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Bioéthique

Bioéthique : le Sénat rétablit l’interdiction de la recherche sur l’embryon avec dérogations

Cet après-midi, les sénateurs sont revenus sur le texte adopté en commission et notamment sur l'article 23, qui est désormais rédigé ainsi :

E "La recherche sur l'embryon humain, les cellules souches embryonnaires et les lignées de cellules souches est interdite.

« II. – Par dérogation au I, la recherche est autorisée si les conditions suivantes sont réunies : 

« – la pertinence scientifique du projet de recherche est établie ;

« – la recherche est susceptible de permettre des progrès médicaux majeurs [la loi actuelle parlait de projets thérapeutiques NDMJ];

« – il est expressément établi qu'il est impossible de parvenir au résultat escompté par le biais d'une recherche ne recourant pas à des embryons humains, des cellules souches embryonnaires ou des lignées de cellules souches ;

« – le projet de recherche et les conditions de mise en œuvre du protocole respectent les principes éthiques relatifs à la recherche sur l'embryon et les cellules souches embryonnaires.

« Les recherches alternatives à celles sur l'embryon humain et conformes à l'éthique doivent être favorisées.

« III. – Une recherche ne peut être menée qu'à partir d'embryons conçus in vitro dans le cadre d'une assistance médicale à la procréation et qui ne font plus l'objet d'un projet parental. La recherche ne peut être effectuée qu'avec le consentement écrit préalable du couple dont les embryons sont issus, ou du membre survivant de ce couple, par ailleurs dûment informés des possibilités d'accueil des embryons par un autre couple ou d'arrêt de leur conservation. Dans le cas où le couple, ou le membre survivant du couple, consent à ce que ses embryons surnuméraires fassent l'objet de recherches, il est informé de la nature des recherches projetées afin de lui permettre de donner un consentement libre et éclairé. À l'exception des situations mentionnées au dernier alinéa de l'article L. 2131-4 et au troisième alinéa de l'article L. 2141-3, le consentement doit être confirmé à l'issue d'un délai de réflexion de trois mois. Dans tous les cas, le consentement des deux membres du couple, ou du membre survivant du couple, est révocable sans motif tant que les recherches n'ont pas débuté.

« IV. – Les protocoles de recherche sont autorisés par l'Agence de la biomédecine après vérification que les conditions posées aux II et III du présent article sont satisfaites. La décision motivée de l'agence, assortie de l'avis également motivé du conseil d'orientation, est communiquée aux ministres chargés de la santé et de la recherche qui peuvent, lorsque la décision autorise un protocole, interdire ou suspendre la réalisation de ce protocole si une ou plusieurs des conditions posées aux II et III ne sont pas satisfaites.

« En cas de violation des prescriptions législatives et réglementaires ou de celles fixées par l'autorisation, l'agence suspend l'autorisation de la recherche ou la retire. Les ministres chargés de la santé et de la recherche peuvent, en cas de refus d'un protocole de recherche par l'agence, demander à celle-ci, dans l'intérêt de la santé publique ou de la recherche scientifique, de procéder dans un délai de trente jours à un nouvel examen du dossier ayant servi de fondement à la décision.

« V. – Les embryons sur lesquels une recherche a été conduite ne peuvent être transférés à des fins de gestation.

« VI. – À titre exceptionnel, des études sur les embryons, visant notamment à développer les soins au bénéfice de l'embryon et améliorer les techniques d'assistance médicale à la procréation, ne portant pas atteinte à l'embryon peuvent être conduites avant et après leur transfert à des fins de gestation, si le couple y consent, dans les conditions fixées au IV. »"

Soulignons que ce texte, issu d'un amendement déposé par Jean-Claude Gaudin, a été voté de justesse, par 164 voix contre 161 !

Le vote sur l'ensemble du projet de loi doit intervenir dans les prochaines heures.

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4 commentaires

  1. ouf on a eu chaud, les lobbying, chaines de prières en tout genre ont porté leur fruit. Tachons maintenant de remercier ceux qui ont eu le courage de revenir sur ce texte!

  2. Je ne suis pas spécialiste, mais ces évolutions me semblent aller dans le bon sens, même s’il ne faut pas oublier qu’in fine, la recherche sur les embryons est intrinsèquement condamnable et qu’aucune dérogation ne devrait pouvoir être tolérée. Mais chaque chose en son temps.

  3. On peut supposer que sera confié à une commission spécialement constituée le soin de juger de la conformité du projet de recherche aux conditions de la dérogation.
    Ce qui signfie que la loi se dépouille dès aujourd’hui de sa force au profit d’une commission dont les membres seront nommés par qui…?
    Tant de suspens, et la satisfaction d’un malgré tout heureux résultat d’un vote serré, pour gagner encore un peu de temps, mais combien exactement ?
    Oh ! La loi est passée…

  4. Encore un coup des Francs maçons c’est dans leur programme….et ça rîme a quoi, et à quoi sert le Pax, il n’a pas été inventé pour les poissons rouge.

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