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Histoire du christianisme

C’est arrivé un 10 avril…

« Un peuple qui n'enseigne pas son histoire est un peuple qui perd son identité. » (François Mitterrand en 1982, lors d'un Conseil des Ministres)

Alors rappelons-nous :

  • le 10 avril 757 : réapparition des orgues en Europe.

Connu du temps de l'empire romain, l'usage des orgues a peu à peu disparu en Occident. L'empereur Constantin V offre un orgue à soufflet à Pépin le Bref en 757. Ce dernier le fait placer à Compiègne.

  • le 10 ou 11 avril 879 : décès de Louis II le Bègue.

Louis II dit le Bègue, est le fils de Charles II dit le Chauve. Il née le 1er novembre 846. Il est d'abord couronné roi d'Aquitaine en 867, puis Roi des Francs en 877. Son défaut d'élocution l'empêche de s'exprimer en public et nuit à son autorité. Il meurt à Compiègne à l'âge de 33 ans, il n'a régné que 16 mois sur la France. Ses fils, Louis III et Carloman, deviennent respectivement roi de Neustrie et roi d'Aquitaine et de Bourgogne.

  • le 10 avril 1302 : les États Généraux confirment l'indépendance du Roi Philippe face au pape Boniface.

Partie d'un différent sur la politique fiscale royale, la crise entre la monarchie et la papauté a pris, du fait des caractères excessifs tant du Roi que du pape, un tour gravissime. Le pape rappelle à l'ordre le Roi par la bulle Ausculta Fili qui dépasse le simple problème fiscal pour exprimer des prétentions inadmissibles sur les droits inaliénables de la couronne de France. Philippe le Bel fait non seulement brûler la bulle Ausculta Fili (cf. la chronique du 11 février), mais son envoyé Guillaume de Nogaret laisse Colonna souffleter le pape à Anagni le 8 septembre 1303.

Les conséquences sont incalculables, outre la fin de l'indépendance temporelle de la papauté, c'est la fin d'une grande partie de l'influence spirituelle de la foi catholique sur le pouvoir politique ; fin qui en France va s'exprimer sous l'ancien régime, à travers l'hérésie gallicane et à travers l'erreur constitutionnelle de l'absolutisme (le Roi ne tient son pouvoir que de Dieu et ne rend de compte qu'à lui); et aujourd'hui à travers le laïcisme exacerbé. Cette rupture entre les deux pouvoirs est une faute. Le pouvoir politique ne reconnait plus au pouvoir spirituel un droit de regard sur les affaires temporelles. Ce droit de regard, tiré de la phrase du christ à Pilate « Tu n'auras pas de pouvoir si tu ne l'avais reçu d'en Haut.» servait de garde-fou et tempérait le pouvoir politique, mais il en constituait aussi l'essence même, lui donnait sa force. Ainsi, tout pouvoir politique qui ne s'appuie sur l'origine, l'essence de la puissance, comble sa faiblesse par une force de coercition. Et si la monarchie française a duré près de 1500 ans, c'est parce qu'elle était aussi tempérée par la loi divine.

Or Philippe Le Bel vient de rompre l'équilibre politico-religieux du Moyen-âge. Le Fils Aîné de l'Eglise s'est rebellé contre sa mère. Le Roi convoque les Etats-généraux pour donner un semblant de justification à ses décisions. C'est la première fois dans l'histoire de France. Les 3 ordres ratifient sa conduite.

Le Marquis de la Franquerie note que la faute est royale et nationale. La sanction royale est la fin des capétiens directs, comme dans l'ancien testament, avec les Rois juifs, et selon le testament de Saint Rémi :

«Si un jour cette race royale que j'ai tant de fois consacrée au Seigneur, rendant le mal pour le bien, lui devenait hostile; envahissait ses Églises, les détruisait, les dévastait: Que ses jour soient abrégés et qu'un autre reçoive sa royauté! »(*)

La sanction royale est la fin des capétiens directs. Comme dans l'Ancien Testament, ses trois fils se succèderont sur le Trône sans descendance. La sanction pour le pays est la guerre de 100 ans qui approche. La noblesse verra ses fils mourir sous les lances et les flèches anglaises, l'Eglise de France souffrira autant.

Il est étonnant de voir que ce sont les Etats-Généraux eux-mêmes qui seront l'outil de la chute de la monarchie 500 ans plus tard.

(*) La Vierge Marie dans l'Histoire de France (Ed. Résiac pages 79 à 83)

  • le 12 avril 1312 : Lyon est rattaché au domaine royal.

En marge du concile qui supprime l'ordre des Templier, est signé le Traité de Vienne qui reconnait ce rattachement. L'empereur ne réagit pas.

