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Pays : International / Pays : Russie

Vive l’Autriche libre ? [addendum]

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Selon Sputnik et RT, Othmar Commenda, le chef d'état-major des armées autrichiennes a fait quelques déclarations remarquées lors de la visite d'Etat à laquelle il participe à Moscou. Aurons-nous un jour une telle liberté de ton dans la bouche du CEMA français?

Les forces armées autrichiennes sont prêtes à collaborer avec la Russie malgré les recommandations reçues d'autres puissances mondiales, a déclaré le chef d'Etat-major de l'Autriche, le général Othmar Commenda lors d'une rencontre avec son homologue russe Valery Guerassimov.

La visite du chef des armées autrichiennes survient sur fond de crise dans les relations russo-européennes. La situation est aggravée par les sanctions antirusses de la part des Etats-Unis, largement soutenues par les pays européens.

M.Commenda a souligné que sa réticence à se soumettre aux dictats de certains autres Etats était l'une des raisons de sa visite en Russie.

"Je n'ai pas envie de suivre les instructions de quelqu’un qui me dirait à qui parler ou à qui refuser de parler. C'est la raison pour laquelle je voudrais vous rendre visite".

Il a indiqué que les autorités autrichiennes suivaient attentivement les changements de la situation actuelle dans le monde.

"Ce n'est que de concert que nous pouvons résoudre les problèmes en question. Et la Russie est beaucoup plus proche de l'Autriche que toute autre grande puissance du monde".

Le chef d'Etat-major autrichien s'est également dit intéressé par l'opinion personnelle de son homologue russe concernant la situation au Proche-Orient.

Le général autrichien a rappelé que la Russie et l'Autriche avaient des relations de longue date et a invité son homologue russe à venir en Autriche.

Toutefois un media en langue allemande semble tempérer au plan politique cet enthousiasme militaire. C'est du moins notre impression, mais notre allemand n'étant plus très performant, nous faisons derechef appel à nos lecteurs pour 1/nous traduire l'essentiel de la substance de cet article, 2/ repérer à qui appartient le journal qui le publie.

Addendum

Merci pour votre mobilisation, et en particulier à St. CDF qui a été le plus prompt, et dont je reproduis ci-dessous la traduction.

Tentions lors de la visite de Fischer [Président fédéral autrichien] à Poutine. Le président fédéral rappelle clairement la loyauté de l’Autriche à l’UE.

Des médias russes ont fait part des tensions se dégageant de la visite du président fédéral Heinz Fischer mercredi à Moscou. Ils rapportent que Fischer œuvrerait en faveur d’une levée des sanctions de l’UE à l’égard de la Russie. Toutefois, Fischer a souligné au début de sa discussion avec le Président de la Russie Vladimir Poutine que l’Autriche resterait loyale aux décisions de l’UE.

En effet, il serait vain de désirer améliorer les relations mutuelles avec de telles sanctions a affirmé Fischer. L’agence de presse russe Tass a cité les mots qu’a eus Fischer lors d’une conversation avec le président de la Douma, Sergei Naryschkin : « Il est important de trouver un chemin qui lèverait et surmonterait ces sanctions ». L’Autriche mènera un rôle actif dans les discussions européennes à ce propos, dit Fischer selon Tass. On devrait chercher à coopérer avec la Russie dans tous les domaines, ajoute Fischer qui a déposé mercredi matin une couronne [de fleurs] devant le monument du soldat inconnu dans Moscou, la capital russe, avant ses rencontres avec Naryschkin, le chef du gouvernement Dimitri Medvedev et le président Vladimir Poutine.

Une voie vers la levée des sanctions prises par l’Union européenne, qui voyait dans l’annexion de la presqu’île ukrainienne qu’était la Crimée par la Russie une atteinte au droit des peuples, pourrait être empruntée en vue d’une coopération plus étroite avec l’UE et de progrès dans le processus de paix de Minsk. Voilà le point de vue de la présidence [russe] qu’une porte-parole a clarifié peu après. Au cours de la conversation, le discours de l’Autriche s’est articulé autour de la volonté de celle-ci de s’engager à l’amélioration des relations.

Septième rencontre en douze ans.

Fischer a expliqué à Poutine que lors de sa rencontre avec le Premier ministre Medvedev, autant les thématiques économiques que le conflit ukrainien ont été abordés, tout comme la problématique migratoire, les droits de l’Homme et le rôle de la société civile. C’est déjà la septième fois qu’il rencontrait Poutine rappela le président fédéral récapitulant son mandat de douze ans. Ce furent des rencontres des plus délicates à cause du conflit en cours en Ukraine, annexion de la Crimée par la Russie incluse, à l’égal de la venue de Poutine à Vienne en 2014. Toutefois, malgré toutes les conditions générales, la visite de Fischer à Moscou ne fut pas difficile dit ce dernier à Poutine : « L’Autriche connaît la Russie et la Russie connaît l’Autriche ».

Medvedev rappela dans une allusion aux sanctions économiques suite à l’annexion de la Crimée que les relations entre la Russie l’UE seraient très loin d’un état optimal. Et de l’état actuel ne profiterait ni l’économie russe ni l’économie autrichienne.

