Lu ici :
"Une crèche de Toulouse vient d’annoncer aux parents sa décision de retirer tous les jouets à connotation sexiste, pour ne conserver que des jeux à base de formes géométriques. Pauvres filles qui ne pourront pas jouer aux petites voitures avec leurs copains ! Pauvres garçons privés du plaisir de jouer au papa et à la maman autour d’une poupée avec leurs copines ! Tous punis !
Cette mesure s’inscrit dans la ligne d’un vaste plan gouvernemental qui vise à lutter contre l’homophobie et les discriminations liées à l’identité de genre, par la déconstruction des stéréotypes sexistes de notre société. En d’autres mots, un vaste programme d’imprégnation des mentalités par la théorie du gender, depuis les écoles maternelles jusqu’à la production télévisuelle.
Le paradoxe de cette démarche est de prétendre lutter contre des violences issues d’un refus de la différence, en cherchant à normaliser le rejet de la différence naturelle entre hommes et femmes. Car telle est bien l’inspiration fondamentale du gender : refuser le déterminisme de la nature, pour promouvoir une identité sexuelle réinventée et librement déterminée. Cette idéologie est née dans les années 50 du croisement entre un féminisme radical qui revendiquait l’égalité totale entre hommes et femmes, et une lecture marxiste des rapports entre hommes et femmes dans la société : la complémentarité des sexes est alors perçue comme source perpétuelle de conflits et d’asservissement, et doit donc être abolie pour fonder les rapports sociaux sur des genres parfaitement égaux et indépendants de la réalité biologique.
Mais en imposant ce dogme, dont toute remise en cause est immédiatement taxée d’homophobie, on enferme les personnes dans le non-dit et le déni. La personne homosexuelle est condamnée à assumer son choix sans questionner un éventuel mal-être, et il devient interdit d’évoquer qu’une autre voie est possible pour vivre sa sexualité. Le plan gouvernemental pointe déjà du doigt les organismes qui offrent une réflexion approfondie sur la réalité d’une homosexualité, en les taxant de dérive sectaire. Alors que le secret du bonheur est depuis toujours « connais-toi toi-même », l’injonction contemporaine est d’oublier ce que l’on est, pour une recherche perpétuellement insatisfaite de ce que l’on voudrait être.
Or, l’insatisfaction permanente est certainement le fondement de notre société de consommation, mais certainement pas d’une société heureuse".


Capitaine Nemo
Instructif… (/émeutes de 2005):
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/06/05/97001-20130605FILWWW00547-psg-pas-de-commission-d-enquete.php
Orti
Plus les jours passent, plus j’ai la confirmation que ce billet n’est pas de la science-fiction…
http://lepanierasalades.wordpress.com/2013/05/30/back-to-the-future-la-journee-type-dun-collegien-en-2023/
Claribelle
Les doudous restent-il autorisées ?
Tessier
Il me semble que l’utilisation de formes géométriques avantagera plutôt les garçons, par ailleurs.
Pour les anglophones n’habitant pas loin d’une bibliothèque bien fournie, il y aurait matière à creuser dans McPartland J, Klin A, « Sex differences in human neonatal social perception », Infant Behavior and Development, vol. 23, 2001, p. 113-8, qui semble montrer que les enfants, à peine nés ou presque, sont déjà nettement différenciés, avec un attrait pour les formes mécaniques côté garçon et pour les visages côté fille. Tout cela parce que la différenciation sexuelle du cerveau s’est déjà opérée, in utero, par un procédé que les anglo-saxons nomment “impriting” et que je n’essaierai pas de traduire.
Bref, chassez le naturel, il revient au galop.
alex
Tessier, une idée pour pallier à cette inégalité insupportable : dès les premiers mois de grossesse chaque femme enceinte devra écouter en boucle les conférences des idéologues du genre et rêver que son enfant est “neutre”.
C.B.
(j’ai l’impression d’avoir loupé mon envoi; je bisse au risque d’un doublon)
Les neurosciences confirment l’information indiquée par “Tessier | 5 juin 2013 20:03:04”: l’espèce humaine a des neurones “câblés” pour l’altérité.
Les scientifiques soulignent que leurs conclusions ont beau heurter la bienpensance (c’est évidemment dit de manière beaucoup plus diplomatique), les expériences ont été tellement répliquées avec des variations qui confirment toujours les mêmes fait: la conclusion s’impose, dès leurs premiers jours filles et garçons ont des comportements différents, cela n’est pas dû à l’entourage.
“imprinting” est généralement traduit par “empreinte”.
En revanche, les formes géométriques, en tant que telles, semblent neutres sexuellement. Mais de peu d’intérêt à cet âge (surtout que le personnel de crèche ne va sans doute pas trop savoir quelles connaissances seraient à “médiatiser”.
Le personnel des crèches devrait plutôt se préoccuper d’aider les mamans solos à obtenir l’aide due par le géniteur mâle (qui suggérait que les CAF se retournent contre les pères qui se défilent, au lieu de financer à leur place? ça, c’était une bonne idée).
Exupéry
De plus, c’est pédagogiquement débile et débilitant.
Les enfants ont besoin de jouets qui évoquent le monde réel, et y introduisent ; les abstractions géométriques, d’origine culturelle, sont très insuffisantes. C’est un peut comme si l’on voulait leur apprendre le solfège en leur interdisant d’écouter de la musique !
Sans doute ces “éducateurs” le savent-ils, mais ils espèrent peut-être ainsi, rendre le “principe de réalité” des bambins, moins performant et plus facilement manipulable par certaines abstractions idéologiques…
Tessier
Merci spécialement à Alex et à C.B.
“Empreinte” est logique, mais je n’avais pas suffisamment de culture médicale pour savoir si le terme est utilisé en français.
Quant à la neutralité imposée sous hypnose, nous y sommes presque, avec des media “aux ordres” – et surtout au désordre.