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Histoire du christianisme

Boscovich, un savant jésuite persécuté par « Les Lumières »

Massimo Introvigne revient sur la figure d'un savant jésuite du XVIIIe siècle (biographie en anglais), auquel le Pape a fait allusion dans son discours à l'ambassadeur de Croatie, pour illustrer les racines chrétiennes de l'Europe, et l'harmonie entre foi et science :

B "La Croatie – et les institutions scientifiques – célébrent en 2011 "l'année Boscovich", pour le deuxième centenaire de la naissance de l'un des plus grands scientifiques, Ruggero Giuseppe Boscovich (1711-1787), né le 17 mai 1711 à Dubrovnik (Ragusa ), en Dalmatie. Il fut considéré à son époque comme un homme de science non moins illustre qu'Isaac Newton (1643-1727), et il n'est pas trop malicieux de penser que sa disparition de nombreux livres d'histoire est due au fait qu'il était un fervent catholique et un prêtre jésuite, dont l'existence même réfute le mythe selon lequel la science du dix-huitième siècle s'affirma en dehors et contre l'Église.

[…] Ruggero devient jésuite avec l'un de ses frères. Une soeur est religieuse et un autre frère entre dans l'Ordre dominicain. Déjà, novice à Rome, Ruggero révèle un talent extraordinaire pour la physique et l'astronomie, qui n'échappe pas à ses supérieurs. Ses études sur le transit de la planète Mercure, sur l'aurore boréale, sur les irrégularités du champ gravitationnel, ont inspiré la science européenne plusieurs siècles durant. […] En 1745, Boscovich publie sa première œuvre majeure, De Viribus vivis, qui cherche une voie médiane entre les théories de Newton et les objections à Newton du philosophe Gottfried Wilhelm Leibniz (1646-1716). […] Certaines des équations établies par Boscovich sont encore utilisés aujourd'hui et au siècle suivant, le physicien anglais Michael Faraday (1791-1867) reconnaîtra très ouvertement sa dette envers le savant jésuite pour le développement de la théorie des champs électromagnétiques. […]

[…] Au sommet de la gloire, Boscovich est victime de la persécution des Jésuites. La suppression de l'ordre, en 1773, le prive de toutes charges, et l'hostilité implacable des Lumières fait de lui un fugitif d'un pays à pays. Accepté et naturalisé français en France par le roi Louis XVI (1754-1793), la haine des Lumières et les campagnes anti-jésuites continuent à le poursuivre. […] Ce grand scientifique a été combattu et persécuté non seulement parce qu'il était un jésuite, mais parce que sa théorie unifiée de la nature soutient la compatibilité parfaite entre la foi et la science, et la confirmation à travers l'étude des mystères du monde de l'existence de Dieu, auteur de la nature."

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9 commentaires

  1. Il faut absolument lire Barruel et son « Mémoires pour servir à l’histoire du jacobinisme » ; une étude rigoureuse et une analyse fine remarquable, bien documentée, dans laquelle l’existence d’une conspiration antichrétienne apparait indiscutable. La pseudo philosophie des lumières n’avait qu’un seul but :renverser l’autel et le trône et Voltaire disait clairement vouloir « écraser l’infâme » (jésus Christ)

  2. Il est mort à la bonne date : quelques années de plus, et il connaissait le sort de Lavoisier : « La République n’a pas besoin de savants ».

  3. Très intéressant, en effet.
    Je me permets de vous recommander la lecture passionante du livre du père Stanley L. Jaki (RIP) « Le ravin infranchissable entre science et religion ».
    Ce livre est, à quelques semaine du bac de philo, un outil de révisions et de culture générale très utile à mon sens, et ce dans la vision de l’Eglise qui nous parle toujours en vérité.

  4. Comme dirait le « meilleur ( croisé ) d’entre nous » : décidément ce Pape « pose problème « . Dieu merci, pouvons nous ajouter!

  5. Quelques remarques:
    – la persécution de l’ordre jésuite n’est pas spécifique aux « lumières »; il semblerait bien que « l’activisme » politique de cet ordre le condamne fréquemment au rejet ( je pense , par exemple, au japon impérial)
    – « credo non quod sed quia absurdum est »
    (attribué à St Augustin, mais aussi à St Tertullien)
    pourrait « condenser » le ravin infranchissable
    – l’idée de « perfection divine » qui habite la théologie chrétienne, et son corrolaire immédiat « la perfection de la création », a poussé maints hauts esprits croyants à approfondir les mathématiques et, dans la suite de Newton, la physique mathématique, tant la « perfection » de ces disciplines rentraient en résonance avec la perfection divine ( Newton, d’ailleurs, consacre quelques pages de ses « philosophiae naturalis principia mathematica » à la présence de Dieu ( et ne fut nullement persécuté pour celà, mais nous étions en Angleterre..)
    Remarquons très honnêtement que de brillants savants des 17e et 18e siècle furent des athées, mais également « hantés » par ce soucis de la perfection naturelle et de la vérité.
    Après tout, l’Esprit ne souflle t’il pas où il veut?

  6. Deux autres « oubliés » des manuels :
    – Nicole Oresme, conseiller de Charles V et évêque de Lisieux, qui découvrit 250 ans avant Galilée la chute uniformément accélérée des corps, et bien d’autres choses encore :
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Nicole_Oresme#Math.C3.A9matiques
    – Pierre Varignon, prêtre du XVIIe, qui appliqua le calcul différentiel de Leibniz au mouvement des corps et fut le premier au monde à écrire la vitesse sous la forme
    v = dx/dt :
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Varignon#Cin.C3.A9matique

  7. « credo non quod sed quia absurdum est »
    Cette phrase n’est pas de saint Augustin et Tertullien n’est pas un « saint » dans l’Église.
    Le reste du commentaire est à l’avenant.

  8. Quant à moi, je m’en vais imprimer cet article et le porter au professeurs de sciences physique du lycée catholique le plus proche.

  9. Napoléon à Laplace(mathématicien illustre considéré comme un des plus grands du XVIII, XIX): »Je ne vois nulle part dans votre ouvrage, M. de Laplace, mention de Dieu
    -C’est que Sire, je n’ai pas eu besoin de cette hypothèse »

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