Votons cohérent !

Une initiative à saluer à l'approche des échéances électorales : des catholiques proposent de signer un manifeste qui sera adressé aux candidats et dont le but est de rappeler les principes et les critères d'un vote en cohérence avec son état de catholique. S'appuyant sur les points non-négociables et développant un argumentaire solide, ce site poursuit une réflexion intéressante que nous vous invitons à soutenir.

Voici donc un excellent complément à notre lettre ouverte aux candidats.

Jvc

12 réflexions au sujet de « Votons cohérent ! »

  1. Solange

    J’ai beaucoup apprécié l’argumentaire relatif à la théorie du moindre mal.
    « Pourquoi ne pas voter pour un candidat qui présente un moindre mal ? Le moindre mal ne s’applique que lorsque je suis dans l’obligation (très rare) de choisir entre deux maux et qu’aucun autre choix ne m’est possible. La vocation du Chrétien est de choisir défendre et promouvoir le bien et cela jamais en utilisant un mal pour faire un bien. Ici, ce n’est absolument pas le cas. Dans le cadre des élections même si l’un des candidats semble moins nocif qu’un autre (et il faudrait encore le vérifier en prenant en compte ses actes et non seulement son programme!), il y a toujours possibilité de voter blanc ou de ne pas voter. Choisir le candidat qui nous semble le moins mauvais ne rentre pas dans la définition du moindre mal ». A méditer…
    PS : Je souhaite à tous une très joyeuse fête de Pâques !

  2. Legio25

    @solange: je ne suis pas tout à fait d’accord!il s’agit de voter pour conserver ce qu’il nous reste encore! il s’agit de mettre en position un candidat pour faire le bien!
    [C’est là que vous êtes en accord avec ce site. La question logique suivante est donc : Avez-vous trouvé un candidat qui vous annonce qu’il fera le bien selon les critères de la morale catholique?
    JL]
    rester les bras croisés c’est peut-être laisser un très mauvais candidat passer et après cela sera pour 5ans et si nos écoles auront plus de mal à se maintenir il ne faudra pas se plaindre… Moralement on a le droit de voter pour le moins mauvais et je le ferai en mon âme et conscience pour préserver ce qu’on peut encore préserver de catholique en France!

  3. clovis

    @Solange. Ce point est très délicat. Voici mon point de vue – et c’est ce qui m’empêche de signer le manifeste -. Voter blanc ou s’abstenir me semble pire que le moindre mal. En effet cela peut donner bonne conscience mais objectivement, c’est à dire arithmétiquement, cela favorisera le plus grand mal car un vote blanc affaiblit le candidat “moindre mal” pour lequel on aurait pu voter, donc fortifie ipso facto le ou les candidats “pire mal”.
    [C’est là effectivement que les routes dévient :
    1 – L’arithmétique ne peut pas être le quelconque fondement moral d’une quelconque action.
    2 – Les critères moraux sont extérieurs au souci d’efficacité.
    JL]
    Trouver le candidat moins nocif n’est pas difficile à faire car on connaît maintenant leurs programmes.
    Je pense pour ma part que le ou la candidate qui se déclare courageusement avant l’élection en faveur d’un coup de frein à l’avortememt, de la famille composée dun homme et d’une femme, et du chèque scolaire ne pourra pas, une fois élu(e) s’abstenir de le faire. D’ailleurs pour un Chrétien, faire le bien consistera alors à maintenir la pression pour obtenir la réalisation des promesses.
    [Faire le bien n’est pas limiter le mal. C’est poser des actes bons et moralement recevables! Vous avez le devoir moral de choisir un candidat qui soit dans le positif et vous n’avze pas le droit de choisir celui qui a le moins dans le négatif. Le choix du candidat ne peut se faire, selon les critères moraux de l’Eglise, qu’entre ceux qui sont dans le bien.
    JL]
    S’abstenir est une facilité à laquelle pour ma part je me refuse. Nous sommes en France sur ces points non négociables à l’opposé total de la doctrine chrétienne.
    [Ecrivez-le vous même au Pape et n’insistez pas sur votre gallicanisme qu’il saura découvrir tout seul… JL]
    Allons-nous laisser continuer cela sans agir positivement quand l’occasion de le faire nous est offerte, ou allons-nous confortablement nous réfugier dans l’abstention: that is the question!
    Mais dans tous les cas il faut prier ardemment.

