Autriche : l’élection présidentielle n’est peut-être pas terminée

En raison des nombreuses irrégularités, trois recours viennent d'être déposés :

"Le FPÖ a, par la voix de son président HC Strache, annoncé dans sa conférence de presse qu’il contestait officiellement la validité de l’élection présidentielle du 22 mai 2016. Le recours en nullité de 150 pages élaboré par le cabinet d’avocats Böhmdorfer et Schender a en fait été déposé hier soir auprès de la Cour constitutionnelle autrichienne (VfGH). Des infractions à la loi auraient été commises dans 94 des 117 commissions électorales, ont fait savoir HC Strache et les deux avocats Dieter Böhmdorfer, ancien ministre de la Justice, et Rüdiger Schender, ancien député fédéral.

« Dans 82 districts, les cartes de vote par correspondance ont été pré-triées avant l’arrivée des représentants de la commission électorale avec des cartes d’électeur associées et non associées. Cela concerne 573.275 cartes de votes reçues, dont 31.814 ont été annulées lors du pré-triage. Ce qui justifie d’emblée une certaine méfiance », a fait valoir HC Strache. Dans 11 commissions électorales de district, les enveloppes de votes par correspondance ont été ouvertes avant même que ne débute le dépouillement et, dans certains cas, le bulletin de vote a été enlevé de son enveloppe. Sont concernées 80.953 cartes de votes. Dans quatre commissions électorales de district, les voix des cartes d’électeurs avaient été décomptées avant le début de la session ; ce qui touche 30.295 cartes d’électeurs. Dans sept commissions électorales de district, le dénombrement n’a pas été effectué par les commissions électorales de district, mais par des personnes non autorisées, ce qui affecte 58.374 cartes de vote. »

Le FPÖ a, sur sa page d’accueil Internet, publié un résumé des points les plus importants du recours, et a retransmis la conférence de presse sur sa page Facebook.

En réponse à Van der Bellen, Strache martela : « Nous ne sommes pas de mauvais perdants, mais il y va des droits fondamentaux de la démocratie qui doivent être garantis. » « Sans ces pannes et ces irrégularités, Hofer aurait pu être élu », lança-t-il. « Ce qui est formulé [dans le recours] est largement suffisant », ajouta Böhmdorfer, pour qui le recours a toutes les chances d’aboutir. La Cour constitutionnelle serait très rigoureuse sur les questions touchant à la mise sous scellés et au comptage réalisé de façon incontrôlée par des personnes non autorisées.

En réalité, la Cour constitutionnelle a été saisie de trois recours : l’un par Strache en qualité de mandataire, l’un par le candidat Norbert Hofer et le troisième par Christoph Luisser, avocat de Biedermannsdorf et l’un des 2,22 millions d’électeurs de Norbert Hofer qui s’opposent au résultat de l’élection.

Trois scénarios seraient favorables au FPÖ : un recomptage des voix, une nouvelle élection soit totale, soit partielle. En raison de l’ampleur des fautes commises, HC Strache tient « pour réalistes de nouvelles élections »."

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