Un œil vers le futur

Le chef du gouvernement appela cependant à regarder vers le futur, appel avec lequel Fischer s’accorde « à cent pour cent » tout en faisant remarquer que ce qui s’était passé ne devait pas être oublié. Etant donné que les volumes échangés entre l’Autriche et la Russie ont chuté d’environ 3,4 milliards d’euros l’an passé, il serait, en effet, important que des jalons allant dans la bonne direction soient posés.

Fischer aborda également avec Medvedev les problèmes  rencontrées par les entreprises autrichiennes en Russie. Ainsi, le fournisseur d’énergie EVN aurait conclu un contrat avec la ville de Moscou à propos d’une station d’épuration. Néanmoins, le projet aurait été gelé à la suite d’un changement de maire. « EVN s’attend à un dommage de 200 à 300 millions d’euros ». Mondi, une entreprise présente dans le secteur du papier et de la cellulose, constitue un exemple supplémentaire. Cette dernière subvenait jusqu’à présent elle-même à ses besoins en énergie et vendait son éventuel excédent à un fournisseur d’électricité. Désormais, elle doit livrer l’ensemble de sa production énergétique à ce fournisseur et racheter de l’électricité à des prix excessifs.

De nouvelles difficultés s’annoncent

Malgré toutes les tentatives de rapprochement, il se peut qu’une difficulté supplémentaire se dresse. Le cas ukrainien pourrait se répéter en Ossétie du Sud, région séparatiste de la Géorgie, dont la Russie est le seul Etat jusqu’à aujourd’hui à avoir reconnu l’indépendance. A la grande indignation du gouvernement géorgien, le président sud-ossète, Leonid Tibilov aurait déjà en annoncé en octobre dernier un référendum sur un rattachement à la Russie. Selon certains diplomates, ce référendum est bel et bien en train d’être préparé.

« Nous devons profiter de cette chance historique et nous associer à nouveau avec notre sœur la Russie afin d’assurer la sécurité et la prospérité de notre république et de notre peuple pour les siècles à venir » déclara auparavant Tibilov. L’Ossétie du Sud est tout autant dépendante du soutien de Moscou que ne l’est l’Abkhazie, également région séparatiste géorgienne.

Les sociétés offshores : des pures calomnies

Peu avant le départ de Fischer pour Moscou, les sociétés offshores secrètes au Panama ont été divulguées, sociétés dans lesquelles l’environnement proche de Poutine serait aussi impliqué. La position russe a été résumée dès mardi au ministre des Affaires étrangères Sebastian Kurz (ÖVP) [parti de centre-droit dans la coalition gouvernementale autrichiennes actuelle] par son homologue Sergei Lavrov : de pures calomnies des médias occidentaux.

En outre, concernant des questions militaires, des médias russes jugent avec bienveillance le rôle joué par l’Autriche. Le portail d’information « Sputniknews » affirme ceci : « Malgré la dissuasion des autres Etats, l’armée fédérale autrichienne se montre prête à coopérer avec la Russie. Le chef d’Etat-major Othmar Commenda a dit lors de sa venue à Moscou que la Russie est bien plus proche de l’Autriche que les autres puissances mondiales ». L’agence Tass a cité Commenda qui ajoutait que les problèmes globaux ne pourraient être résolus que par des efforts communs.

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3 commentaires

  1. Effectivement il semble y avoir deux ambiguïtés qui m’amènent à une question…
    1- Dans votre synthèse, il est fait mention du chef d’Etat major des armées tandis que l’article joint mentionne la visite du président fédéral Fischer lui-même et les propos du président semblent nettement plus mesurés que son CEM.
    2- L’article annexé commence ainsi par évoquer les “irritations” des médias russes qui auraient souhaité un engagement de Fischer contre l’embargo tandis que celui-ci a réaffirmé que le processus de levée des sanctions devait être négocié avec l’Union Européenne …ceci tout en soulignant l’importance des relations entre la Russie et l’Autriche ceci autour de points très concrets comme l’énergie.
    3- Ceci m’amène à la question suivante : l’Autriche dans une realpolitik à vrai dire bien compréhensible ne serait elle pas tenté de commercer avec la Russie quoiqu’il arrive tout en laissant les pays comme l’Allemagne et la France se sortir eux-mêmes du pétrin dans lequel ils ont fourvoyé l’UE ? Je ne connais pas vraiment l’Autriche mais au vu de l’article, je parierai volontiers que cela n’est pas seulement une tentation.

  2. Je commence une traduction du dit article …

  3. J’aurais bien aimé voir le texte en Allemand??? Où est-il?
    Par ailleurs, il est “évident” qu’un Chef d’Etat Autrichien parle de façon “amortie” puisqu’il n’a aucun autre Pouvoir que de Représenter le Pays aux Inaugurations de foires aux Chrysanthèmes comme disait si délicieusement de Général !!! Sa déclaration est sans valeur ni portée. Le CEM est bien plus fiable en l’occurrence…

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