Avortement et dénaturation du mariage : des atteintes à la paix

Aujourd'hui a été publié le message de Benoît XVI pour la journée mondiale de la paix, le 1er janvier 2013. En voici des extraits :

B"L’éthique de la paix est une éthique de la
communion et du partage. Il est alors indispensable que les différentes
cultures contemporaines dépassent les anthropologies et les éthiques
fondées sur des présupposés théorico-pratiques surtout subjectifs et
pragmatiques
, au nom desquels les relations de cohabitation sont
inspirés par des critères de pouvoir ou de profit, où les moyens
deviennent des fins et vice-versa, où la culture et l’éducation sont
seulement centrées sur les instruments, sur la technique et sur
l’efficience. Le démantèlement de la dictature du relativisme et de
l’adoption d’une morale totalement autonome qui interdit la
reconnaissance de l’incontournable loi morale naturelle inscrite par
Dieu dans la conscience de chaque homme est une condition nécessaire de
la paix
. La paix est construction d’un vivre-ensemble en termes
rationnels et moraux, s’appuyant sur un fondement dont la mesure n’est
pas créée par l’homme mais par Dieu même. « Le Seigneur donne la
puissance à son peuple, le Seigneur bénit son peuple dans la paix »,
rappelle le Psaume 29 (v.11). […]

Le chemin de réalisation du bien commun et de la paix est
avant tout le respect pour la vie humaine
, considérée dans la variété de
ses aspects, à commencer par sa conception, dans son développement, et
jusqu’à son terme naturel
. Les vrais artisans de paix sont alors ceux
qui aiment, défendent et promeuvent la vie humaine
en toutes ses
dimensions : personnelle, communautaire et transcendante. La vie en
plénitude est le sommet de la paix. Qui veut la paix ne peut tolérer des
atteintes ou des crimes contre la vie.

Ceux qui n’apprécient pas suffisamment la valeur de la vie
humaine et, par conséquent, soutiennent la libéralisation de
l’avortement par exemple, ne se rendent peut-être pas compte que de
cette façon ils proposent la recherche d’une paix illusoire
. La fuite
des responsabilités qui avilit la personne humaine et, encore davantage,
le meurtre d’un être sans défense et innocent, ne pourront jamais
produire ni bonheur ni paix. Comment peut-on penser en effet construire
la paix, le développement intégral des peuples ou la sauvegarde même de
l’environnement sans que soit défendu le droit des plus faibles à la
vie, à commencer par les enfants à naître ?
Toute atteinte à la vie, en
particulier à son origine, provoque inévitablement des dégâts
irréparables pour le développement, pour la paix, pour l’environnement.
Il n’est pas juste non plus de codifier de manière sournoise de faux
droits ou des abus qui, fondés sur une vision réductrice et relativiste
de l’être humain et sur l’utilisation habile d’expressions ambiguës
destinées à favoriser un prétendu droit à l’avortement et à
l’euthanasie, menacent le droit fondamental à la vie.

La structure naturelle du mariage doit être aussi reconnue et
promue, c’est-à-dire l’union entre un homme et une femme, face aux
tentatives de la rendre juridiquement équivalente à des formes
radicalement différentes d’union qui, en réalité, la dénaturent et
contribuent à la déstabiliser, éclipsant son caractère particulier et
son rôle social irremplaçable.

Ces principes ne sont pas des vérités de foi ; ils ne sont pas
non plus seulement une conséquence du droit à la liberté religieuse. Ils
sont inscrits dans la nature humaine elle-même, identifiables par la
raison, et donc communs à toute l’humanité. L’action de l’Église en
faveur de leur promotion ne revêt donc pas un caractère confessionnel
mais s’adresse à toutes les personnes, quelle que soit leur appartenance
religieuse. Cette action est d’autant plus nécessaire que ces principes
sont niés ou mal compris, car cela constitue une offense faite à la
vérité de la personne humaine, une grave blessure infligée à la justice
et à la paix.

C’est pourquoi la reconnaissance par les ordonnancements
juridiques et par l’administration de la justice du droit à l’usage du
principe d’objection de conscience face à des lois et à des mesures
gouvernementales portant atteintes à la dignité humaine, comme
l’avortement et l’euthanasie, est aussi une importante contribution à la
paix.
[…]

Personne ne peut ignorer ou sous-évaluer le rôle décisif de la
famille, cellule de base de la société du point de vue démographique,
éthique, pédagogique, économique et politique.
Elle a une vocation
naturelle à promouvoir la vie : elle accompagne les personnes dans leur
croissance et les incite au développement mutuel par l’entraide
réciproque. La famille chrétienne, tout particulièrement, porte en elle
le projet embryonnaire de l’éducation des personnes à la mesure de
l’amour divin. La famille est un des sujets sociaux indispensables à la
réalisation d’une culture de la paix. Il faut protéger le droit des
parents et leur rôle premier dans l’éducation des enfants, tout d’abord
dans le domaine moral et religieux
. Dans la famille, naissent et
grandissent les artisans de paix, les futurs promoteurs d’une culture de
la vie et de l’amour."

2 réflexions au sujet de « Avortement et dénaturation du mariage : des atteintes à la paix »

  1. xenophon

    merveilleux berger qui nous rappelle dans une langue d’une clarté éblouissante ce qu’est la doctrine catholique dans ce domaine en particulier!
    L’objection de conscience doit devenir une règle dans tous les cas où la culture de mort est mise en avant.
    Relisons ce texte pour s’en imprégner en vue du 13 Janvier!

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