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France : Politique en France

A quand un débat d’idée au Front National ?

Bruno Larebière est interrogé dans Monde & Vie sur l'état du Front National. Extraits :

M "S’il faut lui reconnaître une chose parmi beaucoup d’autres, c’est que son discours sur « les fondamentaux » – car cela n’a pas été le cas sur tous les sujets, je pense à l’économique, au social, à la politique étrangère –, n’a jamais varié. La première conséquence est que, à force d’être répété de la même manière, avec les mêmes mots et les mêmes slogans négatifs (« contre » l’immigration, « contre » cette Europe-là, « contre » l’insécurité), le discours n’est plus entendu. Pire : on ne sait plus pour quoi est le FN et on se demande même parfois s’il le sait bien lui-même – c’est très net sur la question européenne. La deuxième est que, comme il prétend à l’intemporalité, comme il est exclusivement basé sur des invariants, il ne parvient pas à intégrer les changements politiques et sociétaux qui obligent, même si on s’y oppose, à prendre en compte les évolutions de la société et celles des aspirations des Français, qui ne sont pas les mêmes en 2009 qu’en 1984. Disons que le logiciel frontiste n’est pas formaté pour s’adapter aux évolutions: c’est valable face au sarkozysme comme au ségolénisme, mais aussi sur le plan des idées, ce qui est plus embêtant. […]

Il se déroule en effet une bataille comparable à une « guerre de tranchées » plutôt qu’à une « guerre de mouvement ». Je pourrais développer dans le détail les « forces en présence », mais là n’est pas l’essentiel. L’essentiel est que les combats font rage uniquement autour des querelles de personnes. Vous entendez parler de débats d’idées au FN ? Moi non plus. Sauf, et c’est un comble, quand c’est Alain Soral qui s’exprime ! Même au Parti socialiste, où les egos sont tout aussi à vif, ils débattent plus de politique qu’au FN ! Difficile, dans ces conditions, d’être porteur d’un message d’espoir."

Michel Janva

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4 commentaires

  1. C’est hélas bien vu, et rejoint ce que Jean-François TOUZE avait déjà exprimé, quoiqu’on pense de son positionnement politique.
    Mais cette critique s’applique à toute la droite nationale, qui s’est congelée depuis 40 ans sur des positions dures, sans renouveler les raisons profondes de celles-ci par la prise en compte de l’évolution du monde et de la société.
    Sur l’économie et le social, ou la politique étrangère, le FN a refusé de débattre, parce que ces sujets pourtant fondamentaux, sont au coeur de divergences profondes sur la nature de l’homme, la morale, etc….. : et entre les catholiques et les néo-païens sur-représentés à un moment au FN, les positions n’étaient pas conciliables.
    Le FN a alors choisi de devenir ”Vème République” et néo-gaullien, pensant avec Bruno MEGRET et qq autres énarques qu’ainsi il apparaitrait comme un parti de gouvernement. C’est alors que le ”logiciel” du FN a été bloqué, car le FN y a perdu sa capacité de contestation du système, se figeant sur deux revendications : immigration et insécurité, sans analyser que c’est le socialisme d’Etat qui en est à l’origine, et non pas seulement les partis en place. Le FN est alors devenu paradoxalement le défenseur des acquis sociaux socialistes, et non plus le défenseurs des libertés de la société et des corps intermédiaires qu’il était à l’origine. C’était rejeter la longue mémoire de la pensée de la droite française, que rejettent en général les néo-paîens, parce qu’elle catholique, et libérale ou libertaire, et ne retenir que les expériences des années trente et de la Vème , purement nationalistes et étatiques.
    SORAL en effet, aussi contestable que soient certains aspects de sa pensée, a le mérite d’en avoir une originale, même si elle est moins novatrice qu’il ne le croit.
    Voilà pourquoi incriminer le FN ne suffit pas : tous les partis de la droite nationale et souverainistes vivent d’un acquis électoral et d’un mythe, qui est qu’avec de la chance, et le bon vent des circonstances, les scores du FN de jadis, que chacun rêve de récupérer, reviendront par une forme de balancier, comme si la politique était une table de casino.
    ‘L’histoire ne repasse pas les plats” avait diagnostiqué Lénine.
    C’est donc par une refondation sur des idées, et par des replâtrages d’appareils, regroupements divers, ou éliminations mutuelles, que se rebâtira la droite nationale. Elle se doit de revisiter ses fondamentaux historiques : les valeurs chrétiennes de dignité de la personne kumaine et de liberté, les libertés civiques et sociales, le rôle civilisateur des sa culture et sa place spécifique dans le monde.

  2. Pascal G. a trouvé une manière élégante de réfuter Bruno Larebière quand celui-ci affirme que les idées du FN n’auraient pas varié.
    Le fait est qu’il y a 15 ans, le FN a au contraire renié toutes les idées qui en faisaient une force de critique et de proposition :
    il a renié l’antisocialisme en embrassant l’absurdisme protectionniste,
    et il a renié l’anticommunisme quand il a soutenu en Bosnie-Herzégovine les Serbolchéviques qu’il avait dénoncés au début de leur agression contre la Croatie.
    Dès lors, il ne pouvait que servir le système, ne lui servant plus que de bouc émissaire alors qu’à l’imitation du Parti Communiste il défendait ses monopoles d’état.
    On aurait pu croire que le départ de Mégret et des nazillons qui l’entouraient permettrait de redresser la barre, mais l’occasion a été manquée.
    Le Premier tour de 2002 n’a donc été que la lumière d’une supernova éteinte depuis longtemps.

  3. @ Claurila
    Je ne réfute pas B. LAREBIERE. Lui voit ce qui n’a pas changé, et avec raison ce qui s’est figé faute de renouvellement, et je notai moi ce qui avait été abandonné à propos du combat anti étatisme et anti socialisme.
    Vous avez donc bien raison de souligner le ralliement du FN aux monopoles étatiques et sociaux, au protectionnisme, et son revirement en politque étrangère, sous l’effet de la pensée Nlle droite anti antlantiste et très étatique qui imprégnait beaucoup de membres de la délégation générale de B. Mégret, mais pas uniquement.. Mais de là à parler de nazillons, cela me parait excessif : il y a des mots à ne pas utiliser.
    2002, par ce coup de tonnerre politique a masqué la nécessité du débat, et en 2007, Sarkozy, par sa promesse de rupture, a repris au FN les voix des classes moyennes opposées à l’étatisme, au fiscalisme et au socialisme;
    Attendre que Sarkozy échoue ne suffira pas : il faut vraiment un grand aggiornamento, qui consiste à revenir aux thèmes fondateurs du FN, en les réactualisant.

  4. @ Pascal G.
    Ravi de vous retrouver après tant d’années, ravi aussi que vous participiez à ce débat, hélas bien esseulé, comme si la culture du chef frontiste avait définitivement étouffé tout esprit critique, mais il y a une chose que je ne comprends pas : qu’avez-vous donc contre le protectionnisme ?
    Quant aux “thèmes fondateurs du FN”, il va falloir faire un peu plus que les réactualiser, dans la mesure où l’option assimilationniste, qui est la sienne depuis sa création, me paraît mériter à tout le moins un moratoire en raison de l’impossibilité d’assimiler des masses qui, parfaitement étrangères à notre culture, ne veulent de toute façon pas l’être.

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