Bannière Salon Beige

Partager cet article

Non classé

Un jour, un texte! Les Français dans la guerre, les colonnes infernales par Reynald SEYCHER (15)

« La civilisation française, héritière de la civilisation hellénique, a travaillé pendant des siècles pour former des hommes libres, c’est-à-dire pleinement responsables de leurs actes: la France refuse d’entrer dans le Paradis des Robots. » Georges Bernanos, La France contre les robots.

Notre premier ministre a déclaré que la France est en guerre. Mais l’ennemi est chez nous, au sein même de la population française. Il ne s’agit plus d’envoyer des professionnels, formés et aguerris combattre loin de nos terres, mais de se battre contre un ennemi sournois et impitoyable, qui use pour ses attaques de toutes nos libertés et des droits des citoyens français. Avant de faire une telle déclaration, encore eût-il fallu cultiver au sein du peuple français les valeurs qui font la force morale des nations. Cette nouvelle rubrique sur la guerre a pour objet de proposer des textes pour aider tout un chacun à réfléchir sur des sujets précis et si possible, d’actualité, elle est un peu modifiée pour montrer : les Français dans la guerre: Les colonnes infernales par Reynald SEYCHER (15)

Il s’est trouvé des officiers  pour rompre avec les traditions de chevalerie. A la « guerre européenne » décrite par Joseph de Maistre dans le texte précédent, succède la guerre révolutionnaire, idéologique, inaugurée, hélas !  par  l’armée française.
C’est la haine qui devient le moteur du combat et déchaîne les instincts les plus bas.

« Ce n’est que le 8 février 1794 que le Comité de Salut public envoie à Turreau son accord par l’intermédiaire de Carnot :

« Tu te plains, citoyen général, de n’avoir pas reçu du Comité une approbation formelle à tes mesures. Elles lui paraissent bonnes et pures mais, éloigné du théâtre d’opération, il attend les résultats pour se prononcer : extermine les brigands jusqu’au dernier, voilà ton devoir… »

Dès le 11 février Turreau accuse réception : « J’ai reçu avec plaisir l’approbation que vous avez donnée aux mesures que j’ai prises… », et au représentant Bourbotte, il confie, le 15 février :

« Tu sais que sans aucune autorisation j’ai pris et mis à exécution les mesures les plus rigoureuses pour terminer cette guerre affreuse. Le Comité de Salut public a bien voulu y donner sa sanction, mais j’étais tranquille, je me reposais, qu’il me soit permis de le dire, sur la pureté de mes intentions. »

Ce même jour, le Comité écrit au représentant Dembarrère :

« Tuez les brigands au lieu de brûler les fermes, faites punir les fuyards et les lâches et écrasez totalement cette horrible Vendée… Combine avec le général Turreau les moyens les plus assurés de tout exterminer dans cette race de brigands… »

On peut voir à la lecture de cette proclamation à quel point la responsabilité du Comité de Salut public est entière.

Le 17 janvier, le général Grignon, chef de la première colonne, harangue ses soldats en ces termes :

« Camarades, nous entrons dans le pays insurgé. Je vous donne l’ordre de livrer aux flammes tout ce qui sera susceptible d’être brûlé et de passer au fil de la baïonnette tout ce que vous rencontrerez d’habitants sur votre passage. Je sais qu’il peut y avoir quelques patriotes dans ce pays ; c’est égal, nous devons tout sacrifier. »

Le 19 janvier, Cordelier rédige, à l’intention de ses chefs de corps, des instructions relatives à l’exécution des ordres donnés par Turreau, Le général doit « s’occuper personnellement » de la rive droite de la Loire.

« Il sera commandé journellement et à tour de rôle, un piquet de cinquante hommes pourvu de ses officiers et sous-officiers, lequel sera destiné à escorter les pionniers à faire leur devoir. L’officier commandant ce piquet prendra tous les jours l’ordre du général avant le départ et sera responsable envers lui de son exécution. A cet effet, il agira militairement avec ceux des pionniers qui feindraient de ne point exécuter ce qu’il commanderait et les passera au fil de la baïonnette.

