Autriche : l’analyse décevante de Jacques Sapir

Unknown-9Suite à l'échec du candidat de droite en Autriche, Jacques Sapir a rédigé une analyse dans laquelle il prétend tirer les leçons de cet échec. Echec bien relatif puisqu'il manquait quelques dizaines de milliers de voix seulement.

On lit dans cette pseudo-analyse, cette critique qui touche de près la vie interne du Front National :

"La seconde raison provient de positionnement clivant sur des sujets « sociétaux ». Or, une partie importante de l’opinion est particulièrement sensibles à ces sujets, non qu’elle y attache une valeur fondamentale mais simplement parce-que ces sujets constituent des « marqueurs » dans une société ouverte. Ainsi, les sujets sociétaux n’entraineront jamais un vote d‘adhésion mais tout ce qui pourrait paraître comme des positions intolérantes inquiète suffisamment une partie majoritaire de l’électorat."

Jacques Sapir devait être absent du territoire français ces dernières années puisqu'il n'a visiblement pas connu l'énorme mouvement populaire de soutien à la famille.

Mais ce qui frappe surtout dans cette pseudo-analyse, c'est l'absence totale des notions d'immigration et d'islam. Comment peut-on prétendre rédiger une analyse électorale de l'Autriche sans mentionner une seule fois le problème migratoire qui déferle sur l'Europe et particulièrement l'Europe centrale ? Il y a là une impasse déconcertante, voire aveuglante. Et certains proches de Florian Philippot (David Masson-Weyl par exemple) saluent la pertinence de cette analyse… De même, sur Boulevard Voltaire, Eric Miné, soutien de Marine Le Pen, écarte d'emblée les sujets dits de société (la fameuse culture du bonsaï).

Face à ces politologues bien souvent englués uniquement sur la sortie de l'euro (tels des marxistes qui font de l'économie le b-a ba de la politique), nous avons heureusement des analystes plus crédibles, comme Jean-Yves Le Gallou, déjà mentionné, qui montre l'importance de l'identité et des valeurs, ou encore Jean Sévillia, qui écrit dans Le Figarovox :

"[…] Norbert Hofer a fait campagne sur le patriotisme autrichien, sentiment qu'il ancre sur l'euroscepticisme et sur l'inquiétude de ses compatriotes face aux flux migratoires qui traversent l'Europe et que la politique d'Angela Merkel a accélérés. Le FPÖ a gouverné l'Autriche au niveau fédéral avec les conservateurs de l'ÖVP entre 2000 et 2006: l'Europe, qui avait pris des sanctions, devaient les lever au bout de quelques mois, quand il fallut bien s'apercevoir que l'Autriche restait l'Autriche… Dans le Burgenland, région de Norbert Hofer, le candidat FPÖ battu à la présidentielle, les socialistes gouvernent avec les élus du FPÖ. Pour les amateurs d'analogie à tout prix, ce serait donc comme si le PS et le FN gouvernaient ensemble une région française. Inconcevable? C'est donc que l'analogie est fausse. […] 

Ceux qui s'intéressent à ce qui se joue dans les profondeurs du continent feraient bien de continuer à suivre ce qui se passe en Autriche. Ce n'est pas pour rien que ce pays se trouve au centre de l'Europe: il est un réceptacle de tout ce qui s'y passe."

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