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Bon sens enfantin

Une fillette, entendue par Le Conservateur dans une exposition d’art contemporain :

– Tu me préviens quand c’est beau, hein papa ?

Henri Védas

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12 commentaires

  1. le radeau de la méduse,c’est beau?
    attention: vaste problème
    la défense d’une idée du Beau est sujette à caution
    elle peut produire aussi les pires excès (le Beau selon Mussolini…)
    ce contre quoi proteste probablement cette fillette, c’est contre la destruction de l’art
    et en cela elle n’a pas tort
    mais ce sujet,trés important, nécessite des nuances
    dans certaines oeuvres d’Ingres,le Beau est lié à la laideur et même à la diformité
    Jerôme Bosh donne-t-il dans le Beau?
    Rouault, est-ce que c’est Beau
    pour moi oui, mais pour cette fillette?
    si l’on prend à la lettre le concept du Beau, on ne retiendra finalement que la peinture italienne (or je préfère la Mort de la Vierge de Caravagge à toutes les madonnes de Pérugin)
    ne parlons pas de Goya…etc..

  2. Xango, vous avez tout à fait raison, le beau est relatif. C’est une convention qui varie fortement selon les époques, les lieux, et les « classes sociales ».
    Oserais-je dire qu’aujourd’hui, pour la première fois, il est impossible de définir le beau, car il n’y a plus de convention le définissant ?
    C’est le problème posé, sans le savoir, par cette fillette. Naïvement, elle veut encore croire que le « beau » est un critère d’évaluation en art. Et qui pourrais-lui donner tort ? Si nous pensons le contraire, c’est au mieux une construction mentale, au pire une idéologie.
    Je concluerais par cette savoureuse citation, hors sujet, de Gauguin : « le laid peut être beau, le joli, jamais »

  3. merci pour votre citation de Gauguin
    je trouve au contraire qu’elle illustre parfaitement le sujet

  4. Je ne vois pas où est le problème avec « le beau selon Mussolini ». L’architecture mussolinienne est de très loin ce qui s’est fait de mieux dans ce domaine au XXe siècle, à la fois majestueuse et humaine, ancrée dans l’histoire et novatrice, somptueusement respectueuse de ce qui l’entoure, etc. Il serait temps qu’un architecte courageux la réhabilite.

  5. la vérité sort de la bouche des enfants !

  6. Le Beau n’est pas relatif puisque toute beauté vient de Dieu. En revanche le Beau peut revêtir des aspects différents -qu’on recouvre sous le mot esthétisme-, plus ou moins recevables selon les cultures ou les époques; mais dans tous les cas, il vient de l’âme,et donc orienté à exprimer Dieu. Il se soumet aux limites de cette finalité, et peut aussi être détourné (laideur, blasphème…).

  7. Heureusement qu’un enfant remet les pendules à l’heure et en dit plus en quelques mots que d’autres en quelques pages.

  8. J’ai envie de prolonger vos propos par cette réflexion ; le beau existe en soi, en tant qu’absolu, mais il reste relatif dans la perception que l’on en a. Ainsi la quête du beau, comme celle du vrai et du bien, est intimement liée à notre évolution personnelle. Voilà en quoi le regard d’un enfant n’est pas celui d’un adulte, bien évidemment.
    Mais laissons disparaître la notion de beau, de vrai et de bien, comme le veut Breton dans son « manifeste du mouvement surréaliste », et disparaîtra ainsi la conscience de l’Absolu, du Divin donc, au-delà du relatif de notre monde matériel.
    L’évolution morale de chacun, le progrés dans le Bien, n’est-ce pas s’élever ? Voir la beauté au-delà de la laideur, n’est-ce pas ce que nous a montré notre Seigneur ?

  9. la laideur érigée en beau pour des raisons idéologiques, c’est ce qui révulse très naturellement les coeurs purs.Je connais ainsi une jeune fille qui a arrêté ses études d’arts plastiques orientées de la manière la plus dictatoriale dans le sens provocateur le plus morbide .