  4. Bernard Mitjavile

    J’apprécie la défense du vote blanc qui est souvent interprété à tort comme un refus de prendre ses responsabilités au nom de “l’engagment”, mot qui rappelle une philosophie athée sartrienne qui a conduit à toutes sortes de déboires. Il y a toutefois un problème qui n’est pas nouveau, les politiques ont bien compris le sens du vote blanc et c’est pour cela que ces votes ne sont pas comptés mais assimilés à des abstentions. Un premier combat sera de défendre la comptabilisation de ces votes.

  5. Legio25

    @JL si on prend les programmes des candidats, on voit que Sarkozy, Le Pen sont contre le mariage homosexuel et l’euthanasie. c’est sûrement par intérêt électoral pour le premier. Quant à l’avortement il suffit de voir les réactions au petit recul qu’annonce Le Pen pour voir qu’il y a encore un vrai travail à faire sur l’opinion .Hollande l’a déjà annoncé dans sa feuille de route pour la 1ère année s’il est élu: ça se fera vite mariage homosexuel et euthanasie! comment peut-on l’ignorer? si Hollande passe, il aura du négocier avec Mélenchon et tout le monde sait les sentiments qu’il a pour les Catholiques; si Hollande passe on aura une assemblée nationale rose-rouge sur laquelle on n’aura aucun moyen de pression! on a encore une influence sur certains députés de droite mais pour cela il faut une chambre à majorité de droite et donc une victoire d’un candidat de droite! je suis bien consciente que c’est très complexe et compliqué et qu’il n’y a pas qu’un choix! chaque catholique fera en son âme et conscience après avoir prié le Saint-Esprit!

  6. clovis

    @JL je comprends mal les références que vous faites à mon prétendu gallicanisme. Pouvez-vous préciser votre pensée svp. merci.
    Je reprenais votre phrase : “Nous sommes en France sur ces points non négociables à l’opposé total de la doctrine chrétienne” où vous semblez vous complaire de cette situation française.
    JL]
    Sur le fond de la question, nous votons une fois tous les 5 ans pour élire un président. Ne faut-il pas être un peu pragmatique en choisissant le candidat qui nous paraît le moins mauvais au lieu de se résigner, en s’abstenant, à en avoir un mauvais pendant 5 ans?
    [Une seconde tous les 5 ans… se casser la tête pour une action parmi des dizaines de millions d’électeurs une fois tous les 5 ans… Ok. Admettons et même louons autant d’énergie et de recherche de bien et de moralité.
    Ma question liée à ce constat : combien de catholiques se cassent autant la tête pour agir 1 fois 5 minutes par jour, conformément à la morale catholique dans la vie politique de leur quotidien( municipalité, quartier, voisinage…?) pour étendre le règne du Christ et viser le Bien commun?
    vous avez bien raison, il faut relativiser à la fois le si faible poids que nous laisse la République un quart de seconde tous les 5 ans, – soit 3 secondes dans une vie pour qui votera 12 présidentielles (78 ans…) – et le mettre en perspective des milliers d’actions politiques quotidiennes à laquelle nous appelle notre proximité.
    JL]
    Force est de constater qu’il n’y a pas de candidat 100% favorable aux points non négociables: à qui la faute? Est-ce un péché de voter pour le moins mauvais?
    [Il est toujours un péché de choisir le mal. Fut-il moindre. JL]

