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France : Société / Valeurs chrétiennes : Education

Anne Coffinier face au laïciste Jean-Paul Brighelli

Jean-Paul Brighelli l'admet lui-même d'entrée de jeu : jusqu'à cet interview d'Anne Coffinier il y a quelques jours, il n'avait "encore jamais consacré de chronique à l'école privée, qui scolarise pourtant en France près de 20 % des élèves." L'article offre une présentation assez complète du système des écoles hors contrat et de la Fondation pour l'école. Un passage sur la laïcité :

"Jean-Paul Brighelli : Les récents événements, la montée du djihadisme en France, ont amené bien des commentateurs (moi-même, en l'occurrence) à insister sur la nécessité d'en revenir à une laïcité dure, dont le ressort majeur ne serait pas des prêches sur le "vivre ensemble", mais un recours massif à la transmission des savoirs. Où vous situez-vous dans ce débat ? Le caractère "libre" de vos écoles implique-t-il une adhésion religieuse ?

Anne Coffinier : Je ne vois pas pourquoi vous liez retour à une laïcité dure et retour à l'instruction. Ce sont deux sujets différents. Nous sommes convaincus comme vous que la solution au fanatisme et à la violence réside dans le savoir, la formation de l'intelligence et donc de la raison. L'Éducation nationale a beaucoup perdu en ce domaine, en renonçant beaucoup trop à la formation du sens logique, à la maîtrise systématique et rigoureuse de la langue française… "L'école ne doit pas apprendre ce qu'il faut penser ; elle doit apprendre à penser", estime Marc Le Bris. L'école – d'autant qu'elle est publique et en situation de quasi-monopole – est dépourvue de légitimité pour imposer aux élèves un catéchisme laïciste et relativiste. Rien n'est plus sacré que la conscience d'un enfant. Jules Ferry lui-même le proclamait avec force ! Entre l'influence de sa famille (influence plurielle, chaque famille étant différente) et l'influence univoque d'un État rééducateur des consciences morales, religieuses et politiques, Jules Ferry n'hésitait pas… et moi non plus.

Dans les écoles indépendantes de confession catholique, par exemple, la connaissance de la foi est transmise, la pratique commune de la foi est encouragée (prière, sacrements), mais dans ces mêmes écoles, la raison de l'enfant est autrement plus formée que dans les écoles publiques, parce que l'élève reçoit des cours de grammaire, de dissertation, de latin, d'histoire, de logique autrement plus conséquents qu'à l'école publique. Un élève d'école indépendante a donc bien davantage reçu les moyens intellectuels et psychologiques d'être libre qu'un élève du public."

Anne Coffinier réclame un nouveau système :

"L'égalité des chances aujourd'hui passe par le droit à recevoir une instruction exigeante qui forme l'esprit solidement. Force est de constater qu'en dehors d'une poignée d'établissements publics prestigieux, c'est dans les écoles libres que l'on trouve aujourd'hui les meilleures formations. Il est donc temps, au nom de la justice, de trouver un moyen pour que tous puissent accéder à une école conforme à leurs besoins, quitte à inventer – en plus des écoles publiques, sous contrat ou hors contrat existantes – un nouveau type d'école plus libre dans sa pédagogie et son recrutement mais financée sur fonds public, soumise à des inspections indépendantes du ministère de l'Éducation nationale et à la publication obligatoire de ses résultats académiques. Une idée pour 2017 à n'en pas douter !"

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3 commentaires

  1. Attention à la dénomination “école privée”: ne pas confondre l’enseignement privé sous contrat (2 000 000 d’élèves) et le privé hors contrat (55 000 élèves), ce qui en tout revient à moins de 17% des élèves de France (12 500 000)

  2. Cette femme parle très clairement et a une argumentation solide sur des sujets comme la laïcité, les écoles sous contrat et hors contrat et le besoin d’écoles offrant de nouveaux types de pédagogie. Elle est cent fois plus qualifiée pour être Ministre de l’Enseignement national que Najat Vallaud Belkacem.

  3. Anne Coffinier n’a manifestement toujours rien compris aux buts poursuivis par le gouvernement en matière d’éducation.
    Pourtant des réformes incessantes…
    Allant toujours dans le même sens…
    Pendant des décennies…
    Produisant toujours plus de dégâts et de moins en moins de résultats probants…
    Sans que l’on ne fasse jamais marche arrière…
    Auraient dû lui mettre la puce à l’oreille !!!

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