Unité de la fête de Pâques en Terre Sainte

Extrait de l'homélie de Pâques Sa Béatitude le Patriarche Fouad Twal, patriarche latin de Jérusalem :

F"La résurrection est au centre de la foi chrétienne : « Si le Christ n’est pas ressuscité, vaine est notre foi » (1Co 15,17). Malgré cela les catholiques, les orthodoxes et les protestants célèbrent Pâques à des dates différentes. Nous savons que la division ne vient pas de Dieu. C’est pourquoi,
nous avons décidé dans notre diocèse de Terre Sainte à l’exception de
Jérusalem et de Bethléem, de caler la date de Pâques des catholiques 
sur le calendrier julien 
pour que les familles de confession mixte
puissent fêter ce mystère ensemble. Comme c’est le cas en Jordanie, en
Syrie et en Egypte. Une célébration commune solennelle et joyeuse de la
Résurrection du Seigneur par tous les chrétiens à travers la Terre
Sainte, peut devenir un témoignage crédible et authentique de l’appel du
Christ pour plus de communion, ainsi que de notre réponse à cet appel..

Cette décision d’unifier la date Pâques n’est pas facile mais c’est
un premier pas vers l’unité complète  que nous devons porter dans notre
prière. Dans cette Année de la foi, qui se prête très bien à ce
défi, il nous est aussi demander de redynamiser notre foi et notre
enthousiasme. L’évangélisation, à travers notre charité, amour du
prochain et simplicité, semble être une priorité pour notre nouveau
pape François. Notre pape argentin vient d’un continent qui compte 40 %
des catholiques du monde, mais où la position de l’Eglise est contestée
par les groupes évangéliques et où les relations avec le monde politique
sont un peu tendues. L’Esprit-Saint qui a déjoué tous les pronostics,
vient de nous donner un pape dont l’action depuis des années, se trouve
dans la droite ligne des orientations du dernier synode qui portait sur
la « nouvelle évangélisation. »

[…] Vivre au Moyen-Orient en tant que chrétien, n’est pas un choix mais
une vocation
. Il faut passer par la croix pour connaître la
résurrection. « La croix nous fait souvent peur, car elle semble être la
négation de la vie. En réalité, c’est le contraire ! Elle est le “oui”
de Dieu à l’homme, l’expression extrême de son amour et la source d’où
jaillit la vie. Car du cœur de Jésus ouvert sur la croix, a jailli cette
vie divine, toujours disponible pour celui qui accepte de lever les
yeux vers le crucifié
. ». ( Benoît XVI lors de JMJ de Madrid.)

Depuis le matin de Pâques, l’espérance chrétienne est sans limite.
Toute nuit noire peut être illuminée par le vainqueur du tombeau. Ce ne
sont plus des terres qu’il faut reconquérir, mais des cœurs. Des cœurs
qu’il faut convertir et éduquer à la paix.
J’invite encore et encore la
communauté internationale, au-delà des discours et des visites, à
prendre concrètement les décisions efficaces pour trouver une solution
équilibrée et juste pour la cause palestinienne qui est à l’origine de
tous les troubles du Moyen-Orient. […]"