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L'Eglise : L'Eglise en France

Un autre regard sur les cloches de l’est

Henri nous a présenté
un projet de loi sur les sonneries de cloches en Alsace-Lorraine. Un lecteur
nous envoie son analyse, différente et intéressante :

"Article 1er
[…] « Les sonneries des cloches
servant à l’exercice public du culte sont réglées par décision conjointe du
maire et du desservant local du culte. En cas de désaccord, elles sont réglées
par arrêté préfectoral. »

Article 2
[…] "Il appartient au maire de déterminer
l’horaire des sonneries des horloges apposées sur les bâtiments publics ou sur
les édifices cultuels de la commune, après avis du desservant local du culte
lorsqu’il s’agit d’un édifice cultuel. »

Article 3
"Les dispositions des articles R. 1336-6 à
R. 1336-10 du code de la santé publique relatifs aux bruits de voisinage ne
s’appliquent pas aux sonneries de cloches ou de carillons des bâtiments publics
ou des édifices cultuels de la commune. »

Le PRETEXTE de la loi est de rendre au
maire la liberté des cloches, face au préfet qui interdit les sonneries. On pourrait être tenté d’approuver donc, car dans certains faits les cloches vont revenir.
Mais EN SOI, si ce texte est adopté, il aura pour conséquence de restreindre la
sonnerie cultuelle des cloches !

En effet (en France intérieure au moins), LES SONNERIES CULTUELLES SONT
LIBRES.
Le curé fait ce qu’il veut (y compris, comme à Saint Nicolas,
sonner les cloches à 2 heures du matin la nuit de Pâques et la nuit de Noël).
Avec l’article 1er du projet, il faudra l’accord du maire … et en cas de
désaccord, le préfet tranchera.

Quant aux sonneries CIVILES (= l’horloge), l’article 2 n’apporte RIEN, car il
ne fait que reprendre une disposition de la loi de 1905 (ou alentours ?).

CONCLUSION : ce projet de loi est RESTRICTIF des libertés cultuelles des
cloches.

La seule chose qu’il apporte, c’est l’article 3. Désormais, celui qui habite
sous le clocher ne pourra plus arguer du dépassement des décibels pour faire
interdire l’horloge. Mais faut-il sacrifier les cloches cultuelles pour garder
les cloches civiles ? C’est ce dont les laïcards rêvent : que le clocher
reste debout, que les cloches sonnent (ça fait folkore !), mais pour le seul
usage civil
(l’heure) et pas pour le culte (messe, angélus etc.).
CONCLUSION PRATIQUE : il ne faut pas approuver un tel texte, il faut au
contraire le dénoncer.

Nous sommes dans le même cas que TOUTES les lois mauvaises votées depuis des
décennies : l’avortement par exemple : le prétexte est plus ou moins bon
("cela diminuera le nombre d’avortements" etc.). Idem pour les lois
pour la "protection de l’enfance" : on met un ou deux cas en exergue,
on prêche que les enfants doivent être protégés, et moyennant quoi on détruit
l’autorité parentale, on désigne la famille comme lieu d’aliénation etc.

PRECISION SUR LES PROCES DES CLOCHES
: les différents procès des cloches
qui ont lieu ces dernières années se sont tous basés sur la distinction entre
l’usage cultuel et l’usage civil. Les demandeurs avaient une argumentation
identique : "nous ne sommes pas contre l’usage cultuel (l’angélus), même à
2 h du matin, car la loi le reconnait. Mais nous sommes contre l’usage civil
(l’horloge), car cela contrevient à la loi contre le bruit".
Ce qui importe donc au plus haut point, c’est de conserver la pleine liberté de
l’usage cultuel
; or l’article 1er limite cet usage en le soumettant à un
accord avec le maire".

Lahire

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2 commentaires

  1. Passionnant de dévoiler le laïcisme rampant!

  2. Cette analyse est très intéressante – notamment la distinction cultuel/ civil.
    Elle se trompe à mon sens quant à l’analyse de la proposition de loi de Mme Zimmerman :
    1. Cette dernière ne s’appliquerait qu’à l’Alsace-Moselle; elle doit donc être comparée à la situation actuelle dans les départements du Concordat, paradoxalement plus défavorable que dans le reste de la France. Or elle semble être un mieux par rapport à cette situation, même si une libéralisation totale serait mieux encore. Le texte n’est donc pas à « dénoncer ».
    2. Un élément (secondaire) de discernement est l’identité des auteurs du projet : le sénateur Jean-Louis Masson est (ou a longtemps été, en tout cas) un fidèle lecteur de Présent.
    Cette proposition est peu de chose – et, encore une fois, connaîtra sans doute le même sort que la plupart des propositions de loi : l’oubli. Mais, sauf erreur, elle cherche bien à aller dans le bon sens.

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