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France : Société

Un trentain pour Daniel Hamiche

Un trentain pour Daniel Hamiche

Les obsèques de Daniel Hamiche seront célébrées samedi à Paris. L’Homme Nouveau, dont Daniel fut collaborateur et membre du conseil d’administration, propose de vous associer à la célébration d’un trentain et la célébration de messes pour Daniel Hamiche. Plus de détails ici.

Le trentain grégorien remonte à la fin du VIe siècle. Avant d’être pape, Grégoire le Grand était abbé de l’abbaye de St André à Rome. Or il a découvert que l’un de ses moines qui venait de mourir possédait des pièces d’or. L’abbé jeta le corps et les pièces dans une décharge publique mais plein de miséricorde, il fit célébrer la messe durant trente jours pour la délivrance du moine. Au terme du trentain, le moine apparut à l’un de ses frères et annonça qu’il était délivré du Purgatoire grâce à ces messes. (sources : diocèse d’Avignon)

Extrait de l’hommage de Philippe Maxence :

[…] C’est à Radio Courtoisie que j’ai rencontré Daniel alors qu’il m’avait invité après la publication de mon premier livre, Petit voyage politique en Balzacie chez DMM (1999). La chaleur de son accueil, sa facétie, son entrain avait de quoi conquérir un jeune auteur qui n’en menait pas large, d’autant qu’il fallait soutenir également l’échange littéraire avec le cher abbé Chanut, complice en catholicisme, en royalisme et en radio de Daniel. À partir de ce moment, je fis quelques apparitions rue Didot à Paris, dans les bureaux où il abritait son travail militant et professionnel.

Peu après mon arrivée à L’Homme Nouveau, mes visites se firent plus fréquentes encore, facilitées par le fait que Daniel avait le génie des rencontres et réunissait autour de lui, dans des déjeuners mémorables, des amis venus de tous les bords ou presque. Avec générosité, il aimait mettre les personnes en relation les unes avec les autres. Ces dernières années, il s’était ainsi dévoué à réunir des « patrons de presse cathos » lors de déjeuners épisodiques qu’il animait avec sa verve et sa bonne humeur habituelle. Lui-même, d’ailleurs, continuait à se dépenser sans relâche pour les sites et les blogs créés ou repris par son ami Guillaume de Thieulloy, Riposte catholique, L’Observatoire de la christianophobie, etc., après avoir lancé lui-même un blog réputé sur le catholicisme américain : Americatho.

Quand a-t-il rejoint exactement L’Homme Nouveau ? Il venait de publier La “Passion » de Mel Gibson de A à Z (Sicre, 2004, 169 pages), un film qui l’avait enthousiasmé et pour lequel il dépensa une énergie folle, y engouffrant le peu d’argent qui lui restait. Avec Jean-Baptiste Chaumeil, décédé le 12 octobre dernier, ils avaient parcouru le pays pour défendre cette œuvre et son message.

Épuisé, sans argent – contrairement à ce que certains croyaient jamais Daniel ne reçut un dollar du cinéaste –, il avait dû fermer sa boutique de la rue Didot et arrêter son travail éditorial. Je ne m’imaginais pas le laisser seul et je lui proposais de nous rejoindre à L’Homme Nouveau, comme invité permanent. Il fit d’abord escale au sous-sol, puis dans mon bureau avant que nous puissions lui en donner un. C’est de ce bureau qu’il écrivait quasiment tous les articles qu’il a publiés pour les journaux, revues, blogs, magazines auxquels il a collaboré. C’est de là qu’il a lancé son blog Americatho.

