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Valeurs chrétiennes : Education

Anne Coffinier : ce que cache la volonté d’interdire l’école à la maison 2/2

Une tribune d'Anne Coffinier, directrice de la Fondation pour l'école, publiée fin janvier sur Boulevard Voltaire, a le mérite de répondre presque point par point à l'argumentaire fallacieux du sénateur Louis Pinton (cf post précédent) :

"(…) [Cette proposition de loi visant à interdire l'école à la maison n'est] pas une retouche à la marge de la loi sur l’obligation scolaire. C’est une vraie révolution. Actuellement, la loi prévoit une obligation d’instruction pour les enfants de 6 à 16 ans – instruction qui peut avoir lieu dans une école ou à la maison. Cette proposition de loi prétend imposer désormais une obligation de scolarisation dans une école.

Cette proposition est gravement liberticide. Elle va à l’encontre du principe de liberté d’enseignement, intégré dans le bloc de constitutionnalité depuis 1977, comme de toutes les libertés civiques propres aux États de droit. Elle viole en particulier l’article 26-3 de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 : « Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants. »

Bien que portée par des élus UMP, elle s’inscrit dans le droit fil de la pensée de Vincent Peillon, qui donne pour mission à l’école d’arracher les enfants à tout « déterminisme » familial, social, religieux. La logique de cette initiative est dès lors facile à décrypter : la socialisation de l’enfant est un pur prétexte ; d’ailleurs, les études aux États-Unis montrent que les enfants scolarisés chez eux ne rencontrent aucun problème d’intégration sociale ou de relation humaine dans leur vie d’adulte, bien au contraire.

Le but véritable de la proposition de loi est en fait de s’assurer que tous les enfants soient « formatés » de la même manière, selon les vues de l’État, et que l’influence des parents, qui sont pourtant par nature premiers éducateurs de leurs enfants, soit réduite à la portion congrue. Disons-le donc clairement : les parents sont présentés de plus en plus comme une menace pour leurs enfants. Leur influence est jugée malfaisante et il conviendrait d’en préserver les enfants. Le paradoxe est qu’ils sont mis sur le banc des accusés par un État dont les succès éducatifs sont pour le moins discutables mais qui prétend être un meilleur garant de l’éducation et de l’épanouissement.

En rendant l’école obligatoire, et en rognant les libertés de l’école dite libre, on se rapproche dangereusement des modèles totalitaires qui, avec Sparte, sont les seuls à avoir arraché les enfants aux parents pour les éduquer.

Ils sont rares, aujourd’hui, les pays démocratiques interdisant l’école à la maison. L’Allemagne est un cas bien connu mais néanmoins choquant. C’est une loi nationale-socialiste de 1938 qui a interdit l’éducation à la maison pour qu’aucun enfant n’échappe à l’embrigadement nazi. Aujourd’hui, 69 ans après la chute du IIIe Reich, cette persistance anachronique conduit à des conséquences absurdes : des parents allemands mis à l’amende et parfois emprisonnés pour avoir refusé de confier leurs enfants à l’école publique et qui cherchent désormais refuge aux États-Unis.

La consternante proposition de loi de nos sénateurs n’est en définitive pas si surprenante. Elle n’est que la conséquence de la dénaturation de la fonction de l’école dans l’esprit de trop nombreux responsables politiques. Les objectifs politiques et sociaux comme ce qu’on appelle pompeusement le vivre-ensemble, ou l’égalitarisation supposée de la société via l’école, ont pris le pas dans leur esprit sur les objectifs traditionnels de l’école qui sont d’instruire, de transmettre des connaissances éprouvées en prenant soin de ne pas toucher à la conscience de l’enfant, chose sacrée y compris pour un Jules Ferry, si l’on en croit sa Lettre aux instituteurs de 1883."

Les principes non-négociables n’ont jamais été si attaqués. Aidez le Salon beige à contre-attaquer et à promouvoir la culture de vie !

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10 commentaires

  1. sans compter que l’on abandonne aux parents leurs enfants” malades ou handicapés”… car l’ Etat ne veut pas -ou ne peut pas?- s’en charger. C’est précisément dans le cas ou les parents ont le plus besoin d’une aide éducative qu’on les abandonne. Je sais de quoi je parle…

  2. Un seul mot résume l’action de ces sénateurs : UMPS.

  3. Il me semble que l’un des meilleurs résultats au bac avec mention très bien, l’année dernière ou l’année d’avant, avait été obtenu par une jeune, très jeune fille qui avait suivi l’école à la maison.
    Et en plus d’avoir une tête bien pleine, elle avait une tête bien faite…

  4. Anne Coffinier a 100% raison. Cependant actuellement les parents sont parfois (souvent ?) une menace pour leurs enfants qu’ils n’hésitent pas à tuer avant ou après leur naissance – ce qui était beaucoup plus rare en 1977.

  5. Nous sommes passés de l’embrigadement Nazi des nationaux socialistes à l’embrigadement Monzi des mondiaux socialistes.
    Quel progrès extraordinaire !!!

  6. Obéissance aux loges….

  7. Je soutiens Anne Coffinier sans réserve.

  8. Bienvenue chez le grand frère communiste ! Je pense qu’il n’y a plus qu’à Cuba et en Corée du Nord que cela se pratique.
    Bientot nous aurons -à cause de la décroissance, de l’agriculture bio imposée à tous et cela sans tenir compte le moins du monde d’une démographie incontrolée et galopante- comme à Cuba lorsque j’y habitais “l’école aux champs” à savoir, les enfants de la ville sont envoyés à la campagne où ils suivent les cours pendant une demi journée et l’autre demi-journée ils sont aux champs pour cultiver des légumes. Ils rentraient dans leur famille un week end par mois. Ils récitaient les bienfaits du “socialisme” et les “merveilles” castristes tout en ne prenant qu’un repas par jour.
    Là aussi on répétait que les “enfants appartenaient à la république” et qu’il “fallait les enlever de l’influence néfaste de parents déviants”.
    Petit à petit nous y arrivons ici aussi. La Liberté inscrite sur les frontons de nos batiments public est en train de disparaitre peu à peu.

  9. Je suis absolument d’accord avec ce post d’Anne Coffinier. Une fois de plus c’est une mise sous tutelle de l’Etat des enfants alors que ce sont les parents qui sont prioritaires dans le choix de l’école ou de la maison. Je pense que toutes les raisons en sont bien détaillées dans ce post. Parents ! réagissez !

  10. Les arguments d.Anne COFFINIER me semblent tellement irréfutables qu’on peut s’attendre à ce qu’on tente de s’en prendre à sa personne pour tenter de la disqualifier. Elle peut compter sur notre soutien inconditionnel.
    Félicitations à Madame COFFINIER

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