  10. @Oxbridge @Sancenay
    le risque du Beau, ça s’appelle l’académisme!
    certes, je conviens avec vous qu’il existe probablement un Beau idéal, reconnaissable et acceptable par tous
    (et pourtant!!! La Joconde est-elle belle?)
    mais que ce Beau devient ennuyeux s’il devient répétitif
    les dictateurs ne se sont pas illustrés par leur apport à l’Art
    ce que vous admirez chez Napoléon, ou chez Mussolini, c’est ce que vous trouvez aussi chez Staline!De l’harmonie, des lignes classiques, des proportions, mais combien pesantes!(et aucune, ou trés peu d’inventivité)
    peu d’artistes ont su produire du Beau qui échappe à ces aspects
    je pense à Raphaël, le plus grand, sous l’angle du Beau
    quant aux oeuvres contemporaines,elles n’en sont pas,elles ne sont que manifestes politiques, destructions délibérées de la culture dite bourgeoise
    je comprends la décision de cette jeune fille qui a préféré renoncer à l’Ecole des « Beaux »-Arts
    mais qu’elle ne renonce pas à l’Art si elle en ressent la vocation
    le XX ème siècle nous laisse de grands artistes: je pense à Balthus, à Nicolas de Stael etc..
    les médias (toujours eux) n’en ont que pour Fabrive Yber…Heureusement, ses dernières oeuvres, destinées à être piétinées par la foule des passants sont vouées à la disparition

  11. pour en finir avec le Beau…
    il y a quand même une époque où, en tout cas d’après les témoignages qui nous en restent, on peut dire que tout était beau, c’est le Moyen-Age
    les cathédrales, les vitraux, les statues, la peinture
    et cette beauté ,dans la peinture par exemple, va jusqu’à l’aube de la Renaissance avec les peintres français tel Fouquet ou le Maître de Moulins et flamands (Van Eyck, Van der Weyden etc..)
    finalement, c’est le Beau, façon Renaissance, c’est-à-dire l’art léché à l’italienne, avec ce qu’il suppose de théâtral, de maniéré, et de chute dans le réel (alors que le Beau a quelque chose de sacré, comme une icone byzantine par exemple)qui amène à l’académisme

  12. A Xango,
    tous les « grands peintres  » à part quelques autodidactes de génie sont passés par l’école de l’accadémisme.L’apprentissage classique de la peinture ou du dessin comme toute autre discipline artistique était basée sur la copie, ou la répétition selon l’art.Au fil des siècles cela n’a jamais semblé nuire à la créativité de quiconque.Voyez même l’iconographie qui est encadrée de canons très strictes et fonctionne systématiquement à base de copies n’empêche nullement de personnaliser son oeuvre et de retrouver la « patte » du Maître, d’ailleurs vous finissez par en convenir en partie II.
    La partie I, excusez-moi, mais cela « craint » un peu plus . Je manque sans doute de culture, mais je n’ai jamais pris Napoléon ou Mussolini pour des artistes.Pour Napoléon que je connais un peu mieux que le second, je l’ai toujours tenu pour un fou sanguinaire , produit pur sang des Lumières. Son oeuvre globale n’a rien d’une oeuvre d’art, c’est le début de la destruction de l’Europe Chrétienne, la mise en pratique à grande échelle de l’utilitarisme des Lumières à légard de l’homme,utilisé chez lui comme chair à canons . Bref il est un ancêtre , avec des méthodes archaïques de nos destructeurs contemporains d’embryons.Nous sommes donc à mille lieues de la finalité de l’art qui en philosophie chrétienne est de rendre grâce à Dieu de ses bienfaits et de participer à sa gloire.Exit Napoléon et tous les « poètes » de ce style.
    Mais trêve de théorie,ami Xango , en art, comme pour la prière, rien ne vaut la pratique, n’est-ce pas ?

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