François II meurt le 9 septembre 1488. Sa fille Anne, âgée de 12 ans, lui succède le 14 octobre avec le titre de duchesse de Bretagne.

Après le projet avorté, car contraire au traité du Verger, d’un mariage avec Maximilien d’Autriche, Anne épouse, le Roi de France Charles VIII. Le 2 décembre 1491. Le contrat de mariage stipule qu’ils se font réciproquement cession et donation de leurs droits sur la Bretagne ;  que si Anne meure la première, le Roi de France devient automatiquement duc de Bretagne et la Bretagne est alors unie à la France. Si le Roi, meurt le premier, Anne reste duchesse de Bretagne, mais son fils aîné hérite du duché de Bretagne. Et s’il n’a pas de fils, au moment du décès de Charles VIII, la reine ne peut se remarier qu’avec le Roi suivant. Aucune mention n’est faite ni des enfants ni des privilèges de la Bretagne. Le 8 février 1492, a lieu, à Saint-Denis, le sacre et couronnement de la duchesse et reine. Des quatre enfants qu’ils auront, aucun ne survivra. Charles VIII, quant à lui, meurt le 7 avril 1498.

Pour assurer la paix de sa nation, Anne se lie avec le Roi Louis XII, le 8 janvier 1499, mais cette fois à Nantes, où résidait la cour des ducs, dans la chapelle du château ducal. Le contrat de mariage entre Louis XII et Anne de Bretagne ne constitue pas l’union de la Bretagne à la France, mais plus réellement une alliance entre deux pays, la Bretagne n’étant liée à la France que par un hommage simple et non pas un hommage lige. D’ailleurs, dans ce contrat, Louis XII reconnaît et garantit solennellement à la Bretagne le maintien de tous ses privilèges. Il est prévu pour l’avenir qu’à défaut d’héritier mâle, les droits se reportent sur le deuxième enfant à naître. En effet, la Bretagne n’applique pas la loi salique, et une fille y succède avec les mêmes droits qu’un héritier mâle.

Ce rappel historique est important, car il explique la révolte des Bonnets Rouges sous Louis XIV ; il explique pourquoi aujourd’hui les autoroutes payantes  s’arrêtent aux portes de la Bretagne.

C’est sous François Ier que s’effectue l’union véritable de la Bretagne à la France. En effet, du mariage de Louis XII et d’Anne de Bretagne, naissent deux filles, Claude Renée. Après bien des péripéties, la reine Anne doit consentir au mariage de Claude avec François, duc d’Angoulême et héritier du trône de France, mariage célébré le 18 mai 1514. C’est dès cette année-là que le duc d’Angoulême montre sa volonté d’unir définitivement la Bretagne à la France.

Le 27 octobre 1514, Louis XII concède l’administration du duché breton, lequel appartient à sa fille Claude, à François d’Angoulême. Toutefois, il préserve les droits de sa seconde fille, Renée de France. Le 18 novembre 1514, François obtient d’être déclaré duc de Bretagne. Les événements se précipitent quand Louis XII meurt le 1er janvier 1515, laissant le trône au duc d’Angoulême, qui devient alors François Ier.

Le 22 avril 1515, le nouveau Roi obtient de sa femme le don du duché de Bretagne en usufruit, et le 28 juin 1515, pour éviter dit-il, « que le duché ne tombe aux mains de prince ou seigneur étranger » il se voit attribuer le duché à perpétuité. Le 6 août 1532, un traité a été conclu au parlement de Bretagne : la Bretagne est unie et jointe à perpétuité à la France. Il ne doit plus y avoir de guerres, de désunions ou d’inimitié entre les deux pays. François, le Dauphin de France est fait duc et prince de Bretagne, à Rennes le 13 août 1532 par Yves Mahyeuc, mais il ne gouvernera jamais le duché le Roi François 1er en ayant l’usufruit jusqu’à sa mort. A sa mort,  c’est son frère, le futur Henri II, qui reçoit le titre de duc de Bretagne.

