Bannière Salon Beige

Partager cet article

L'Eglise : L'Eglise en France

Abus sexuels : la hiérarchie de l’Église doit assumer individuellement ses fautes et ne pas les noyer dans une vague responsabilité collective

Abus sexuels : la hiérarchie de l’Église doit assumer individuellement ses fautes et ne pas les noyer dans une vague responsabilité collective

Loïc M., père d’une des victimes d’un curé de Perpignan jugé coupable de viols sur adolescents le 1er mars, a souhaité s’exprimer dans La Vie. Un témoignage plein de justesse qui tranche avec les habituels commentaires et que devrait être utile pour nos évêques :

Il n’est pas utile de revenir sur l’impensable : “Comment un prêtre a-t-il pu commettre de pareils actes ?” Nous l’avons expérimenté dans notre chair, aucun homme n’est à l’abri du mal, et même du mal le plus sombre, au point que le président du tribunal m’interpelait : “Mais comment pouvez-vous encore être catholique après cela ?” Non seulement je le suis encore, mais je voudrais dire que si notre fils a été abusé par un prêtre, cela ne diminue en rien l’estime et la confiance que nous avons pour tous ces autres prêtres qui, chaque jour, se dévouent auprès de nous. Trois jeunes prêtres qui œuvraient avec l’accusé dans le ministère ont témoigné, parfois dans les larmes, devant nous. Ils nous ont demandé pardon, pardon de ne pas avoir vu assez tôt, pardon également de ne pas avoir cru assez tôt. Ils ont été trahis par leur frère dans le sacerdoce, salis par celui qu’ils admiraient. Je leur rends hommage et je dis aux évêques : veillez sur vos prêtres comme des pères, car ce monde est rude pour eux et la faute d’un seul ne doit pas jeter le discrédit sur les autres. Je suis contre le mariage des prêtres, mais pour la paternité des évêques.

Quand j’entends dire de toutes ces affaires, “c’est un péché collectif”, je m’insurge. On passe d’une culture du silence à la culpabilisation générale. Ces prêtres ne sont pas coupables des crimes de leurs confrères. Si en tant que père je m’en veux aussi de ne pas avoir pu empêcher ce qui s’est passé, je ne me sens en aucune manière coupable de la même manière que ce prédateur. Ces prêtres ne devraient pas non plus s’en sentir coupables. Pour ce qui est de la hiérarchie, je crains que cette nouvelle doxa ne soit qu’une nouvelle manière de ne pas assumer les choses. La hiérarchie de l’Église doit assumer individuellement ses fautes et ne pas les noyer dans une vague responsabilité collective… Les victimes ne veulent pas du pardon des innocents. Elles espèrent que leur bourreau demandera un jour pardon, et elles seraient tellement apaisées d’entendre leur évêque faire de même. Dans notre cas, l’évêque de l’époque – Mgr André Marceau – n’a jamais reçu notre fils, jamais demandé de ses nouvelles ou des nôtres, jamais eu une parole de compassion pour les victimes … pas plus en dix ans qu’au procès où, tel un fonctionnaire de Dieu, il est venu dire “J’ai fait ce que j’avais à faire”, c’est-à-dire rien. Il ne nous a même pas regardés, n’a pas évoqué la douleur des victimes, n’a pas eu un mot pour nos enfants… L’avocat général a jugé cette attitude de l’évêque “scandaleuse” et la Cour, si elle a reconnu à l’audience civile le dédommagement demandé par les victimes, a refusé l’euro symbolique de dédommagement demandé par le diocèse. Ce geste de justice a été un réconfort pour les familles.

Nous ne sommes que des simples fidèles. Nous n’entendons rien aux beaux discours de réformes toujours annoncées, aux grandes réunions, aux effets d’annonces… Ce que nous voyons, c’est la réalité de l’Évangile. Qu’aurait coûté à ce hiérarque une parole de miséricorde et de compassion ? Notre fils l’attendait et nous aussi ; elle n’est pas venue, elle ne viendra pas. De quoi a-t-il peur ? Qu’on prenne ce geste comme un acte de faiblesse ? Un aveu de culpabilité ? Je ne peux croire que ce soit cela, l’Église de Jésus-Christ. Tant que nos évêques n’auront pas cette attitude simplement évangélique, les beaux discours ne serviront à rien. Tant qu’ils ne seront pas des pères, pour les victimes, pour leurs prêtres, pour leurs fidèles… ils ne seront pas crédibles et ne nous aideront pas à garder confiance dans l’Église, à l’aimer malgré tout. »

Nous vivons un changement civilisationnel dont le moteur est culturel. La famille dite traditionnelle - qui est simplement la famille naturelle - diminue massivement en nombre et en influence sociale. Le politique est de plus en plus centré sur la promotion de l’individualisme a-culturel, a-religieux et a-national. L’économique accroît des inégalités devenues stratosphériques et accélère et amplifie le cycle des crises. L'Église est pourfendue; clercs et laïcs sont atterrés.

Une culture nouvelle jaillira inévitablement de ces craquements historiques.
Avec le Salon Beige voulez-vous participer à cette émergence ?

Le Salon Beige se bat chaque jour pour la dignité de l’homme et pour une culture de Vie.

S'il vous plaît, faites un don aujourd'hui. Merci

On ne lâche rien, jamais !

Guillaume de Thieulloy
Directeur du Salon Beige

Partager cet article

2 commentaires

  1. les trois dernières phrases sont l’illustration parfaite de ce qui se passe dans la grande majorité des diocèses de France. Malheureusement il y a une clique d’évêques qui ont oublié que l’humilité devait être une des premières vertus. On se demande si certains ont la Foi! OUI, quand on entend un évêque dire à un prêtre de LFFSPX, qui lui demandait une église au moins pendant l’hiver (alors que le diocèse regorge d’églises vides: “je ne peux pas , vous n’êtes pas catholiques”. Et quand on sait que ce même évêque a donné une église aux orthodoxes (ils sont surement catholiques eux) et que lorsqu’il était prêtre il affirmait dans ses écrits que la Présence Réelle n’existait que quand il y avait une assemblée, tout comme il a dit à des gens lui demandant une chapelle pour la Messe tridentine qu’une église n’était qu’un tas de pierres sauf quand les fidèles y étaient à l’intérieur. Avec de tels individus , l’Eglise est sure d’avancer . ON pourrait en rajouter des tonnes sur ce père évêque ( père on se demande car il ne s’occupe jamais de ses prêtres), et surtout pas monseigneur

  2. Merci du fond du cœur à Loïc M. ! Puisse le Seigneur vous le rendre au centuple.

    Je connais des familles qui peuvent dire la même chose de leur ex-évêque !
    Il suffit de remplacer “Marceau” par “Barbarin” et “notre fils” par “nos quatre fils”…
    L’horreur…
    Et des prélats qui ajoutent l’horreur à l’horreur, impassibles, mitrés au cœur de pierre que rien ne semble émouvoir ! Pour représenter le Christ ?

Publier une réponse

Nous utilisons des cookies pour vous offrir la meilleure expérience en ligne. En acceptant, vous acceptez l'utilisation de cookies conformément à notre politique de confidentialité des cookies.

Privacy Settings saved!
Paramètres de confidentialité

Lorsque vous visitez un site Web, il peut stocker ou récupérer des informations sur votre navigateur, principalement sous la forme de cookies. Contrôlez vos services de cookies personnels ici.


Cookies nécessaire au bon fonctionnement du site.
  • wordpress_logged_in
  • wordpress_sec
  • wordpress_test

Refuser tous les services
Accepter tous les services