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L'Eglise : Le Vatican

Bientôt un nouveau Motu proprio

Le Vatican a préparé un texte durcissant les règles de
l'Eglise catholique en cas de sévices sexuels sur des enfants et
pourrait le publier prochainement. Le document

"pourrait prévoir la réduction à l'état laïc
des prêtres pédophiles et l'obligation pour l'évêque diocésain de
dénoncer le prêtre coupable aux autorités civiles
", selon i.media.

Cette révision interviendrait "à la demande du pape qui
fut lui-même inspirateur du texte faisant autorité en la matière
", en 2001. Des changements porteraient sur les délais de prescription dans le droit canon pour les faits de pédophilie, qui passeraient de 10 à 20 ans
après l'accession à la majorité (18 ans) de la victime.

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20 commentaires

  1. Il ne devrait jamais avoir de délai de prescription pour ces affaires que ce soit pour un prêtre ou un civil.
    Les victimes, elles, ne guérissent jamais.

  2. On attend que l’éducation nationale, athée, laïque et maçonnique en fasse autant.

  3. Pas d’accord avec Malba. Au risque de choquer, je pense que l’allongement de cette prescription est une erreur. Nous voilà un peu plus dans l’ère de la victimisation et de la dénonciation.
    La victimisation car pousser à l’extrême cet état, incite la victime des méfaits à se croire encore plus sale et encore plus souillée que ce qu’elle ne l’est réellement. Il y a un moment ou pour le bien être psychologique, il est nécessaire d’oublier, c’est ce qu’a d’ailleurs très bien exprimé la victime de Polanski qui demandait elle même, l’abandon des poursuites afin de pouvoir selon sa propre expression « pouvoir tourner la page ».
    La dénonciation ensuite pour inciter encore plus la victime au désir de vengeance, ce qui est à l’antithèse de la démarche psychologique nécessaire à sa guérison. D’autre part, cette dénonciation peut être calomnieuse. On l’a vu récemment pour cet évêque belge, obligé de démissionner en pleine campagne d’accusation contre l’Eglise, alors qu’au final, il n’avait simplement mis que quelques gifles à des adolescents récalcitrants…
    Autre preuve, le suicide de cet enseignant, il y a une dizaine d’années suite à une dénonciation calomnieuse et à la remarquable intervention de S Royale, alors secrétaire d’état à l’éducation.
    Par cette décision, l’Eglise prête le flanc à ses ennemis. Elle brise le rapport lié au secret de la confession et la spécificité qui est la sienne d’avoir une juridiction propre à une institution sacrée. Bref, elle rentre un peu plus dans le sécularisme et se soumet un peu plus à la vindicte de la société moderne qui se lave la conscience en l’attaquant sur ces sujets sensibles.

  4. @ Philippe
    avez vous déjà entendu parler du travail de deuil ????
    Concernant la victime de Polanski, je pense que c’est pour ne plus être dérangé par le médias, qui campaient devant chez elle, et par conséquent dérangeaient aussi sa famille…
    La victime est souvent prise en otage psychologiquement pendant des années par la personnes qui a abusé d’elle, de plus que souvent la personne, fait parti de l’entourage proche.
    Votre raisonnement est trop rapide et subjectif.
    Les victimes de ces actes sont blessées à vie, peu d’entre elles arrivent à avoir une vie « normale », nombreuses sont celles qui passent par la dépression, l’alcool, la drogue, voir deviennent elles mêmes des violeurs ou pédophiles.
    [Votre analyse sur les médias qui dérangent les victimes est pertinente aussi dans le cas ecclésisatique, puisque l’on voit ces médias à l’affut de tout ce qui peut porter atteinte à l’Eglise. En effet, les campagnes médiatiques que nous avons subies ont-elles été vraiment profitables aux victimes ? Pas vraiment. D’autant plus que ces médias n’ont pas dit que, sur ces affaires, les tribunaux civils n’avaient pas fait leur travail.
    MJ]

