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France : Politique en France

A quand la fin des hausses d’impôts ?

De David Victoroff dans Valeurs actuelles :

ILes baisses d’impôt, c’est fini », affirmait récemment Henri Guaino dans un entretien au Monde. On s’en était rendu compte. La loi de finances rectificative adoptée la se­maine dernière par le Par­lement, avec ses 11 milliards de prélèvements supplémentaires, confirme cette appréciation. Depuis au moins deux ans déjà, on assiste de la part du gouvernement à ce que le député socialiste Pierre-Alain Muet, membre de la commission des finances de l’Assemblée, appelle un concours Lépine des prélèvements. Pour ne pas avouer qu’elle augmente les impôts, la droite dit raboter les niches fiscales ou encore s’attaquer à la dépense fiscale. Tout cela en invoquant la sacro-sainte justice ­sociale pour tenter, en pure perte, d’amadouer les critiques de la gauche : « L’équité est au cœur des décisions prises par le premier ministre », affirme le ministre du Budget, Valérie Pécresse, en défendant le collectif budgétaire à l’Assemblée. […]

La majorité semble avoir capitulé en rase campagne face à l’idéologie socialiste : pourquoi faudrait-il que les revenus de l’épargne soient soumis au même régime fiscal que les revenus du travail ? Pour la plus grande partie, ­l’épargne n’est qu’un revenu du travail, déjà imposé et mis de côté. On est bien loin de ces considérations d’un inspecteur d’académie qui, en 1880, prescrivait aux instituteurs d’enseigner aux enfants que « le travail et le capital sont frères et non frères ennemis ; le capital, c’est le travail d’hier qui rend possible et fructueux le travail d’aujourd’hui et de demain » (cité par Mona Ozouf dans son livre l’École, l’Église et la République, 1871-1914, édité au Seuil, “Points Histoire”). […]

Lorsque les Allemands, les Britan­niques et les Italiens se sont attaqués à leur déficit, ils ont augmenté la TVA, impôt à assiette large, relativement indolore et pas aussi injuste que le prétend la gauche, car il frappe les citoyens à proportion de leurs dépenses et les produits importés comme ceux fabriqués localement. Au lieu de cela, le gouvernement poursuit « une croisade contre les niches fiscales » qui multiplie les mécontents sans résoudre le problème du déficit : dans le même temps où les partis pinaillaient sur 90 millions d’euros de taxes sur les parcs à thème, était votée sans opposition une aide supplémentaire de 15 milliards à la Grèce, dont l’efficacité reste à démontrer. Face à un déficit structurel de près de 100 milliards d’euros, sans véritable possibilité de réduire les dépenses sans toucher à la protection sociale, les Fran­çais sont en droit de s’interroger. Quand pourront-ils dire : “les hausses d’impôt, c’est fini” ?

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6 commentaires

  1. Merci d’avoir mentionné que
    “Pour la plus grande partie, ­l’épargne n’est qu’un revenu du travail, déjà imposé et mis de côté.”
    et que
    “la TVA, impôt à assiette large, relativement indolore n’est pas aussi injuste que le prétend la gauche, car il frappe les citoyens à proportion de leurs dépenses et les produits importés comme ceux fabriqués localement.”
    L’impôt sur le revenu étant relativement récent (“l’impôt sur le revenu est voté par le Sénat le 7 juillet 1914, sur la proposition de Joseph Caillaux, lequel ne parvient cependant pas à faire voter son projet d’impôt sur la fortune.” http://fr.wikipedia.org/wiki/Historique_de_l%27imposition_en_France#L.27imp.C3.B4t_sur_le_revenu)
    qui aurait l’idée de supprimer l’impôt sur le revenu et de ne taxer QUE d’une part le patrimoine et d’autre part la consommation (en rétablissant au besoin un taux de TVA spécifique -il fut de 33% sur les produits dits “de luxe”, il n’y a quand-même pas si longtemps-???

  2. la TVA n’est indolore que pour ceux qui ne la payent pas
    Pour nous,artisans, travailleurs indépendants, commerçants, nous faisons chaque mois ou tous les trimestres un trés gros chèque au Trésor Public
    Or cette TVA nous ne pouvons pas la répercuter totalement sur nos clients,sinon ils ne feraient plus appel à nous
    Au contraire, nous la prenons pour une trés grosse part, à notre charge, et par compensation, nous n’augmentons pas nos prix, sous peur de n’être plus concurrentiels

  3. @bébert:
    bien entendu, la TVA n’est pas indolore, mais votre propos me surprend. Que voulez-vous dire quand vous dites que vous en prenez “une trés grosse part à votre charge” ? Si la TVA augmentait, je comprendrais (“elle augemente de deux points, je ne répercute que deux”), mais elle me semble stable a 19,6 depuis 10 ans, et je pense qu’elle est donc intégralement répercutée dans vos prix/tarifs.

  4. Il faut distinguer l’impôt et les cotisations obligatoires. Celles-ci se divisent en deux catégories : celles (prélevées sur les salaires) qui donnent droit à quelque chose (remboursements de soins, retraites), et celles qui ne donnent droit à rien du tout ((prélevées sur les revenus de l’épargne, ou plutôt des petits et moyens épargnants, les gros trouvant des solutions défiscalisées). Ajoutons que les revenus de l’épargne sont déjà très amputés par l’inflation, les crises, et la maxi-crise systémique qui va très prochainement tout engloutir. On ne peut donc pas taxer les deux types de revenus de la même manière.
    Enfin, il est totalement abusif de mélanger le budget de l’Etat et les budgets sociaux.

  5. @bebert.
    Je ne comprends pas non plus les propos de Bébert. tout le monde paie la tva. Les professionnels calculent leurs coûts hors taxes et s’ils prennent une part de la tva à leur charge c’est qu’ils font en fait un rabais sur le coût initial. C’est un problème de concurrence vive pas de tva.

  6. J’ai écrit trop vite ci-dessus – lire “elle augemente de deux points, je ne répercute qu’un”.

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