« Tous les brigands qui seront trouvés les armes à la main ou convaincus de les avoir prises, pour se révolter contre leur patrie, seront passés au fil de la baïonnette. On agira de même avec les filles, femmes et enfants. Les personnes seulement suspectées ne seront pas plus épargnées, mais aucune exécution ne pourra se faire sans que le général l’ait préalablement ordonnée.

« Tous les villages, métairies, bois, genêts et généralement tout ce qui peut être brûlé, sera livré aux flammes après cependant que l’on aura distrait des lieux qui en seront susceptibles, toutes les denrées qui y existeront ; mais on le répète, ces exécutions ne pourront avoir leur effet que quand le général l’aura ordonné. Le général désignera ceux des objets qui doivent être préservés. »

Nantis de ce programme, les républicains stationnés en Vendée se scindent en deux armées : la première s’étend de Saint-Maixent aux Ponts-de-Cé et Turreau, de Cholet, en prend le commandement ; la seconde va des Sables à Paimbœuf et est confiée à Haxo. Toute la Vendée militaire se trouve ainsi encerclée. Ces deux armées comptent chacune six divisions : Dufour à Montaigu, Amey à Mortagne, Huché à Luçon, Grignon à Argenton-Château, Cordelier au Loroux, Beaufranchet, Grammont, Dalliac, Commaire, Charlery, Caffin, Chalbos sont échelonnés de l’est à l’ouest du département de la Vendée. Chacune de ces divisions comprend deux colonnes décomposées en douze corps, devant s’avancer l’un vers l’autre, de l’est ou du nord-est, de l’ouest ou du sud-ouest. En fait, la seconde armée n’est formée que de huit colonnes, chacune de 800 hommes environ, non dédoublées, et grossies de recrues.

Le pays insurgé doit être traversé en six jours. Aussi la marche a suivre est précisée avec détails, de même que la localité à atteindre. Le départ est fixé au 21 janvier, jour anniversaire de l’exécution du roi, l’arrivée au 27. En conséquence, il faut marcher « tantôt de jour, tantôt de nuit ».

Il est difficile de faire un récit global de « cette promenade militaire ». Quelques passages des rapports journaliers, adressés par ses divisionnaires à leur général en chef, excluent tout commentaire.

De Maulévrier, Caffin écrit le 25 janvier 1794 à Turreau :

« Pour le bien de la République, les Echaubrognes ne sont plus ; il n’y reste pas une seule maison. Rien n’a échappé à la vengeance nationale. Au moment où je t’écris, je fais fusiller quatorze femmes qui m’ont été dénoncées… »

Le même jour, un autre chef de colonne, Grignon, qui opère un peu plus loin, dans les Deux-Sèvres, commente de Cerizay :

« Je continue toujours de faire enlever les subsistances, de brûler et de tuer tous ceux qui ont porté les armes contre nous. Cela va bien, nous en tuons plus de cent par jour… J’oubliais de te dire que l’on m’a arrêté une dizaine de fanatiques… ils iront au quartier général. »

Le 26 janvier, de Maulévrier, Caffin poursuit :

« Un détachement de cent cinquante hommes resté à La Tessouale a fait évacuer et incendier toutes les métairies sur la route de Saint-Laurent… J’espère avant ce soir plus de deux cents bœufs et vaches. Tous les bestiaux sont épars dans les champs. Hier j’ai fait brûler tous les moulins que j’ai vus… Aujourd’hui, je peux faire brûler, sans courir de risques, les trois quarts de la ville de Maulévrier. »

Le 27 janvier, de Jallais, Cordelier insiste :

« J’avais ordonné de passer au fil de la baïonnette tous les scélérats qu’on aurait pu rencontrer et de brûler les métairies et les hameaux qui avoisinent Jallais ; mes ordres ont été ponctuellement exécutés et, dans ce moment, quarante métairies éclairent la campagne… »

Le 31 janvier, de Maulévrier, Caffin intervient encore :

« Je te préviens que tout le village d’Yzernay a été incendié hier sans y avoir trouvé ni homme ni femme. Il restait quatre moulins à vent que j’envoie incendier ce matin, n’en voulant pas laisser un seul.

