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France : Politique en France

2nd tour : il n’y a pas de “camp du bien”

Editorial d'Aymeric Pourbaix dans Famille chrétienne :

"À l’heure de glisser un ­bulletin dans l’urne, le passage par l’isoloir a ceci de vertueux qu’il ­permet d’interroger notre conscience, en vérité. Et c’est là le secret d’une décision qui appartient à chacun. Cela étant, dans ce second tour de la présidentielle, on ne peut pas non plus faire comme si le choix qui se présentait aux électeurs était ­équivalent. Car il s’agit cette fois d’un véritable choix de société, exposé de manière si aiguë, si claire, qu’il paraît difficile de ne pas le voir ou de s’en détourner. Ce serait cautionner la politique du pire, qui est toujours la pire des politiques.

À Famille Chrétienne, nous avons suffisamment insisté sur les points non négociables préconisés par l’Église (respect de la vie, liberté d’enseignement, mariage entre un homme et une femme) pour ne pas refuser de prendre nos responsabilités, lorsque l’urgence s’en fait sentir.

Bien sûr, on arguera que ces principes ne sont pas exclusifs, qu’il existe d’autres exigences du temps : la dette publique, la justice sociale, le rapport à l’Europe, etc. Mais dans le même temps, il est tout aussi certain que sans ce minimum de principes communs, il n’est pas de vie en société possible, ni de politique juste ou économiquement sensée. La doctrine sociale de l’Église, comme la personne humaine, ne se découpe pas en tranches.

Est-ce pour autant qu’il existe un camp du Bien dans cette élection, auquel il conviendrait de souscrire sans discernement ? Certainement pas. Au premier tour, on choisit, au second, on élimine : jamais peut-être cette expression n’aura été aussi adaptée à la situation présente. Le choix que chacun s’apprête à poser ne doit pas non plus nous illusionner sur la fragilité des engagements. Les promesses électorales n’engagent que ceux qui les écoutent, dit-on.

Mais soyons également persuadés que la Cité parfaitement chrétienne n’existe pas, même s’il y eut des périodes plus favorables dans l’Histoire. Le Royaume n’est pas de ce monde, et ­pourtant, nous devons travailler à son avènement, dès ici-bas.

Voilà pourquoi, plus sûrement qu’un hypothétique troisième tour social, le nôtre sera celui de l’évangélisation, toujours actuelle depuis deux mille ans, et qui concerne aussi, bien entendu, celle du monde politique. Benoît XVI affirmait récemment que « la nouvelle évangéli­sation partait du confessionnal ». Dans une époque relativiste, la confession aide en effet l’homme à faire la vérité sur lui-même et à « tourner son regard vers Dieu ». Voilà qui ouvre des perspectives à la mission des chrétiens, bien au-delà du vote du dimanche 6 mai…"

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2 commentaires

  1. L’argument “existe-t-il un camp du bien dans cette élection? Non certainement pas..” a l’air solide mais n’est qu’un sophisme: dans cette élection comme dans une autre, aujourd’hui comme par le passé, dans tous les conflits, il n’y a jamais eu de camp du bien absolu et un autre du mal absolu en dehors de la période de la vie terrestre de Jésus, mais il y a eu toujours des camps du bien relatif et du mal relatif. Et aujourd’hui comme par le passé, on est appelé à choisir entre un bien relatif et un mal relatif.

  2. L’affirmation “existe-t-il un camp du bien dans cette élection? Non certainement pas..” et donc concentrons-nous sur l’évangélisation, a l’air solide mais n’est qu’un sophisme: dans cette élection comme dans tout autre, aujourd’hui comme par le passé, dans les conflits de l’histoire, il n’y a jamais eu de camp du bien absolu et un autre du mal absolu (nous sommes tous imparfaits) en dehors de la période de la vie terrestre de Jésus, mais il y a eu toujours des camps du bien relatif et du mal relatif. Et aujourd’hui comme par le passé, on est appelé à choisir entre un bien relatif et un mal relatif. L’expression “camp du bien” a été reprise par les média pour se moquer de la politique anti-communiste de Ronald Reagan puis celle contre le terrorisme islamiste de George W Bush. Dans les deux cas, cela reflétait une bonne dose d’irresponsabilité et de naïveté de cees média.

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