  5. Selon la tradition ancienne, la « relaxe » du criminel près le juge laïc ne peut intervenir qu’après un procès canonique suivi d’une réduction à l’état laïc, réduction marquée autrefois par la peine infamante de dégradation (retrait public des vêtements sacerdotaux).
    Subsidiairement, la procédure laïque doit être suffisamment impartiale pour être envisagée. Conséquemment, l’évêché doit évidement pourvoir à la défense de son (ancien) clerc (en clair, régler les honoraires d’avocat).
    En ce qui concerne la prescription, elle est nécessaire. N’oublions pas que des souvenirs peuvent être fabriqués et avoir toutes les apparences de la vérité. Et comment juger des vieillards incapables parfois de se défendre par eux-mêmes?
    La prescription des actions civiles et publiques ne fait pas obstacle à une procédure canonique éventuelle dont la nature est essentiellement administrative.
    Le secret des procédures ecclésiastiques permet à chacun de s’exprimer paisiblement sinon librement, loin des groupes de pression. Son seul souci est principalement la splendeur de la vérité.

  6. rappelons l’intérêt de la victime qui très souvent demande la discrétion ou ne dénonce pas son agresseur par peur de la publicité.
    la dénonciation ira contre ses intérêts

  7. Bien d’accord sur le problème des médias qui au bout du compte impose une DOUBLE PEINE aux victimes….

  8. Il existe des monastères sous clôture. C’est là que devraient se retrouver les prêtres reconnus coupables, et mettre les enfants à l’abri. S’ils sont insincères, ils défroqueront d’eux-mêmes.

  9. Je ne comprends pas comment un prêtre peut être réduit à l’état laïc. S’agit il d’une peine temporaire ou bien l’Eglise « annule » t elle le sacrement de l’ordre reçu?
    Je reconnais volontiers mon ignorance en la matière. Je pensais qu’un sacrement restait valide, sauf si les conditions requises n’étaient pas remplies au moment de sa réception (ex de cas de nullité de mariage par défaut de libre arbitre par ex, etc)
    Si quelqu’un peut m’éclairer sur ce point, je lui en serais reconnaissante.

  10. @ Arwen
    Effectivement, il y a là une faiblesse étonnante du Droit canonique. Car si le sacrement de l’ordre « imprime caractère » et est donc indélébile, il est hors de question qu’un prêtre validement ordonné puisse redevenir un laïque. « L’ordination sacrée, une fois validement reçue, n’est jamais annulée » (Canon 290). Or (Canon 292) « le clerc, qui perd l’état clérical selon les dispositions du droit, perd en même temps les droit propres de l’état clérical, et il n’est plus astreint à aucune obligation de l’état clérical ». Donc le prêtre validement ordonné ne cesse jamais d’être prêtre, mais, s’il perd l’état clérical, il n’a plus ni les droits, ni les devoirs d’un prêtre… La question qui se pose, évidemment, c’est de savoir ce qui subsiste de la prêtrise quand elle ne confère plus aucun droit ni devoir spécifique. On se demanderait aussi ce qui subsisterait du sacrement du mariage pour une personne mariée qui n’aurait plus les droits ni les devoirs d’une personne mariée… Il y a une autre difficulté, et de taille : c’est que la spécificité du sacerdoce des prêtres, par rapport au sacerdoce de tous les baptisés, c’est d’être un sacerdoce ministériel. Or il n’y a rien de ministériel dans un sacerdoce auquel est retiré l’exercice du ministère ! On est donc devant une réalité qui ne dit pas son nom : le prêtre réduit à l’état laïc est simplement un prêtre qui a cessé d’être prêtre. Ce qui donne l’impression que le sacrement de l’ordination fonctionne comme une espèce de contrat indéfini, qu’une partie a le pouvoir de rompre, et l’autre pas.
    [Le Pape est au-dessus du droit canon et a ainsi le pouvoir de délier :
    « Can. 331 – L’Évêque de l’Église de Rome, en qui demeure la charge que le Seigneur a donnée d’une manière singulière à Pierre, premier des Apôtres, et qui doit être transmise à ses successeurs, est le chef du Collège des Évêques, Vicaire du Christ et Pasteur de l’Église tout entière sur cette terre; c’est pourquoi il possède dans l’Église, en vertu de sa charge, le pouvoir ordinaire, suprême, plénier, immédiat et universel qu’il peut toujours exercer librement. »
    MJ]

