Bruxelles voit déjà l’UE à 35 membres

U Alors que la ratification du traité de Lisbonne est enlisée, Bruxelles planche déjà sur une Europe à 35. Les fonctionnaires de la Commission européenne ont accouché début novembre d’un rapport de 77 pages préconisant l’accélération en 2009 des discussions avec tous les pays qui frappent à la porte de l’Union européenne (ici en pdf). Pour conjurer le coup de mou créé par la non ratification du traité de Lisbonne, il faut poursuivre «l’élan de l’intégration»…

Parmi les pays qui ont toutes les chances d’intégrer l’Europe de demain figure la Turquie. Au travers de son rapport, la Commission à l’élargissement confirme que ce poids lourd de plus de 70 millions d’habitants a vocation à trouver sa place dans le giron européen. La même promesse est formulée envers tous les pays de l’ex-Yougoslavie et envers l’Albanie. La Croatie devrait atteindre la phase finale des négociations d’adhésion d’ici la fin de 2009. Puis viendront Kosovo, Serbie, Monténégro, Bosnie-Herzégovine, Macédoine, Montenegro. Pour justifier un tel appétit, Bruxelles met en avant l’argument imparable de la paix et, à ce sujet, la crise géorgienne représenterait une aubaine pour les partisans de l’élargissement. Pour ces derniers, intégrer des zones géostratégiques importantes, revient à limiter le risque de guerres périphériques.

Entre 2009 et 2011, Bruxelles compte augmenter progressivement les versements annuels à chaque candidat. L’aide à la Turquie passera ainsi de 566 millions l’an prochain à 781 millions d’euros en 2011. La Serbie touchera 202 millions d’euros contre 194 l’an prochain ; la Croatie 157 contre 151 millions, la Bosnie 108 contre 89 millions ; la Macédoine 98 millions contre 81 ; le Kosovo 68,7 contre 66 millions. Et l’Albanie va gagner de 81 à 98 millions d’euros. Bienvenue en UE !

Michel Janva

4 réflexions au sujet de « Bruxelles voit déjà l’UE à 35 membres »

  1. Olivier Arcachon

    En dehors de la Turquie, je ne vois pas le problème : ces pays sont bien des pays européens.
    Ce qui ne veut pas dire que leur intégration doit être faite vite ou pas mais la vocation de l’Union européenne est quand même d’accueillir les pays d’Europe (qui le souhaite, il convient de le rappeler…)
    Ce qui veut dire aussi que le mythe d’une Europe fédérale que l’on veut nous imposer ne colle pas au dessein naturel de l’UE.

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