Une place Soljenitsyne à Paris : la gauche salit sa mémoire

Un lecteur m'envoie cette information :

"D’après une dépêche de l’agence AFP du 7 février, « le Conseil de Paris a voté mardi sans enthousiasme l'attribution du nom d'Alexandre Soljenitsyne » à une place Porte Maillot (XVIe) : alors que Christophe Girard, adjoint PS à la culture, accusait d’homophobie le Prix Nobel de littérature, pour sa part, l’élu du Parti de gauche Alexis Corbière déplorait ce choix car l’écrivain « était clairement antisémite et nostalgique de la monarchie tsariste et violemment opposé à la Révolution russe et française ».

Il faut relire l’extraordinaire discours prononcé par Soljenitsyne en septembre 1993 pour l'inauguration de l'Historial de Vendée aux Lucs-sur-Boulogne. A propos de la révolte des paysans contre la Révolution, il avait souligné « que toute révolution déchaîne chez les hommes, les instincts de la plus élémentaire barbarie, les forces opaques de l'envie, de la rapacité et de la haine, cela, les contemporains l'avaient trop bien perçu. Ils payèrent un lourd tribut à la psychose générale lorsque fait de se comporter en homme politiquement modéré – ou même seulement de le paraître – passait déjà pour un crime. C'est le XXe siècle qui a considérablement terni, aux yeux de l'humanité, l'auréole romantique qui entourait la révolution au XVIIIe. De demi-siècles en siècles, les hommes ont fini par se convaincre, à partir de leur propre malheur, de que les révolutions détruisent le caractère organique de la société, qu'elles ruinent le cours naturel de la vie, qu'elles annihilent les meilleurs éléments de la population, en donnant libre champ aux pires. Aucune révolution ne peut enrichir un pays, tout juste quelques débrouillards sans scrupules sont causes de mort innombrables, d'une paupérisation étendue et, dans les cas les plus graves, d'une dégradation durable de la population ». Et, Soljenitsyne qui aimait « la France des cathédrales, des villages, de la campagne », de conclure : « En inaugurant aujourd'hui le mémorial de votre héroïque Vendée, ma vue se dédouble. Je vois en pensée les monuments qui vont être érigés un jour en Russie, témoins de notre résistance russe aux déferlements de la horde communiste. Nous avons traversé ensemble avec vous le XXe siècle. De part en part un siècle de terreur, effroyable couronnement de ce progrès auquel on avait tant rêvé au XVIIIe siècle »."

13 réflexions au sujet de « Une place Soljenitsyne à Paris : la gauche salit sa mémoire »

  1. phm

    La pensée d’Alexandre Soljenitsyne est incompréhensible pour un gauchiste. Il faut déjà une certaine culture pour avoir la hauteur de vue de l’écrivain russe. Ce n’est pas donné à tout le monde, surtout pas à ceux qui ont érigé en dogme la mauvaise foi, le politiquement correct et l’historiquement correct.

  2. senex

    Chez Pivot,à l’occasion d’une émission spéciale,un journaliste,socialiste, une des “lumières” de gauche, avait osé reprocher en face à S.son attitude hostile à la “libération'(sic) du vietnam et du Cambodge.J’ai eu honte pour notre pays devant cette attaque aussi déplacée,consternante d’inintelligence.Pardon Monsieur Soljénitsyne

  3. klein

    En fait même les socialo reconnaissent là paternité de là révolution française vis à vis de la russe. La différence avec les personnes normalement constituées, c’est-à-dire douées d’un minimum de bon sens, de culture et d’honnêteté intellectuelle, c’est qu’ils en sont fiers !

  4. Dominique

    Alexandre Soljenitsyne a dénoncé le génocide franco-français perpétré par les révolutionnaires qui sont depuis 200 ans des négationnistes et des mémoricides. Ce grand écrivain dérange, car lui n’est ni négationniste ni mémoricide, et il s’est insurgé aux Lucs-sur-Boulogne devant les génocide des enfants par les républicains.
    Je vous invite à tous lire “Vendée, du génocide au mémoricide”, de Reynald Secher, afin d’avoir cette lucidité propre aux hommes d’intelligence.

  5. L'Orignal

    En tant que royaliste, je pense que s’acharner sur la Révolution en tant que telle n’est pas une bonne chose. Je suis d’accord que cela a été une période abominable que l’on doit condamner.
    Néanmoins, les nostalgiques de la Royauté aurait plus intérêt à vanter les mérites de celles-ci et à pointer les défauts de la République plutôt que de s’attarder à cette période de transition qui, à mon sens, aurait été tout aussi horrible si elle s’était passée en sens inverse…

  6. PK

    @ l’Original
    1) Il ne s’agit pas de s’acharner mais d’informer : la plupart des Français ignorent totalement ce qui s’est passé pendant la Révolution
    2) La période « abominable » est loin d’être terminée car ses conséquences perdurent dans le présent : les 220 000 avortements annuels en France n’en sont qu’un des tristes exemples…

  7. Buffalo

    On honore, à Paris, le mémoire d’un monstre (cf station de métro Stalingrad), mais on discute de l’opportunité d’honorer celle d’un des plus grands écrivains du XXème siècle qui avait le tort…d’être anticommuniste. Encore et encore la dictature de la pensée de gôche.

  8. Jean Theis

    En tout cas, on ne devrait jamais donner le nom d’une place ou d’une rue avant 30 ans suivant le décès de la personne qu’on veut honorer.
    Je pense qu’après 30 ans on a une vue plus juste des choses.
    Et que dire des dates, dont personne ne se souvient à quoi elles correspondent 10 ans après !

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