  11. Un prêtre l’est pour l’éternité.
    Ainsi, même réduit à l’état laïc, c’est à dire considéré comme tel par l’Eglise, il pourra confesser une personne qui serait en danger de mort si aucun prêtre n’est disponible.

  12. Je suis d’accord avec Arwen.
    L’ordre est un sacrement. Le prêtre l’est « ad vitam aeternam ». L’ordination est donc valable éternellement, contrairement au mariage qui n’est valable que jusqu’à la mort.
    Ce que Dieu a donné, Dieu ne le reprend pas. Si le mariage ne peut qu’être annulé, l’ordination ne peut donc être cassé.
    Ce qui ouvre la voie à l’annulation. Je ne connais pas le droit canon, mais une annulation provient d’un vice de consentement : erreur, dol, violence.
    En l’occurrence, pour beaucoup de prêtres pédophiles, il y a dol : l’Eglise les a ordonnés pour la mission de prêtre, mais ceux-ci le sont devenus pour assouvir leurs passions coupables.
    On en conclut donc que l’ordination de ces prêtres se base sur un dol, et est donc nul et non avenue.
    Mais c’est pur spéculation. Attendons plutôt le motu proprio.
    [Un prêtre qui perd l’état clérical conserve son sacerdoce mais ce dernier devient inopérant, inefficace, sauf en cas d’absolution d’une personne en danger de mort. La preuve en est que s’il demande à réintégrer le presbyterium, une nouvelle ordination n’est pas requise mais seulement un rescrit du Saint-Siège. Autre preuve : l’absolution valide que donne un prêtre « réduit » à quelqu’un qui est en danger de mort (application du principe de suppléance de l’Église, canon 144 du code de droit canonique).
    Depuis 1983, on utilise l’expression « perte de l’état clérical » qui peut se produire de diverses manières par sanction pénale ou par grâce reçue du Saint-Père. Auparavant, on parlait de « réduction à l’état laïc ». « Réduction » n’exprimant nullement un mépris pour les laïcs mais signifiant « reconduit à l’état laïc ».
    La perte de l’état clérical n’entraîne pas ipso facto la dispense de l’obligation du célibat. Cette dernière doit faire l’objet d’une décision supplémentaire du Saint-Père même si elle est l’objet premier de toute demande.
    C’est la dispense des obligations juridiques liées à l’ordination presbytérale qui autorise ultérieurement un mariage religieux, pas la perte de l’état clérical seule.
    Il ne faut pas confondre nullité de l’ordination sacrée et perte de l’état clérical. La nullité de l’ordination sacrée – procédure rarissime et strictement réglementée – est l’équivalent de la déclaration de nullité de mariage. La perte de l’état clérical n’est que le dénouement de liens juridiques liés à l’ordination sacrée. La confusion opère souvent chez les fidèles qui accusent l’Église de « deux poids, deux mesures » puisque, selon eux, les prêtres peuvent être « déliés de leurs vœux » alors que les gens mariés ne le peuvent pas.
    Le célibat ecclésiastique appartient à la discipline ecclésiastique de l’Église latine ; l’indissolubilité du mariage conclu et consommé est de droit divin dont nul pouvoir humain – fût-il le Pape – ne peut dispenser.
    MJ]

  13. @ MJ
    Le Pape n’a pas le pouvoir d’effacer ce qui est indélébile.
    [Il a le pouvoir de délier. MJ]