  • le 10 avril 1498 : le Roi Louis XII de France revendique le duché de Milan.

Quelques jours après la mort de son prédécesseur, Charles VIII, le nouveau Roi Louis XII prend le titre de duc de Milan qu'il revendique en tant que petit-fils de Valentine Visconti. Le maître effectif du duché est son vieil ennemi Ludovic le More.

Après l'épuisement économique de la France dû à la guerre de 100 ans, Louis va porter les affrontements en Italie et permettre par là un développement économique de nos campagnes que la III république s'est efforcer de camoufler.

Jean Guiraud dans le tome 2 de son livre Histoire partiale- Histoire vraie, aux chapitres XI note :

« L'un des nombreux manuels que la franc-maçonnerie a rédigés pour les écoles laïques, porte deux images curieuses. La première représente les campagnes sous l'Ancien Régime : un paysan en guenilles travaille péniblement sous un ciel chargé de nuages. La seconde représente les campagnes modernes : elles sont illuminées par un soleil radieux et sous un ciel pur, le cultivateur joyeux trace son sillon. Ces deux images sont ainsi juxtaposées pour inculquer par les yeux, dans l'esprit des enfants trois idées simplistes qui leur feront détester les siècles qui ont précédé la Révolution et aimer ceux qui l'ont suivie : 1°) sous l'Ancien Régime, le ciel était toujours maussade ; sous le Nouveau, il est toujours beau ; 2°) sous l'Ancien Régime, le paysan était toujours mal vêtu ; sous le Nouveau, il est élégant ; 3°) sous l'Ancien Régime, il était toujours malheureux ; sous le Nouveau, il est toujours heureux. »

Or s'appuyant sur l'historien de Louis XII, Claude de Seyssel, il poursuit :

« Les guerres d'Italie qui commencèrent avec Charles VIII, portèrent hors de France leurs ravages et ne nuisirent en rien au relèvement de l'agriculture nationale. […] Aussi, la France ne tarda-t-elle pas à se relever de ses ruines matérielles. « En moins de quarante ans, la misère de la guerre de Cent Ans avait fait place à l'aisance et à la richesse. […] Pour le laboureur, Louis XII incarnait, symbolisait le bien-être dont on jouissait sous son sceptre, bien-être dont une part lui était due. Lorsque ce roi traversa la Bourgogne, à son retour du Milanais, les paysans, abandonnant leurs travaux, bordaient les chemins, les couvraient de verdure et faisaient retentir l'air d'acclamations. […] Nous avons d'ailleurs des signes évidents de ce bien-être ; le premier, c'est le rapide accroissement de la population que l'on constate dans la France du XVIe siècle : « Elle n'est pas seulement un des pays les plus riches, dit M. Imbart de la Tour ; elle est aussi l'un des mieux peuplés ; les familles de dix à douze enfants sont fréquentes, celles de sept à cinq sont la règle commune ».

  • le 10 avril 1585 : décès de Grégoire XIII.

 

En 1572, Grégoire XIII est élu pape à la mort de Pie V. Il est le 226e pape. Son conclave ne dure qu'une journée. Son œuvre principale est l'institution du calendrier grégorien par la bulle Inter gravissimas, en 1582, fqui modifie le calendrier julien en supprimant 10 jours de la dite année et 3 années bissextiles centenaires sur 4.

Son pontificat est aussi marqué par de nombreuses fondations de séminaires : le Collège allemand, le Collège grec, le Collège maronite ou encore le Collège des néophytes (réservé aux Juifs et musulmans convertis), la mission confiée aux jésuites de fonder le Lycée Saint-Benoît, dans l'Empire ottoman en 1583. Lycée qui devient l'institution phare de l'enseignement catholique au Levant

 

  • le 10 ou 11 avril 1803 : Bonaparte fait part aux ministres Barbé-Marbois du Trésor et Decrès de la Marine de son intention de céder la Louisiane aux Etats-Unis.

"Les Anglais n'auront pas le Mississipi qu'ils convoitent. […] Je considère la colonie comme perdue et il me semble que, dans les mains de cette puissance naissante [les Etats-Unis], elle sera plus utile à la […] la France que si je tentais de la garder ".

  • 10 avril 1814 : bataille de Toulouse.

Le Maréchal Jean-de-Dieu Soult, en pleine retraite d'Espagne, arrive à Toulouse avec sur ses talons les Anglo-Hispano-Portugais du duc de Wellington.

Soult commence alors à organiser la défense de la ville, sans recevoir d'appui de la population. Soult, coupé de Paris ignore que les alliés sont sur le point d'y entrer.

