Benoît XVI cherche le vrai, avec une insolence polie et naturelle

Philippe Ariño, essayiste de 32 ans, témoigne dans Famille chrétienne sur Benoît XVI :

"Benoît XVI est l’homme de ma formation philosophique et de ma pensée d’adulte. J’avais 25 ans quand il a été nommé à la tête du Vatican, mais je le connaissais d’avant, grâce aux documents de la Congrégation de la doctrine de la foi,
qui me semblaient d’une grande finesse, en particulier sur les
questions d’homosexualité. J’étais donc préparé à ne pas me laisser
influencer par les très mauvaises caricatures qu’en ont faites au départ
les mass media. Les journaux le disaient austère, rétrograde, trop âgé,
pas aussi sexy et pop que Jean-Paul II. Certains de mes proches le
méprisaient tout autant, mais sous couvert de bienveillance : “Il ne sera pas assez solide pour son époque !”, disaient-ils, défaitistes. Moi, je l’ai aimé dès le départ.
Arbitrairement. Pendant que mon entourage homosexuel ou catholique se
déchaînait contre lui, par stupeur ou ironie de le voir prêter moins
d’importance aux images qu’eux, je ne rentrais jamais dans la polémique.
Au contraire, je me taisais, dans une paix et un amusement qui devaient
désarçonner mes interlocuteurs. Je laissais entendre avec un sourire
confiant qu’ils n’arriveraient pas, malgré toute la bonne volonté du
monde, à m’offusquer de ce que “mon” Pape aurait encore sorti comme “ânerie”. Ah bon, il aurait dit ça sur le préservatif dans
l’avion vers l’Afrique ? Si ça vous chante. Je vérifierai sur internet.
Ah bon, il aurait soutenu des évêques intégristes ? Je regarderai dans
le texte (et je ne vérifiais pas toujours…). Dès qu’il s’agissait de Benoît XVI, bizarrement, sans le savoir, j’étais doux et sourd comme un pot. Benoît XVI se moque du paraître : il cherche le vrai, avec une insolence polie et naturelle. Je
l’imitais. Le contraire de mes manières de réagir : normalement, je
finis les phrases et les idées à la place de ceux qui les énoncent, je
sors les ongles et je me bats comme une hyène. Quel talent ! Il a même réussi à me faire revenir aux JMJ de Madrid. "

6 réflexions au sujet de « Benoît XVI cherche le vrai, avec une insolence polie et naturelle »

  1. CV

    Témoignage intéressant, mais je suis outrée par le titre de l’article de FC, que vous avez eu la délicatesse de ne pas reprendre: P. Arino, HOMOSEXUEL.
    N’est ce pas en tant que chrétien que ce monsieur témoigne? Devrait-je bientôt dévoiler ma vie sexuelle pour être entendue avec intérêt par les cathos… Vous allez être déçus, je ne signerai pas d’un adjectif qui indique avec qui et combien de fois je couche!!!

  2. Exupéry

    D’accord avec CV
    Le politiquement correct a réussi à imposer une partie de ses poncifs révérencieux, même aux meilleurs catholiques.
    Ces temps-ci, dans les média cathos, on voit beaucoup vanter les (généralement satisfaisantes) prises de position de Philippe Ariño et de Frigide Bardot … pourquoi pas.
    Mais tout se passe comme si un message catho était plus à même d’être convaincant parce qu’il provient d’un homosexuel ou d’une “fêtarde noctambule”, un peu comme si les valeurs évangéliques étaient plus goûteuses assorties d’un peu d’épices sulfureuses !
    Cherchez l’erreur.

  3. Antoine

    CV a raison, le titre n’est pas correct. Parceque ce titre enferme la personne dans une définition réductrice. Et joue grossièrement sur une curiosité malsaine pour attirer l’oeil du lecteur.
    @Fleur : vous avez mal lu, ce simple témoignage d’affection au pape parle surtout de Benoit XVI. L’ayant mal lu, et bien que concis, ce texte vous a cependant fatiguée. Et vous tenez à faire savoir aux lecteurs votre fatigue. N’hésitez pas à nous tenir informés régulièrement de vos états d’âme.

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