  14. @ malba
    Les victimes « ne guérissent jamais » DE QUOI ? A partir de quel âge n’est-on plus en danger d’attraper cette maladie ? 18 ans, 15, 13, selon l’âge du consentement du pays où l’on se trouve ? L’Eglise doit-elle obéir à la loi civile uniquement parce que c’est la loi civile, ou doit-elle considérer s’il y a ou non une maladie psychique qui a été causée ? L’Eglise doit-elle demander à la société civile de punir des péchés dont aucun effet nocif ne serait repérable selon l’idée que la société civile se fait de l’intégrité d’une personne ?
    J’ai la désagréable impression que ces maux catastrophiques qui suscitent tant d’horreur pour le comportement incriminé sont d’autant plus épouvantables qu’ils sont moins définis. En tout cas, sachant ce que le concept de maladie psychique est capable de contenir, au gré des idéologies, il me semble pour le moins imprudent de donner crédit aveuglément aux discours de la médecine officielle. Un jour, on dira peut-être qu’une femme a été traumatisée à vie parce qu’elle n’a pas avorté, et que l’on doit en tenir responsable le prêtre qui lui a dit que c’était un péché. Après tout, il y a déjà des crimes de manipulation psychologique, dont on rend coupables des gourous… Qu’est-ce qui empêche un Etat anticlérical de classer l’Eglise catholique dans les sectes dangereuses ? Qu’est-ce qui l’empêche de s’en justifier en alléguant des dols d’ordre psychique, que des médecins immoraux auraient découverts sur commande ?
    Ne serait-il pas plus perspicace, pour des Catholiques, de laisser les problèmes psychiques aux soins des médecins des âmes, au lieu de s’engouffrer dans des spéculations soi-disant médicales, qui sont historiquement le fruit d’une philosophie anti-chrétienne ?

  15. @ MJ
    C’est quoi, des « liens juridiques » ? Comment un prêtre pourrait-il être prêtre sans avoir une fonction de prêtre ? Les renseignements que vous donnez sont justes et bien documentés. Mais ils n’éclaircissent pas notre problème. Ce n’est pas en comptant sur l’hypothétique occasion d’absoudre un pénitent en danger de mort, qu’un prêtre a une vie sacerdotale. L’ordination a pour raison d’être une mission. L’imposition des mains est en quelque sorte la reconnaissance d’une aptitude pour une certaine fonction au service de la communauté. Alors, soit cette aptitude est transitoire et l’ordination est provisoire ; soit l’ordination est permanente, et l’aptitude est garantie par la grâce de l’ordination. La « grâce d’état », comme on disait autrefois.
    Quand à dire que le Saint Père est au-dessus du Droit canon, oui, on peut le dire, puisque c’est lui qui le promulgue. Mais le Saint Père n’est pas au-dessus du principe de non-contradiction. Et il n’est pas, de toute manière, au-dessus des dogmes de l’Eglise. Personne ne met en doute que le sacrement de l’ordre soit indélébile. C’est une question de dogme, pas de discipline ou de pastorale. Dites-nous, pour notre instruction, ce que continue de faire validement un prêtre réduit à l’état laïque, hormis confesser un pénitent en danger de mort. La question est importante, car reconnaître à l’autorité ecclésiastique le droit de se défaire d’un prêtre, ce n’est pas une petite affaire. Les jeunes qui s’engagent dans la prêtrise entendent bien, je crois, s’embarquer dans un bateau d’où ils ne vont pas être jetés à la mer.
    [Une fois délié, le prêtre n’a plus de vie sacerdotale et n’a plus le droit d’exercer, sauf cas extrême. L’ordination n’est pas provisoire, mais le Pape a le pouvoir de relever le prêtre de ses droits (célébrer…) et de ses obligations, d’où la « réduction à l’état laïc ». Le prêtre ainsi réduit peut redemander à exercer, mais il doit demander l’autorisation. Sinon, il ne peut rien faire (sauf la confession en cas de nécessité) car l’Eglise est un corps dont les membres ne peuvent agir sans accord de la tête.
    MJ]

  16. @ Gustave Minet
    parlez vous de la même chose que moi ?
    une personne violée adulte ou enfant ne subit aucune conséquence psychique, psychologique et autres ?
    Pour être plus claire :
    – toute personne ayant abusé d’une autre doit être puni
    – tout procès doit se faire dans la plus grande discrétion pour préserver les victimes.