Mais la Bretagne entend cependant conserver ses droits et ses libertés. A la demande des états, le Roi, par l’édit du Plessis-Massé promulgué au mois de septembre 1532, accorde à la Bretagne le maintien de ses privilèges concernant quatre domaines particuliers :

  • concernant les finances, le Roi promet que, comme au temps des ducs, aucun impôt ne pourra être perçu en Bretagne sans le consentement des états. Il ajoute que l’attribution du produit de certains impôts sera réservée exclusivement à la Bretagne ;
  • sur le plan militaire, les Bretons auront le droit de ne pas faire de service militaire hors de Bretagne ;
  • la justice, quant à elle, sera « entretenue en la forme et la manière accoutumée », et les Bretons ne pourront être « tirés hors » pour être jugés par d’autres tribunaux que ceux de la province ;
  • enfin dans le domaine religieux le Roi assure de ne nommer aux bénéfices ecclésiastiques de la province que des Bretons, exception faite des personnes distinguées de sa cour. Nul changement ne pourra être apporté dans la législation, les institutions, les coutumes, sans le consentement des états de Bretagne, le Roi s’y engage personnellement.

Cette union ne provoque pas de grands bouleversements économiques. En effet, bien avant le traité, la Bretagne est déjà un pays riche. Le XVe siècle constitue l’âge d’or de la Bretagne, qui est alors le pays le plus riche d’Europe. En matière de commerce, les nombreux ports attirent depuis des siècles marins et trafiquants de tous les horizons. La Bretagne entretient aussi un important trafic commercial avec la Hanse et la Galice. Elle y a des comptoirs florissants, exporte ses toiles et le fameux sel de Guérande.

Il n’y a pas non plus de conséquences sociales particulières, l’art, la langue et les mœurs ont déjà traversé les frontières. Il n’y a donc pas de réels bouleversements économiques et sociaux suite au traité de 1532. Et la France ne veut quant à elle s’unir à la Bretagne que pour des raisons politiques. Convoitée par de nombreux pays, en particulier la toute proche Angleterre, la Bretagne est unie à la France dans le seul but d’agrandir le territoire et d’éviter qu’elle ne tombe aux mains d’autrui.

En 1790, sous la Révolution, le traité qui unit la Bretagne à la France est annulé, dans son fond et dans sa forme, par le nivellement des provinces. Les états de Bretagne supprimés, les députés renoncent, sans pourtant en être habilités, à ce traité. Comme toutes les provinces de France, la Bretagne est divisée en départements : le Finistère et le Morbihan, les Côtes-du-Nord (actuelles Côtes-d’Armor), l’Ille-et-Vilaine et la Loire-Atlantique.

  • le 18 novembre 1548 :le parlement de Paris interdit la représentation des Mystères.

Les Confrères de la Passion sont interdits de représentation par le Parlement de Paris, ce qui marque le début du déclin des Mystères au profit du théâtre Renaissance. Les Mystères représentaient généralement la Passion du Christ, en se nourrissant également de légendes et d’histoires populaires. Ils étaient écrits pour plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de personnes qu’ils mettaient en scène.

  • le 18 novembre 1626 :consécration de Saint Pierre de Rome.

Le pape Urbain VIII consacre la nouvelle basilique Saint-Pierre de Rome, 1300 ans après la consécration de la première basilique par l’empereur Constantin…

  • le 18 novembre 1738 :le traité de Vienne met fin à la guerre de la Succession de Pologne.

Cinq ans plus tôt, Stanislas Leszczynski a été élu pour la deuxième fois roi de Pologne. Ce système électif met le pays à la merci  des querelles nobiliaires et des États voisins ne se font pas faute de s’immiscer dans ces querelles pour en tirer parti.

C’est ainsi que, désavouant le choix de la Diète polonaise en faveur de Stanislas, la tsarine de Russie Anna Ivanovna et l’empereur d’Allemagne Charles VI de Habsbourg envoient des troupes contre le roi élu. Stanislas a un allié de choix en la personne de son gendre, rien moins que le Roi de France Louis XV, qui a épousé sa fille Marie. La guerre se prolonge plus que de raison et, pour en finir, le cardinal Fleury, Premier ministre de Louis XV, impose sagement à Stanislas de renoncer à la Pologne. Selon les clauses du traité de Vienne, il recevra en échange les duchés de Bar et de Lorraine qui reviendront à sa fille Marie Leszczynska à sa mort, c’est-à-dire à la France.

  • 18 novembre 1764 : dissolution par décret de Louis XV de l’ordre des Jésuites dans le Royaume.

Les jésuites subiront de douloureuses épreuves (en particulier des expulsions) qui se finiront souvent par de lents renversements.

