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“Cessons de voir les femmes comme des colis piégés”

Famille chrétienne publiait cette semaine une tribune de Jeanne Larghero, professeur de philosophie et auteur de Masculin-féminin. Quand la philosophie se mêle de sexe. Elle s'appuie sur Humanae Vitae et démystifie la contraception soi-disant libératrice :

"On sait bien que si tant de couples, y compris catholiques, choisissent de gérer leur fertilité par une contraception, c’est aussi parce qu’ils cherchent comme tout un chacun le bien de leur couple, l’équilibre de leur famille, et leurs préoccupations sont légitimes. Mais cessons de nous payer de mots. Supposer en toute légèreté que la contraception peut contribuer à l’édification du couple (en lui évitant l’angoisse de l’enfant de trop), c’est méconnaître la réalité de la contraception. C’est en parler comme on parlerait d’un dîner au restaurant, ou de vacances à la montagne : dîner au restaurant, c’est bien si ça fait une bonne sortie entre amoureux, c’est mauvais si ça tourne au pugilat. C’est le résultat qui compte. Établir cette analogie implicite, c’est endormir les consciences, mais c’est surtout se moquer des couples.

C’est se moquer des femmes qui sont 65 % à prendre la pilule : c’est sur elles que repose massivement le poids de la gestion de la fertilité. C’est sur elles que reposent les interrogations sur leur santé, les kilos en trop (sans parler de la moustache), la panique de la plaquette perdue ou oubliée (ben zut, comment faire un lundi de Pâques ?), les poses de stérilet en essayant de penser à autre chose, et elle est longue, la liste des moments où on se sent bien seule.

C’est se moquer des hommes à qui on ne fera jamais croire qu’enfiler un préservatif est une pratique ludique. L’objet même d’un contraceptif lorsque celui-ci est pris dans un but anticonceptionnel, c’est de se rendre mutuellement infertile en impactant soit le corps de l’un, soit le corps de l’autre. Cette infertilité est obtenue en modifiant ou en supprimant le cycle féminin ; or le cycle est un bien de la femme : cessons de voir les femmes comme des colis piégés. Mais il est aussi un bien commun du couple.

Les périodes infertiles disent au couple : l’acte sexuel n’est pas soumis à l’instinct de reproduction, libre à nous de connaître ces périodes et de nous y rejoindre ; les périodes fertiles disent : l’acte sexuel n’est pas le lieu du seul plaisir immédiat, il peut faire de toi un père ou une mère, quelqu’un qui peut faire du pour toujours. Ton amour n’est pas le plaisir d’un instant ; n’oublie pas que ton corps, ta personne tout entière, est une promesse d’avenir, que tu aies des enfants ou que tu n’en aies pas, que tu t’apprêtes à en concevoir ou que ce ne soit pas le projet du moment.

En étirant artificiellement le temps de l’infertilité de manière illimitée, je prive l’autre de ce à quoi il a droit : tout ce que je suis. Si tant de couples cherchent une alternative à la contraception, c’est parce qu’ils ont compris que contraceptionner l’acte sexuel est intrinsèquement antinomique avec le bien du couple. Ils en auront des difficultés et des soucis, mais ce choix courageux et prophétique fera de leur amour un grand amour.

Alors merci aux prêtres qui ont le courage de les soutenir dans la voie exigeante qu’ils s’apprêtent à suivre. Et merci à Paul VI d’avoir osé clamer que la contraception n’est pas une fatalité. Merci aux prêtres qui ont le courage de marcher sur ses pas."

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3 commentaires

  1. Parfait!
    Et de savoir que la femme ne peut tomber enceinte que pendant 24 ou 48 heures dans le mois est intéressant aussi 🙂
    Mais en fin de compte, c’est la vie toute entière qui est intéressante, et belle. Et la plus entière on la laisse… la plus riche et belle elle est.

  2. Pourquoi ne pas rappeler également que le taux de divorces est très nettement inférieur chez les couples qui n’ont pas recours à la contraception ? N’est-ce pas là un constat qui peut intéresser les jeunes qui envisagent le mariage et qui, nonobstant toute la propagande anti-familiale, rêvent toujours d’un amour durable et d’une famille unie ?

  3. A l’attention d’une personne qui n’a pas souhaité publier son commentaire, et à qui néanmoins je souhaite répondre (il ou elle se reconnaîtra !). Avec toute mon amitié. MB
    [Ce que vous dites est faux, quasiment de A à Z et je vous admire d’être à même de contredire Humanae Vitae. Les prêtres sont de plus en plus nombreux à se former aux méthodes naturelles de régulation des naissances (car il n’y a pas que Billings), qui n’ont strictement rien à voir avec une contraception, et c’est une très bonne chose car ainsi ils pourront aider les fidèles en difficulté conjugale. Ce que vous dites de l’amour conjugal est totalement hallucinant : l’homme est corps et esprit et il n’y a aucune raison de reléguer le corps aux oubliettes, car ce n’est pas du tout ce que dit l’Eglise. Que ce soit l’esprit qui commande au corps, c’est-à-dire commande des périodes de continence pour ne pas avoir plus d’enfants qu’il serait raisonnable d’en avoir est indispensable. Et cela rend indispensable la connaissance de la fécondité féminine, par les deux époux. Cela crée entre eux une complicité supplémentaire, une prise en main à deux de leur vie conjugale, une reponsabilisation des deux de leur vie de couple. A mon avis, vu les difficultés rencontrées actuellement par les couples, l’Eglise n’a pas fini de se pencher sur ce problème, et c’est tant mieux, car on ne peut absolument pas se contenter de la pilule pour régler le problème : elle est mauvaise pour la santé, elle déresponsabilise l’époux, et elle rend le couple dépendant d’un médicament. En plus, nombre d’entre elles provoquent de mini-avortements car elles empêchent l’œuf fécondé de se nicher dans la paroi de l’utérus. La pilule, c’est non. Pourquoi recourir à des moyens artificiels quand on sait par ceux qui l’ont expérimentée que la continence -qui est naturelle, elle- à certaines périodes fonctionne ? Il faut se réveiller, la sexualité dans le couple ayant été voulue par Dieu, il n’y a aucune raison d’imaginer que les couples les plus solides sont les plus détachés des contingences sexuelles. Simplement, ils les ont apprivoisées et ne se laissent pas mener par elles. Vous avez largement tort de détacher sexualité et amour vrai car les deux sont imbriqués, de même que l’âme et le corps le sont, pour former notre personne. Cette schizophrénie que vous semblez préconiser (ou redouter ?) n’existe pas dans l’Eglise catholique. Un conseil si je puis me permettre : lisez la doctrine catholique de l’Eglise sur tout ce qui concerne le mariage : c’est époustouflant. MB]

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