  7. Jean Theis

    Je n’y comprends rien. D’un côté c’est un péché de choisir le moindre mal, d’un autre c’est également peccamineux de s’abstenir.
    Alors que faire, puisqu’il n’y a aucun candidat “bien” ?
    De toute façon pour le 1er tour, j’ai pris la décision, mais pour l’autre, c’est le flou absolu. Tant de conseillers de notre bord se contredisent ! Ce ne sont pas les commentaires ci-dessus qui aident.
    [Au final, c’est assez simple : nous prenons-nous pour des sur-hommes capables de changer la face du monde avec notre bulletin de vote et autorisés par Dieu, grâce à cette surpuissance, de se passer de respecter sa volonté et le Bien qu’il incarne? Où doit-on seulement poser des actes bons et en adéquation avec sa Volonté là où Dieu nous a semés pour contribuer ainsi, pierre après pierre, à Le laisser changer les coeurs et établir en eux – et donc sur la terre – sa royauté divine?
    Oui, je sais, la réponse est dans la question.
    JL]

  8. clovis

    Pour JL.
    Soyez rassuré, je ne me complais aucunement dans la situation en France sinon je ne lutterais pas avec vous pour les points non négociables. Je fais ce triste constat sans passion. Cela n’a strictement rien à voir avec le gallicanisme.
    Etendre le règne du Christ-Roi, d’accord. Mais cela n’empêche pas de constater avec lucidité la réalité de notre lamentable situation actuelle. Vouloir tout de suite 10% ou vouloir 100% jamais, tel m’apparaît le choix aujourd’hui. Je peux me tromper mais personne ne me convaincra que voter pour 10% au lieu de 0% est un péché.
    Enfin, ce que je dis n’a rien de relativiste: c’est une différence de tactique avec la vôtre. Je garde avec clarté toute la force de ces points non-négociables, mais constate que je ne puis en obtenir politiquement aujourd’hui qu’une partie. C’est toute la question de la morale très bien exprimée par Saint Paul lui-même, “Je fais le mal que je ne veux pas faire et n’arrive pas à faire le bien que je veux faire”. En disant cela avait-il relativisé la morale?
    [bien vu le quiproquo sur la France et les PNN.
    JE crois que la problématique est dans ce que vous appelez “10%” ou “100%”. Le bien ou le mal, c’est tout ou rien. Le mal est l’absence de bien et nul ne peut choisir l’absence de Dieu. Il n’y a pas de dégradé dans un acte unique qui serait un peu mal avec un peu plus de bien. Un acte est “avec Dieu ou contre Lui”. Ce n’est pas de moi et ça ne s’oppose pas avec Saint Paul qui croyait souvent bien faire et qui se trompait sans doute dans le raisonnement qui prévalait à l’acte.
    Allez, petite question pour vous aider : qu’est-ce qui doit motiver un acte? Ce que l’on croit être son efficacité ou son adéquation avec la volonté de Dieu?
    JL]

  9. Solange

    “D’un côté c’est un péché de choisir le moindre mal, d’un autre c’est également peccamineux de s’abstenir”… Qui a dit que l’abstention était une faute ? Entre la peste et le choléra, le refus de choisir l’un des deux maux (ou davantage), c’est l’expression positive d’une volonté libre affirmant un NON POSSUMUS. Nous ne pouvons pas voter pour un candidat partisan théorique ou pratique de l’idéologie de mort ou de la subversion de l’ordre social naturel. C’est non-négociable. Comme nous sommes dans l’impossibilité de voter, nous pouvons signer la lettre aux candidats, c’est beaucoup plus efficace qu’un bulletin de vote par dépit qui confortera les candidats dans leurs anti-valeurs.
    Pour moi ce sera donc l’abstention aux présidentielles en attendant de voter aux législatives (il y aura la possibilité de trouver les candidats qui s’engagent dans le combat pour les valeurs). A un moment, les candidats présidentiables, notamment à droite, seront obligés de prendre en considération les trois exigences non-négociables. Cela dépend de notre capacité à maintenir fermement nos principes.

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