Le saint-Père, après avoir rappelé le bon usage de la liberté conquise il y a 20 ans après la chute du régime communiste, insiste sur les limites du progrès technique découvert alors et sur l'espérance en Dieu qui seul répond aux attentes profondes de l'homme.
Extrait de l'homélie du Pape prononcée au cours le messe du jour qui rassemblait plus de 150 000 personnes à l'aéroport de Brno :
"L’expérience de l’histoire montre à quelles absurdités parvient l’homme quand il exclut Dieu de l’horizon de ses choix et de ses actions, et qu’il n’est pas facile de construire une société inspirée par les valeurs du bien, de la justice et de la fraternité, parce que l’être humain est libre et que sa liberté demeure fragile. La liberté doit alors toujours constamment être conquise pour le bien et la recherche non facile d’« ordonnancements droits pour les choses humaines » est une tâche qui incombe à toutes les générations (cf. ibid., 24-25). Voilà pourquoi, chers amis, nous sommes ici, avant tout à l’écoute, à l’écoute d’une parole qui nous indique la route conduisant à l’espérance ; plus encore, nous sommes à l’écoute d’une parole qui seule peut nous donner une solide espérance parce qu’elle est Parole de Dieu (…).
Aujourd’hui encore, cette parole de salut résonne avec force dans notre Assemblée liturgique. C’est avec amour que Jésus s’adresse à vous, fils et filles de cette terre bénie, où, il y a plus d’un millénaire, a été jetée la semence de l’Évangile. Votre pays, comme d’autres nations, connaît une situation culturelle qui représente souvent un défit radical pour la foi et, donc, aussi pour l’espérance. En effet, à l’époque moderne, la foi aussi bien que l’espérance ont été « déplacées », car elles ont été reléguées sur le plan privé et ultra-terrestre, tandis qu’a été affirmée dans la vie concrète et publique la confiance dans le progrès scientifique et économique (cf. Spe salvi, 17). Nous savons tous qu’un tel progrès est ambigu : il ouvre à la fois de bonnes possibilités et des perspectives négatives. Les développements techniques et l’amélioration des structures sociales sont importants et certainement nécessaires, mais ils ne suffisent pas à garantir le bien-être moral de la société (cf. ibid., 24). L’homme a besoin d’être libéré des contraintes matérielles, mais il doit être sauvé, et ce plus profondément, des maux qui troublent son esprit. Et qui peut le sauver, si ce n’est Dieu, qui est Amour et qui a révélé, en Jésus Christ, son visage de Père Tout-Puissant et miséricordieux ? Notre ferme espérance repose donc dans le Christ : en Lui, Dieu nous a aimés jusqu’au bout et il nous a donné la vie en abondance. (cf. Jn 10, 10), vie que toute personne, parfois même inconsciemment, désire ardemment posséder.« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos ». Ces paroles de Jésus, écrites en grandes lettres au-dessus de la porte de votre cathédrale de Brno, s’adressent à présent à chacun de nous et Jésus ajoute : « Devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos » (Mt 11, 29-30). Pouvons-nous rester indifférents
face à son amour ? Ici, comme ailleurs, au cours des siècles passés beaucoup ont souffert pour rester fidèles à l’Évangile et n’ont pas perdu l’espérance. Beaucoup se sont sacrifiés pour redonner sa dignité à l’homme et leur liberté aux peuples, trouvant dans l’adhésion généreuse au Christ la force pour construire une humanité nouvelle. Néanmoins, dans la société actuelle, où de nombreuses formes de pauvreté sont le fruit de l’isolement, du non-amour des autres, du refus de Dieu et d’une fermeture initiale tragique de l’homme qui pense pouvoir se suffire à lui-même, ou bien n’être qu’un fait insignifiant et passager ; dans ce monde qui est aliéné « quand il met sa confiance en des projets purement humains » (cf. Caritas in Veritate, 53), seul Christ peut être notre espérance certaine. C’est là l’annonce que nous, chrétiens, sommes appelés à répandre chaque jour, par notre témoignage (…).
Que vous encourage l’exemple des saints Cyrille et Méthode, les principaux patrons de la Moravie, qui ont évangélisé les peuples slaves, et de Pierre et Paul, auxquels votre cathédrale est dédiée ! Suivez le témoignage lumineux de sainte Zdislava, mère de famille, riche en œuvres de charité et de pitié ; celui de saint Jean Sarkander, prêtre et martyre ; de saint clément-Marie Hofbauer, prêtre et religieux, né dans ce Diocèse et canonisé il y a 100 ans, et de la bienheureuse Kafkova, religieuse née à Brno et tuée par les nazis à Vienne. Que Marie, Mère du Christ et notre Espérance, vous accompagne et vous protège".