Jusqu’à il y a un an ou deux, il venait toute la journée, puis seulement l’après-midi. Sa présence transforma l’ambiance de L’Homme Nouveau. Son arrivée quotidienne était un signe de bonne humeur et de gaîté assurées. Après avoir salué la secrétaire générale de la rédaction ou la relectrice d’un « bonjour mon petit cœur », il venait dans mon bureau pour un tour de l’actualité, des échanges sur des projets ou, plus simplement, pour me raconter ses difficultés. Les stagiaires étaient toujours surpris par sa capacité à les saluer comme s’il les connaissait depuis toujours et sa proximité naturelle et jamais affectée. Il m’a aussi très souvent remonté le moral, m’a soutenu, m’a aidé à repartir, m’a empêché de prendre de mauvaises décisions, emporté par l’impatience ou la colère. En l’accueillant dans les locaux de L’Homme Nouveau, nous pensions l’aider ; c’est lui qui nous a sauvés.

Très vite, il s’est impliqué dans nos projets. Avec Denis Sureau, il participa au lancement des éditions de livres, apportant des idées et effectuant des mises en page. Sans en avoir le titre, il était un conseiller permanent de la rédaction et ses avis pesaient lourd. Tout naturellement, je lui avais proposé de rejoindre le Conseil d’administration des Éditions de L’Homme Nouveau où il apporta ses compétences et… son humour. Ouvrier discret, de l’ombre, Daniel Hamiche ne fut pas, comme on l’écrit ici ou là, un collaborateur parmi d’autres de L’Homme Nouveau au même titre que pour d’autres publications. Très impliqué au sein du Conseil d’administration, organe de gouvernement de la société, il en était aussi finalement l’âme joyeuse et rayonnante, une présence indispensable à tous.

Au sein de Radio Courtoisie, où je l’avais rejoint, je devais créer Le Club des Hommes en noir. Un club d’ecclésiastiques, à la parole franche et sans langue de buis, d’une profonde culture. Je voulais y associer un laïc. Ce fut naturellement Daniel. Pour sa culture, sa capacité à parler, à improviser et pour… ses vêtements noirs. Il avait adopté ce style permanent, « l’empruntant » à Thierry Ardisson, avec lequel il avait milité pour la cause de Louis de Bourbon. Il défendait ce style en affirmant qu’il n’avait pas ainsi à réfléchir chaque matin pour assortir des vêtements de couleurs différentes.

Daniel fut donc un des fondateurs du Club avec le regretté abbé Chanut, l’abbé Barthe, l’abbé Célier, et l’abbé de Tanoüarn. Quand nous quittâmes ensemble, avec Guillaume de Thieulloy, Radio Courtoisie, il insista pour que je relance le Club des Hommes en noir. Je le transportais à L’Homme Nouveau, en le proposant désormais en format vidéo. La fatigue et la maladie seules ont fait que Daniel a dû interrompre sa participation. Le Club continue, mais il est désormais terriblement orphelin. […]

Et Jeanne Smits :

Daniel, c’était une bonne personne. Une très bonne personne. Que de là-haut, il me pardonne de lui emprunter l’expression qu’il utilisait souvent et volontiers, Daniel si bienveillant, pour évoquer son prochain. Cela ne l’empêchait pas d’être intraitable avec les démolisseurs de la foi, les destructeurs de l’innocence, les ennemis de Dieu, les malfaisants qui pullulent hélas sur la face de cette terre, à qui il réservait des « ils me dégoûtent » d’anthologie.

Daniel Hamiche n’est plus. C’est un combattant qui est parti, un confrère, un homme de talent, mais surtout un frère d’armes et de cœur. Il faisait partie de ces gens avec qui il faisait bon « être », tout simplement. Drôle, cultivé, profondément croyant et animé par sa foi : chaque rencontre avec lui était une fête. Sa gravité était légère. Il vous enveloppait de son affection et de sa générosité. Il laisse un vide immense.

Je l’ai connu dans sa petite boutique légitimiste, quelque part dans Paris : ça débordait des livres que Daniel éditait, toujours fidèle à la cause royaliste, cultivant la culture : la sienne et celle de ses auteurs. L’aventure ne dura pas. D’autres aventures l’appelaient…

Daniel l’anglophone a beaucoup œuvré pour exploser le mythe du rapport Kinsey (sur lequel reposent bien des aberrations morales aujourd’hui), pour faire connaître La Passion du Christ, ce film de Mel Gibson que les distributeurs français snobaient du haut de leur idéologie dans Dieu, pour répandre la prière contre l’avortement à travers les « Quarante jours pour la vie ». Et j’en passe. De l’Amérique, en quelque sorte, il importait le meilleur.