Ainsi, en 1595, un attentat contre Henri IV par un élève des jésuites provoque leur expulsion de France, mais en 1604, Henri IV abroge cette loi et leur confie le collège de la Flèche, qui est devenu par la suite l’actuel Prytanée militaire, prenant lui-même un confesseur jésuite (Coton). Louis XIII et Louis XIV ont également un confesseur jésuite.

En Angleterre, les jésuites restent longtemps clandestins et parfois martyrisés (Edmund Campion est torturé et exécuté en 1581).

En France, les jésuites s’opposent aux jansénistes sur la question de la grâce. Quelques années avant la fin de la guerre de Sept Ans, les jésuites commencent à être la cible d’attaques formulées par le parti philosophique (les philosophes estiment que la Compagnie de Jésus est le principal obstacle à la destruction de l’Eglise à laquelle ils travaillent). En outre, la richesse des jésuites attirent de nombreuses jalousies. Ces derniers, possédant de nombreuses terres et biens immobiliers, travaillent en tant que banquiers ou enseignants (une grande partie de la jeunesse française est passée sur les bancs des jésuites). Enfin, aux yeux de leurs détracteurs, la Compagnie de Jésus représente l’obéissance à Rome et la voie intransigeante du christianisme.

Suite à une banqueroute en Martinique, le Parlement rend un acte de dissolution en 1762. En 1764, Louis XV déclare qu’ils n’existent plus en France. En 1769, les bourbons font pression pour l’élection d’un pape qui s’engage à supprimer la compagnie de Jésus. Clément XIV résiste jusqu’en 1773 où il signe un bref de dissolution. Le général Laurent Ricci finit ses jours en prison.

La compagnie ne subsiste qu’en Pologne et en Russie. Jusqu’en 1799, où le pape Pie VI donne son accord pour l’ouverture d’un noviciat en Italie. Pie VII veut rétablir la Compagnie mais il est emprisonné par Napoléon. La Compagnie est rétablie après l’abdication de Napoléon.

En France, on les accuse d’être royalistes sous la république et révolutionnaires sous la restauration. En 1828, ils sont expulsés de l’enseignement, brièvement expulsés de France en 1830, expulsés de Suisse de 1848 à 1973, à nouveau expulsés de l’enseignement en France par Jules Ferry en 1880 ainsi que d’autres ordres ; mais les jésuites seront les seuls à ne pas bénéficier de tolérance. En Espagne, ils sont tués, bannis, pourchassés 7 fois entre 1820 et 1936. En Allemagne, ils sont chassés en 1848, et exilés de 1872 à 1917. Leurs écoles seront fermées par les nazis en 1938.

Voir la chronique du 6 août.

  • le 18 novembre 1793 :ouverture du musée du Louvre, dans l’ancien palais des Rois de France.

Le 10 août précédent, pour fêter le premier anniversaire de la chute de la royauté, l’assemblée révolutionnaire de la Convention avait décidé la création d’un « Museum de la République », dans l’ancienne résidence des Rois de France, de François Ier à jusqu’à Louis XIV, où seraient mis à disposition du peuple collections royales et œuvres d’art confisquées aux émigrés et aux églises.

  • le 18 novembre 1839 :l’émir Abd el-Kader annonce, par lettre, la reprise des combats.
  • le 18 novembre 1852 :ouverture du Bon Marché à Paris.

C’est rue de Sèvres que s’ouvre en ce jour à l’enseigne du Bon Marché un magasin qui va bouleverser le commerce français. Aristide Boucicaut, le fondateur, a choisi de casser les prix en limitant ses marges bénéficiaires. Les prix ne peuvent plus être négociés. Les grands magasins sont nés. Ce nouveau type de magasin est une véritable révolution pour les parisiens. Ils peuvent se promener à travers les rayons sans être obligés d’acheter et être remboursés s’ils sont mécontents. La grande distribution est née. 13 ans plus tard le Printemps ouvrira à son tour.

  • le 18 novembre 1917 :le président Poincaré nomme Clémenceau pour diriger le gouvernement et amener la France à la victoire.

Ce dernier donne son mot d’ordre : « La guerre, rien que la guerre »

le 18 novembre 1944 : une ordonnance crée une Haute Cour de justice chargée de juger les dirigeants politiques pendant la période du gouvernement de Vichy.

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