  17. @ Tardiff
    Que des prêtres pédophiles soient devenus prêtres pour assouvir leurs passions coupables, ce n’est pas absolument impossible, mais très, très invraisemblable. Je crois plutôt que, s’ils avaient cette inclination avant d’être ordonnés, dans le pire des cas, ils espéraient que la vie sacerdotale ne les empêcherait pas de s’octroyer de temps en temps des plaisirs que, dans leur for intérieur, ils jugeaient innocents ou très légèrement coupables. Mais ces âmes peu scrupuleuses sont certainement assez rares. Dans la plupart des cas, les prêtres qui avaient cette tendance, ou bien n’en étaient pas conscients, ou bien avaient l’intention de ne jamais y céder. Mais la faiblesse de la chair, les embûches du Diable, et très souvent les mauvais exemples ont réussi à miner leurs bons propos. Et puis, il y a eu l’occasion… La première occasion n’était pas recherchée, peut-être. Elle s’est présentée, comme un fruit appétissant à portée de la main. La chaleur du sang, un moment de tristesse, un enfant trop affectueux qui semblait attendre et même quémander un intérêt particulier et exclusif, la pensée que ce qu’il pourrait y avoir de trouble dans une plus grande intimité resterait ambigu, bref, des circonstances auront fait qu’une porte bien fermée soit entrouverte. Et ensuite, les choses s’enchaînent et s’accélèrent. Et si un premier péché est commis en toute impunité, la peur d’en commettre un deuxième est moins forte. Je ne cherche pas à justifier, mais à montrer comment le mal arrive à s’insinuer. Et je parlais des mauvais exemples. Oui, cela peut arriver qu’un prêtre qui aurait pu être retenu par les bons conseils d’un confrère plus âgé, ait été, au contraire, poussé sur sa mauvaise pente en découvrant que sa rigueur morale était considérée par des prêtres plus anciens comme une bizarrerie à moitié ridicule. Il y a parfois, hélas, une vie cléricale « en coulisses » qui ne s’accorde pas avec ce qui est affiché en public. Des copains prêtres se réunissent pour boire, plaisanter, se moquer de l’évêque, « rigoler ». C’est fraternel, pense-t-on. On voit ensemble de mauvais films, et puis voilà, on s’habitue à penser que le lourd travail pastoral mérite des consolations « humaines ». Je crois que la grande majorité des problèmes de pédophilie dans le clergé sont nés comme cela, d’une sorte de contagion du laxisme, dans des milieux sacerdotaux désorientés.
    C’est pourquoi il me semble excessif de désespérer d’un prêtre pédophile au point de le jeter hors de l’état clérical. Et je serais tenté de dire qu’un peu injuste, compte tenu de l’atmosphère pas très ascétique du clergé séculier (et régulier, souvent) pendant ces dernières décades. Que l’on veuille faire du ménage, bien. Mais pas comme cela. La pédophilie n’est qu’une modalité possible du péché scandaleux. Il y en a bien d’autres. Il faudrait aller à la racine du mal, d’un mal protéiforme, et qui saura toujours trouver une mutation nouvelle, pour continuer d’humilier l’Eglise. La racine du mal, je la vois dans la mauvaise théologie. Ce n’est pas seulement un retour aux anciens rites qui va réformer l’Eglise. Ce sera aussi un retour à sa pensée traditionnelle.

