Philippe Séguin aurait pu écrire un roman d’anticipation

Cinq ans après sa mort, un éloge du discours de Philippe Séguin du 5 mai 1992 sur Maastricht, à lire sur FigaroVox, dont voici quelques citations et la conclusion :

Philippe Séguin avait annoncé le risque de chaos social, l'emploi devenant, avec la monnaie unique et le contrôle draconien de l'inflation, la seule variable d'ajustement :

"le refus de dévaluation se paie du blocage de l'investissement et de l'explosion du chômage», «l'aliénation de notre politique monétaire entraîne l'impossibilité de conduire une politique autonome», «la normalisation de la politique économique française implique à très court terme la révision à la baisse de notre système de protection sociale, qui va rapidement se révéler un obstacle rédhibitoire, tant pour l'harmonisation que pour la fameuse convergence des économies», «dès lors que dans un territoire donné il n'existe qu'une seule monnaie, les écarts quelque peu significatifs de vie entre les régions qui le composent deviennent vite insupportables».

La perte de souveraineté :

«L'Etat fédéral européen (…) serait un Etat arbitraire et lointain dans lequel aucun peuple ne se reconnaitrait. Les plus lucides des fédéralistes européens le savent bien et ont une réponse toute prête. Il s'agit d'une Europe des régions laquelle présente l'avantage (…) de mettre hors-jeu les Etats nationaux»; or, selon l'orateur: «Il n'y a aucune place pour des nations vraiment libres dans un Etat fédéral; une nation de nations est une contradiction dans les termes, rien de plus

Le renforcement du nationalisme et de la quête identitaire :

«Craignons alors que pour finir les sentiments nationaux ne s'exacerbent jusqu'à se muer en nationalismes et ne conduisent l'Europe, une fois encore, au bord de graves difficultés, car rien n'est plus dangereux qu'une nation trop longtemps frustrée de la souveraineté par laquelle s'exprime sa liberté, c'est-à-dire son droit imprescriptible à choisir son destin». (…)

«On parle d'identité lorsque l'âme est déjà en péril (…) lorsque les repères sont déjà perdus. La quête identitaire (…) est le réflexe défensif de ceux qui sentent qu'ils ont déjà trop cédé

De même, Philippe Seguin avait déjà dénoncé les manoeuvres qui seraient utilisées pour faire taire les eurosceptiques.

Conclusion de l'article :

(…) En résumé, Philippe Séguin appelait de ses vœux une Confédération européenne, c'est-à-dire une structure institutionnelle et juridique bien plus souple qu'une Union fédérale. (…) Formons le vœu en ce début d'année que le prophétique discours de Philippe Séguin soit relu par les dirigeants européens afin que nous ne connaissions pas une issue dramatique lorsque les inéluctables remises en cause des schémas européens auront lieu."

Commentaires (3)

Zemmour est donc un Séguiniste !!!!!

Rédigé par : jejomau | 7 jan 2015 18:11:08
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" De même, Philippe Seguin avait déjà dénoncé les manoeuvres qui seraient utilisées pour faire taire les eurosceptiques."
Philippe Séguin n'a eu besoin d'aucune manœuvre pour rentrer dans le rang des cabris dès le soir du vote sur le traité de Maastricht. Il s'est tu de lui-même. Il n'avait été placé là que pour voler la vedette à Philippe de Villiers qui était à la tête de la campagne pour le nom jusqu'à ce que Philippe Séguin arrive. Et le non menaçant de l'emporter mieux valait que ce soit un partisan masqué du oui qui soit à la tête. Le soir même, il était à Bonn pour rassurer nos amis allemands. Cela dit, il y avait évidemment de bonnes choses dans ses discours d'avant le vote. Il lui fallait s'acheter une crédibilité.

Rédigé par : Lagardère | 7 jan 2015 18:17:27
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Il aurait aussi pu écrire une "nouvelle" d'anticipation à la Daudet: La France est vraiment devenue la chèvre de M. Seguin.

Rédigé par : berserk | 7 jan 2015 18:55:56
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