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Vaincre ou mourir !

Vaincre ou mourir !

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Le 8 décembre a eu lieu en avant-première, dans de nombreuses villes de France, la projection du film « Vaincre ou mourir ». La sortie officielle étant programmée pour le 25 janvier 2023, soit proche du 21 janvier, sombre date de notre histoire, mémoire de l’assassinat du Roi Louis XVI.

Première production de la régie « Puy du fou film ». Cet opus cinématographique retrace l’aventure guerrière de François Athanase Charrette de la Contrie (1763 – 1796), officier de marine, et chef vendéen durant le soulèvement de 1793.

Le film s’ouvre sur les premiers soubresauts dans l’Ouest de la France au début de l’année 1793, puis, déroule, en condensé sur 2 heures, la guerre que mènera l’armée de Charrette aux Républicains révolutionnaires. Cette armée n’est pas celle qui s’est fait connaître sous le nom de « La Grande Armée Catholique et Royale », mais celle qui a tenu durant près de 3 ans une partie du bocage Vendéen. Charrette sera le dernier des chefs royalistes et catholiques en lice, et celui avec qui finalement la République devra traiter. Le film se referme sur la mort de François Athanase après avoir tout donné à ce en quoi il croyait plus que tout, une idée de la France.

Nous ne parlerons pas ici de l’histoire de cet incroyable personnage, il convient de laisser au spectateur, averti ou non, de la découvrir en allant voir le film.

Y-a-t-il des critiques à émettre ? Comme toute œuvre, le scénariste et le réalisateur ont dû faire des choix. Sur le fond, on pourra ici regretter qu’un focus ne soit pas fait sur la vie d’Athanase avant 1793, ce qui aurait pu permettre de mieux cerner le personnage. Il fut quand même un des plus jeunes officiers de l’histoire de la marine royale, il a fait la guerre des Amériques, et il se trouvait en août 1792 à Paris pour défendre la famille royale. Tout cela a fait de lui ce qu’il est devenu. D’autre part, il aurait été pertinent de parler des interactions avec les autres généraux vendéens et la Grande armée Catholique et Royale. Car, au moins de mars à juin 1793, l’un ne va pas sans l’autre. Dernière petite remarque, constructive, s’il y avait bien quelques femmes dans l’armée de Charrette, leur traitement à l’écran lors des combats est parfois improbable.

Sur la forme, cela dépend du ressenti de chacun ! La beauté ou la réussite d’un film tient parfois à peu de choses. Pour ma part, je n’ai rien à dire sur ce point, il m’a semblait voir un bon équilibre entre les capacités d’investissements du producteur (nous ne parlons pas d’un blockbuster, comme disent les Américains, avec un budget de 100 millions $), et le rendu.

Une fois cela dit :

Le film est une vraie réussite ! La trame est fidèle à l’Histoire, même si, naturellement, des raccourcis doivent être opérés afin de rentrer dans un format classique. Les images sont belles, il n’y a pas trop de filtres à l’américaine, et les effets spéciaux sont mesurés. Les angles de prise de vue sont valorisants et surtout immersifs pour le spectateur. La musique est magnifique, épique, et nous n’en attendions pas moins d’une production pilotée par le Puy du Fou ! Enfin, les acteurs sont justes et tiennent parfaitement leur rôle. Bref, d’un point de vue « technique » rien à redire, c’est propre, c’est net, c’est juste, c’est beau ! On notera, et les ONG féministes ne pourront que recommander d’aller voir le film (ou pas…), que Charrette avait dans son armée quelques femmes combattantes, surnommées les Amazones. Bien que nous parlons ici d’une poignée de femmes, l’épisode n’est pour le moins pas anodin en cette fin de XVIIIe.

Que de plaisir avons-nous à voir, enfin dirai-je, un film qui met en avant un épisode tragique de notre Histoire, vu du côté des résistants. Une histoire qu’il était, il y a encore seulement une ou deux décennies, interdit d’évoquer. Et surtout, il était interdit de la traiter autrement qu’avec le mythe de la Révolution heureuse portée par tous les Français ! « Vaincre ou mourir » vient donner un peu d’hommage à ces combattants, majoritairement simples paysans sans expérience de la guerre, qui ont donné leur vie pour une vision de ce qu’est l’humanité de la civilisation chrétienne. Charrette et ses Hommes, se battaient au nom de « Dieu & le Roy ». Tout était là. Pas plus, mais, pas moins…

Et, cette idée défendue par Charrette, mais aussi Cathelineau, Bonchamps, d’Elbée, de la Rochejaquelein, et une foule d’anonymes, résonne toujours dans quelques cœurs et quelques esprits presque 250 ans plus tard. Une idée de ce qu’était la France, et de ce qu’elle peut, doit, redevenir. Ainsi, en 2022, l’armée de François Athanase Charrette de la Contrie, est toujours forte de milliers de combattants…

Maintenant, il convient d’attendre le mois de février 2023 pour voir le traitement que réservera le « grand public » et la presse à ce film pas comme les autres dans le paysage audiovisuel français. Je me plais déjà à imaginer nombre de français, pensant visionner un banal film d’aventure, se rendre compte de ces événements qui ont été effacés de leur mémoire. Et encore, le film ne traite que d’une toute petite partie des guerres de Vendée, et ne parle pas des soulèvements Chouans.

Pour terminer, mes pensées et mes remerciements vont à M. Philippe de Villiers, qui a permis que tout cela arrive. Car, de sa jeunesse où il passait son temps libre à défricher une zone abandonnée aux marécages et aux genêts, au film « Vaincre ou mourir », il n’y a qu’un seul et même souffle épique.

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2 commentaires

  1. Le personnage de Philippe de Villiers ne laisse pas indifférent et peut être clivant, que n’aura-t-on pas dit sur sa carrière politique, son style littéraire et son accent nasillard ? Une chose est indéniable, son passage sur terre laissera dans son sillage une trace indélébile pour l’amour de la France, le combat des idées, la foi dans le combat et une ferveur dans l’espérance en cette époque de transition voire de basculement de civilisation. Et ceci dans un contexte on ne peut plus défavorable et agressif, tel qu’à l’époque de Charette.
    Pour avoir repris et brandi bien haut la bannière des Vendéens et des chouans, merci monsieur de Villiers.

  2. Oui merci Monsieur de Villiers.
    Ensuite c’est la république qui a forcé les Français à se défendre, ne pas oublier que la république, qu’elle soit d’ici, d’Afrique, de Chine ou des unions soviétiques, se prétend toujours “démocratique” elle qui ne l’est pas du tout. Ne sommes nous pas en république démocratique de macronistan sur le territoire Français ?
    Dans le film le bon sens paysan demande pourquoi aller se battre à l’est et la république répond pour ” la liberté” ( ou pour “la paix” ) Ce même paysan que la “liberté” contraint à donner son fils .. comprendra qui peut.
    Dans le film, la confusion républicaine est lisible, comme dans le chant du départ : un Français doit mourir pour la république ….
    NON
    alors aujourd’hui on doit faire comme dit dans le film
    “- on harcèle, on accroche, on fait main basse et mon mets les voiles
    – comme des pirates !
    – non comme des corsaires !” (du roi)

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