  18. Merci à ceux ou celles qui ont eu la gentillesse de m’éclairer.
    Une question encore si vous le permettez, plus spécifiquement adressée à Michel Janva.
    Vous dites plus haut: « C’est la dispense des obligations juridiques liées à l’ordination presbytérale qui autorise ultérieurement un mariage religieux, pas la perte de l’état clérical seule. »
    J’ai peur d’avoir mal compris cela. Est-de à dire qu’un prêtre, « réduit » à l’état laïc (mais dont le sacrement d’ordre est bien considéré toujours comme valide) pourrait se marier religieusement?
    L’Eglise admet-elle, par dispense, spéciale, qu’un prêtre puisse contracter des liens valides de mariage??
    [Oui. Et c’est en général la principale raison de la réduction à l’état laïc ces dernières années. MJ]

  19. @ Gustave Minet
    Absolument d’accord avec vous. Les problèmes de pédophilie, que l’on veut résoudre, à juste titre, sont l’effet d’un défaut de formation sacerdotale, que personne, en France du moins, ne veut résoudre.
    Le problème de la pédophilie est à prendre très au sérieux, certes, mais je crains que l’Eglise ne perde son sang-froid et ne se mette trop à la remorque de la société civile, qui réclame des coupables à tout prix.
    La notion de pédophilie est très vague. A cause de ce manque de précision , l’évaluation morale exacte des délits s’en trouve empêchée. on jette dans le même sac, et dans le même opprobre, des actes commis sur un garçon de 9 ans avec des désordres avec une jeune fille de 17 ans.Il ne s’agit pas d’excuser quoi que ce soit, mais de mettre en exergue des situations qui ne relèvent pas du tout des mêmes pathologies. On peut comprendre une réduction à l’état laïc dans le premier cas, mais le deuxième ne relève-t-il pas des péchés de faiblesse absolvables? Or, dans l’esprit public, tout est mis, injustement au même niveau.Peut-on prêcher la miséricorde et en même temps refuser à un prêtre toute possibilité de rachat? Il ne faut pas jeter les prêtres coupables, sans discernement, en pâture aux tribunaux civils. l’Eglise a les siens propres, parce qu’elle est une société parfaite et qu’elle est capable de rendre une justice équitable pour ses membres. Il existe un droit pénal ecclésiastique. Mais voilà, il a été de bon ton, depuis des années, de le ridiculiser et de ne plus l’enseigner dans les séminaires, ni de l’appliquer dans les diocèses. on ne voulait plus du droit canonique, au nom d’une Eglise fraternelle et spontanée…
    Il y a une contamination possible du mal, qui se fait par une ambiance laxiste générale, mais aussi par le fait de parler excessivement de certains comportements. Le diable triomphe aussi quand tout se focalise sur le mal. Ce battage médiatique autour de la pédophilie favorise des passages à l’acte en accréditant l’idée d’une généralisation de ce comportement.
    Il faut traiter les délinquants au cas par cas, par une application rigoureuse du droit canonique. Il existe en effet des peines possibles de mise au secret dans des monastères, où le prêtre coupable peut continuer de célébrer la messe, prier et faire pénitence. Pourquoi briser irrémédiablement des vies sacerdotales? Châtier, oui. Protéger les victimes potentielles, oui. Conjurer les effets sans se préoccuper des causes? Non, trois fois non. Ces affaires douloureuses devraient être pour tous les chrétiens l’occasion de faire un examen de conscience sur leur propre façon de vivre l’ascèse, la chasteté. Les prêtres y sont appelés à un titre spécial, mais les autres fidèles n’en sont pas dispensés. Nous sommes tous associés les uns aux autres dans le mystère de la communion des saints. Chacune de nos victoires profitent aux autres, mais nos défaites ont des retentissements secrets sur la sainteté des autres.

  20. Décidément, je n’y comprends plus rien.
    Comment l’Eglise peut-elle administrer deux sacrements « contradictoires »?
    Le terme est mal choisi mais, si le prêtre reste toujours prêtre, même réduit à l’état laïc pour diverses graves raisons, comment peut-il s’engager en vérité dans une voie faussée dès le départ?
    Ne respectant pas sa vocation première et le célibat qui y est attché, comment pourrait-il désirer faire la volonté de Dieu dans un mariage saint?
    L’Eglise ne peut bénir et reconnaître une telle union il me semble?
    Merci encore de votre patience….

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