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L'Eglise : Le Vatican

Une guerre personnelle contre l’antique liturgie

Une guerre personnelle contre l’antique liturgie

De Philippe Maxence dans L’Homme Nouveau à propos de Desiderio Desideravi :

[…] Celui qui lira ce texte conciliaire sans œillères sera frappé pourtant par l’énorme distorsion qui existe entre ces rappels et sa mise en application telle qu’elle s’est traduite avec le Missel de 1969. Dans un entretien qu’il m’avait accordé en 2001, le cardinal Ratzinger avait d’ailleurs souligné que la réforme liturgique avait été l’« une des applications possibles de Sacrosanctum Concilium, mais pas l’unique ». De manière plus concrète, cette distorsion apparaît justement à propos de la question du silence, de la place de la langue latine comme langue liturgique, de l’usage du chant grégorien, « chant propre de l’Église », sur d’autres points encore. Dans un article publié en Italie par la Nuova Bussola Quotidiana le 30 juin dernier, Luisella Scrosati remarque également à ce sujet : « Il serait bon de comprendre quand et où les Pères du Concile ont demandé l’abolition de la Septuagésime, de l’Octave de la Pentecôte, des Rogations, des Quatre Temps (en vérité laissés ad libitum à la décision des conférences épiscopales paresseuses), la refonte des rites de l’Offertoire » (trad. « Belgicatho »). D’où l’étonnement qui perdure devant cette volonté de supprimer définitivement l’ancien rituel, vécu jusqu’ici sereinement par des milliers de catholiques (et au moins aussi catholiques que les fidèles de rite zaïrois), alors même que les problèmes véritables sont ailleurs. Pensons seulement à l’état de l’Église en Allemagne.

Un texte au ton classique

D’après les informations recueillies de bonne source, il semble que l’essentiel du texte qui compose Desiderio Desideravi avait été préparé du temps où le cardinal Robert Sarah était préfet de la Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des sacrements. Rien d’étonnant donc d’y retrouver ce ton « classique », cet appel à plus de rigueur liturgique, ce souci du silence. Nous sommes bien là dans les préoccupations de Benoît XVI et du cardinal Sarah. Malheureusement, son successeur, le futur cardinal anglais Arthur Roche, mène une guerre personnelle contre l’antique liturgie, comme si elle était, après qu’elle ait assuré pendant des siècles la prière publique de l’Église romaine, la seule source de dysfonctionnement liturgique, voire d’abus en la matière.

Soyons sérieux ! Quel que soit le positionnement de chacun sur ce sujet, et les lecteurs de L’Homme Nouveau optent pour des options pratiques bien différentes en la matière, l’Église ne peut aucunement se couper de ses racines liturgiques, surtout quand elles sont aussi vivantes et produisent tant de prêtres et de vocations. Dans l’Église comme dans la société, le réel finit toujours par commander. C’est en ce retour au réel qu’il faut espérer, contre toute espérance, en restant fidèlement attaché à l’Église de Rome et à sa liturgie.

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