Puis ce fut, jusqu’à la fin, « l’Observatoire de la christianophobie », une mine d’informations et un outil d’action et de réaction en ligne. […]

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9 commentaires

  1. Hmmmm! « Le trentain grégorin est la célébration de neuf messes consécutives. » ??? neuf messes me feraient plutôt penser à une neuvaine, et un « trentain » à une « trentaine » … comme nous le confirme le site de Solesmes, qui indique qu’il s’agit de la « célébration pendant trente jours consécutifs d’une Messe à l’intention d’un défunt ».
    Allons, que celui qui est sans péché lui jette la première pierre!
    (Cette erreur m’a permis de découvrir l’origine du trentain, à propos du moine décédé avec des pièces d’or -trois pour les conteurs les plus précis, apparemment-, pour compléter l’origine de la neuvaine.)

  2. J’ai eu l’honneur de connaître Daniel Hamiche il y a plus de 25 ans dans le cadre de Radio Courtoisie où j’ai fait du bénévolat jusqu’au coup d’état de Henri de Lesquen. Daniel avait bien voulu m’honorer de son amitié.
    Que ce soit ses émissions radiophoniques ou son combat incessant avec son site contre la christianophobie, il aura été un inlassable combattant au service de la Foi et de l’Église.
    Je suis profondément attristé par sa disparition. Qu’il repose en paix. Dieu lui a certainement préparé une place de choix pour avoir couru victorieusement jusqu’au bout de l’épreuve.

  3. Je ne connais Daniel Hamiche qu’au travers de son blog et de ses passages à l’écran.

    Il m’impressionnait. par sa gentillesse, sa culture, ses convictions. A lire le témoignage des personnes qui l’ont bien connu, je me dit que ça doit être bien d’avoir un ami comme lui.

  4. C’est par Americatho que j’ai découvert Daniel Hamiche, il me confortait ainsi dans mon rejet d’Obama ! Quelle joie de découvrir ensuite que, venant d’un milieu antichrétien, il avait totalement changé de voie, à la rencontre du Seigneur ! Je retiendrai également son dévouement pour nos frères et sœurs persécutés !

  5. Moi aussi j’ai bien connu Daniel par le FIL auquel j’ai très modestement participé et par l’université d’été légitimiste…un vrai ami nous a quitté

  6. Il y a quelques années, j’avais croisé Daniel Hamiche dans un petit resto parisien. Comme je lui avais envoyé quelques messages disant que son site « L’observatoire de la Christianophobie » était formidable mais que c’était dommage de l’avoir appelé ainsi, il me répondit avec une grande gentillesse : « Alors, c’est vous ! » puis m’a dit « c’est trop tard ! » et nous avons discuté du sujet.

    Il y avait une grande bonté chez lui dans son regard, dans son sourire et dans la façon de s’adresser à vous.

    RIP

  7. Un trentain grégorien est la célébration de trente messes quotidiennes de suite pour le repos de l’âme d’une personne. Il fallait que ce soit par le même prêtre jusqu’à récemment mais je crois que ce n’est plus le cas.
    C’est saint Grégoire le Grand qui a eu la vision d’un prêtre dont l’âme avait été sauvée par cette piété.
    C’est le plus beau cadeau spirituel qu’on puisse faire à une personne.
    Daniel, Repose en paix, mon ami, nous ne t’oublierons pas dans nos prières.

  8. Rip cher Daniel Hamiche dont les émissions sur Radio courtoisie était un véritable feu d’artifice.
    Oui, un trentain de messes compte trente messes et non neuf.

  9. Que dire de plus ? j’ai beaucoup de tristesse … Mais il a rejoint la Maison du Père et lorsque le Maître Lui aura demandé qu’as-tu fait des talents que Je T’avais donnés, le Maître sera fier de constater que ce cher Daniel rendra plus que ce qui lui avait été confié.

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