Un peu de vocabulaire : inversion, inverti

Lu sur les 4 vérités :

"Un lecteur me faisait récemment le reproche d’utiliser le vocable « inverti » pour qualifier le « mariage » homosexuel, en y voyant une marque de mépris à l’égard des personnes concernées, ce que je récuse.

Le dictionnaire donne, du mot « inverti », la définition : « Homosexuel ». Il indique, au verbe « inverser » : « Renverser la direction, la position relative de… » ; quant à l’« inversion », il s’agit de l’« action d’inverser, fait de s’inverser », ou encore, en linguistique, de la « Construction par laquelle on donne aux mots un ordre autre que l’ordre normal ou habituel. »

Je ne vois là aucun mépris, mais la constatation d’un fait :
l’homosexualité procède par rapport à « l’hétérosexualité » d’une
inversion du choix, qui se porte sur un semblable, homme ou femme,
plutôt que sur le différent.

Sous ma plume, d’ailleurs, le mot « inverti » ne qualifiait pas les personnes, mais le mariage : il s’agit donc d’une inversion du sens de cette institution et des valeurs qui lui sont attachées.
Le mariage unit un homme et une femme qui s’aiment, mais il ne célèbre
pas seulement la reconnaissance de leur amour, il ouvre aussi sur
l’engendrement et la filiation, comme le montre le livret de mariage
délivré aux nouveaux conjoints : après les rubriques consacrées à
l’époux et à l’épouse, suivent celles prévues pour les enfants. […]

Revenons à nos invertis. Ce qui dérange, au fond, dans ce
terme, c’est qu’il gomme tous les efforts déployés par le lobby homo,
depuis plus de 30 ans, pour abattre les notions de norme et de
normalité.
En effet, l’inversion suggère l’existence d’un état
antérieur qui sert de repère et désigne la norme. Or, le lobby nie
l’existence de cette norme 
: c’est à cette négation que tendent
l’équivalence entre les notions d’ « homosexualité » et
d’ « hétérosexualité » (un terme nouveau venu dans le paysage
linguistique), l’inscription de l’idéologie du genre au programme des
écoles, et aujourd’hui le projet de légalisation du « mariage »
homosexuel que je persisterai donc à appeler « mariage inverti »,
non par mépris des personnes, mais par souci de rappeler qu’il existe
une norme
, à la fois au regard de notre civilisation et de la pratique
majoritaire parmi nos concitoyens. Et qu’on le veuille ou pas, le
« mariage » homosexuel est bien une inversion de cette norme."