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L'Eglise : Vie de l'Eglise / Pays : Etats-Unis

Application de Traditionis custodes : des évêques dans une impasse

Application de Traditionis custodes : des évêques dans une impasse

Près d’un an après sa publication, de nombreux diocèses américains travaillent encore sur des plans pour mettre en œuvre Traditionis custodes. Mais certains archidiocèses ont eu du mal à se décider : il faut à la fois écouter les communautés locales et restreindre une forme liturgique qu’un certain nombre de catholiques pratiquants considèrent comme importante. Ce défi est illustré dans l’archidiocèse de Washington.

Plusieurs prêtres de l’archidiocèse ont déclaré cette semaine que le cardinal Wilton Gregory a approuvé un plan de mise en œuvre de Traditionis custodes dans l’archidiocèse il y a plusieurs semaines, mais qu’il n’a pas encore publié. Plusieurs membres du clergé ont déclaré que ce plan interdira effectivement la célébration de la forme extraordinaire de la messe dans toute église archidiocésaine ou paroissiale, mais permettra une seule célébration hebdomadaire dans une église située sur les terrains du monastère franciscain dans le quartier de Brookland, à Washington.

“Le cardinal a été clair : ‘Nous allons faire ce que le pape demande, ce qui signifie pas de messe en forme extraordinaire dans les églises paroissiales”.

Mais le texte n’est pas encore rendu public. Une source proche de la chancellerie a attribué ce retard à l’engagement de Mgr Gregory à écouter les réactions des prêtres de l’archidiocèse et de la communauté catholique locale, dans le cadre des sessions d’écoute synodales de l’archidiocèse qui se sont terminées fin mai. Les résultats de ces sessions sont en cours d’élaboration, mais il est difficile de savoir dans quelle mesure leurs conclusions pourraient modifier les plans de l’archidiocèse.

Selon un compte-rendu publié le mois dernier, des membres de la paroisse de St. François de Sales à Washington ont organisé une veillée à l’extérieur de la session synodale à laquelle Mgr Gregory a participé le 14 mai. Les participants à la veillée ont demandé au cardinal de reconsidérer le projet de supprimer la célébration de la FE dans cette paroisse, une célébration qui, selon plusieurs paroissiens, représente la majorité des participants à la messe hebdomadaire de la paroisse. Une déléguée synodale, veuve depuis peu et mère de sept enfants, aurait déclaré au cardinal devant l’assemblée synodale : “Je viens d’enterrer mon mari il y a deux jours, ne me faites pas perdre ma paroisse“.

Si ce genre de réaction est à l’œuvre dans les consultations archidiocésaines, un évêque comme Mgr Gregory pourrait se trouver dans une situation délicate : désireux d’écouter la consultation synodale, comme l’a demandé le pape, tout en étant désireux de mettre en œuvre la vision liturgique du pape dans son propre archidiocèse.

Les chiffres de fréquentation hebdomadaire laissent entendre que certaines paroisses, comme St. François, pourraient avoir du mal à rester viables si la forme extraordinaire était supprimée de la paroisse. “C’est vraiment ironique”, a déclaré un prêtre de l’archidiocèse qui ne célèbre pas la messe en forme extraordinaire dans sa paroisse :

“le raisonnement est que Traditionis custodes exige que l’ancienne messe ne soit pas célébrée dans les églises paroissiales. Mais la fermeture de l’ancienne messe dans certains de ces lieux entraînera la fermeture de la paroisse également. Quelle communauté cela est-il censé servir, exactement ?”

“Tout le clergé du diocèse sait que ce sera l’effet, personne ne voit le besoin ou le bénéfice, pastoralement parlant, mais je ne pense pas qu’une quantité d”écoute’ et de ‘réflexion’ va faire bouger l’aiguille.”

Un prêtre proche de la chancellerie de l’archidiocèse a confié que Washington et le cardinal sont “acculés” à la mise en œuvre de Traditionis custodes.

“C’est la capitale. Il y a ici une petite communauté de liturgie traditionnelle, mais très visible, et tout le monde regarde”.

“Je pense que le cardinal est dans une impasse. Que doit-il faire ? Si vous ne respectez pas la lettre de la loi, vous aurez l’impression d’ignorer le pape – et de donner l’exemple aux autres pour qu’ils fassent de même. Si vous le faites sans écouter votre propre clergé et les participants aux sessions synodales, vous vous montrez impassible et vous ne suivez pas non plus l’exemple du pape.”

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4 commentaires

  1. Dans les 10 outils d’aide à la confusion du KGB, l’outil no4 est “La théorie du fil de fer”. On le tord dans un sens puis dans l’autre jusqu’à ce qu’il casse : de même, on impose deux idées qui s’interdisent mutuellement. Une forme de double-impasse. L’acteur est bloqué et demande de l’aide à la décision de telle sorte qu’il abandonne peu à peu toutes ses prérogatives. L’évêque, qui jouissait d’un pouvoir de direction dans son diocèse depuis des siècles, est aujourd’hui dirigé rênes courtes par la conférence des évêques du pays, elle-même soumise aux diktats du bonhomme François.

  2. C’est pourtant simple a comprendre :

    Dingoglio veut supprimer la messe qui a formé 80 générations de catholiques
    et instaurer le culte de la Pachamama.
    Dans le meilleur esprit de Vatican II et d’Assise.

  3. Quel pélerinage, autre que celui de Paris à Chartes à la Pentecôte dernière, rassemble plus de douze mille catholiques, marchant en trois jours plus de cent kilomètres?
    Et cette année, par des intempéries qui auraient découragé plus d’un… Un témoignage extraordinaire!
    Est-ce un hasard si ce sont des fidèles de la forme récemment encore dite extraordinaire?

  4. S’il veut suivre l’exemple de François, il lui suffit d’être incohérent et méchant.

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