Le 10 avril, Wellington arrive, contourne la cité après avoir franchi la Garonne, et pénètre dans la ville. 300 soldats français appuyés par 5 canons vont les repousser plusieurs fois. Wellington contourne alors les positions française et le Maréchal Soult doit abandonner Toulouse ; ce qu'il fait brillamment les 11 et 12 avril.

Alors, le 12 avril, Wellington fait une entrée dans la Ville Rose, sous les acclamations des royalistes.

  • le 10 avril 1911 : naissance de Maurice Schumann, homme politique et académicien français.

Né le à Paris, Maurice Schumann est journaliste de formation, il se convertit à la foi catholique, puis entre en politique en 1944. Il est un des fondateurs du Mouvement républicain populaire (MRP). Plusieurs fois ministre sous les IVe et Ve République, Schumann est également membre de l'Académie française. Il meurt le 9 février 1998.

  • le 10 avril 1916 : « On les aura », ordre du jour du général Pétain.

Alors que les Allemands essaient de saigner l'armée française à Verdun, Pétain envoie son désormais célèbre ordre du jour se terminant par « Courage ! On les aura ! » L'ordre est en fait une félicitation et un encouragement à destination des soldats qui ont repoussé une attaque la veille.

  • le 10 avril 1954 : mort d'Auguste Lumière.

Les frères Lumières ont une vie de pionniers industriels assez extraordinaire.

Inventeurs du cinématographe avec son frère Louis en 1895, initiateurs des premières actualités filmées et des premiers documentaires, Ils envoient des reporters dans le monde entier afin de rapporter des "vues animées". Mais les frères Lumière s'intéressent à beaucoup de domaines : la chimie, l'électricité, l'acoustique, l'automobile, la pharmacie…

  • le 10 avril 1963 : le pape Jean XXIII publie son encyclique Pacem in terris.

L'encyclique est consultable ici :

  •  le 10 avril 2013 : la gendarmerie devient une armée, de fait.

Le général Favier est nommé Directeur Général de la gendarmerie nationale et est promu général d'armée.

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9 commentaires

  1. Le calendrier grégorien n’a rien à voir avec le 1er janvier. C’est Jules César qui a fixé le début de l’année au 1er janvier. Le grégorien a seulement modifié le julien en supprimant 10 jours de l’année et 3 années bissextiles centenaires sur 4.

  2. Je précise encore (car on ne se vérifie jamais assez) 10 jours de 1582 et non de 1583. Excuses.

  3. Il ne s’agit pas de l’empereur Constantin Ier le Grand mais de l’empereur Constantin V copronyme.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Constantin_V

  4. 10 avril 1572 : décès de Grégoire XIII … n’est-ce pas plutôt de Pie V, son prédécesseur, comme vous l’expliquez plus bas?

  5. Ugo BONCOMPAGNI intronisé Pape le 25 mai 1572 sous le nom de GREGOIRE XIII, meurt le 10 avril 1585 soit après 13 ans de pontificat, et non pas 1 journée…? comme indiqué. Vitesse et précipitation n’ont jamais fait bon ménage.

  6. Une citation de Mitterrand ? quelle référence étrange. Pourquoi pas se placer sous le patronage de Lénine, la prochaine fois ?

  7. 10 AVRIL 2010 Attentat de Smolensk pudiquement “catastrophe” de Smolensk.
    Il fallait entre autre liquider ce président polonais qui lorsqu’il était venu soutenir les Géorgiens avait prédit : aujourd’hui la Géorgie demain l’Ukraine, puis les Etats Baltes et sans doute mon pays”.

  8. C’est bien joli, ce que vous dites sur Philippe le Bel et le pape Boniface, sur le temporel n’étant plus lié au spirituel, mais souvenez-vous que le pape est lui-même chef d’État temporel jusqu’en 1870. Quand il veut commander au roi de France, le fait-il en tant que chef des catholiques ou souverain temporel ?
    Il y a eu des précédents à cela : la lutte entre le Saint-Empire et la papauté.
    Les rois pensent – à tort ou à raison – que le pouvoir ne se partage pas. Du reste, voyez comment les chrétiens de rite orthodoxe ont résolu la question : le patriarcat de Constantinople est quasi à la botte du basileus, celui de Moscou l’est à celle du tsar.
    Vous voyez ainsi que les choses ne sont pas si simples, et encore aggravées par l’intransigeance de caractère de Philippe le Bel et Boniface VIII.

  9. on est fatigué d’une république qui condamne le pays à ne respirer que d’un poumon: celui d’une majorité toujours poussive. Quand finira-t-on de faire semblant de croire à une division artificielle en droite/gauche ?
    Je ne suis ni de droite,ni de gauche; simplement Français.

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