« J’ai fait brûler ce matin toutes les maisons qui restaient à Maulévrier, sans en excepter une seule, si ce n’est l’église où il y a encore beaucoup d’effets qu’il serait à propos d’envoyer chercher de suite…

« Le bourg de Toutlemonde a été incendié avant-hier… »

Le 1er février, à Saint-Laurent, toujours Caffin :

« A midi je t’écris encore de Saint-Laurent… Comme je veux absolument me rendre à La Verrie ce soir, je crains de ne pouvoir incendier tout comme je désirerais… J’ai fait conduire à Cholet trente-deux femmes qui étaient dans le couvent… j’ai trouvé une vingtaine d’hommes de reste que j’ai fait fusiller avant de partir. Si j’en trouve d’autres dans ma route, ils essuieront le même sort… »

Le 3 février, à La Verrie, Caffin termine :

« Je te préviens que j’irai demain matin, avec ma colonne, brûler ce bourg (La Gaubretière); tuer tout ce que j’y rencontrerai sans considération, comme le repaire de tous les brigands. Tout y passera par le fer et par le feu… »

Turreau n’est pas en reste, comme il l’explique dans ses comptes rendus adressés au Comité de Salut public et au ministère de la Guerre.

Le 22 janvier : « Nos troupes immolent aux mânes de nos frères les restes épars de cette exécrable armée. »

Le 24 janvier :

« Mes colonnes ont déjà fait des merveilles ; pas un rebelle n’a échappé à leurs recherches… Si mes intentions sont bien secondées, il n’existera plus dans la Vendée, sous quinze jours, ni maisons, ni subsistances, ni armes, ni habitants. Il faut que tout ce qui existe de bois, de haute futaie dans la Vendée soit abattu… »

Le 31 janvier :

« Elles (les colonnes) ont passé au fil de la baïonnette tous les rebelles épars qui n’attendaient qu’un nouveau signal de rébellion… On a incendié métairies, villages, bourgs… On ne peut concevoir l’immensité de grains et fourrages qu’on a trouvés dans les métairies et cachés dans les bois.

« J’ai donné les ordres les plus précis pour que tout soit enlevé de ce maudit pays et porté dans les magasins de la République. Il est parti ce matin pour Saumur un convoi tenant près de deux lieues de long… »

Les officiers subalternes, souvent écoeurés, témoignent eux aussi :

« Amey, écrit l’officier de police Gannet dans un rapport, fait allumer les fours et lorsqu’ils sont bien chauffés, il y jette les femmes et les enfants. Nous lui avons fait des représentations ; il nous a répondu que c’était ainsi que la République voulait faire cuire son pain. D’abord on a condamné à ce genre de mort les femmes brigandes, et nous n’avons trop rien dit ; mais aujourd’hui les cris de ces misérables ont tant diverti les soldats et Turreau qu’ils ont voulu continuer ces plaisirs. Les femelles des royalistes manquant, ils s’adressent aux épouses des vrais patriotes. Déjà, à notre connaissance, vingt-trois ont subi cet horrible supplice et elles n’étaient coupables que d’adorer la nation (…) Nous avons voulu interposer notre autorité, les soldats nous ont menacés du même sort » (…).

Le président du district le 25 janvier s’en étonne :

« Tes soldats se disant républicains se livrent à la débauche, à la dilapidation et à toutes les horreurs dont les cannibales ne sont pas même susceptibles… »

Le capitaine Dupuy, du bataillon de la Liberté, adresse à sa sœur, les 17 et 16 nivôse (janvier 1794) deux lettres tout aussi explicites :

« Nos soldats parcourent par des chemins épouvantables les triste déserts de la Vendée… Partout où nous passons, nous portons la flamme et la mort. L’âge, le sexe, rien n’est respecté. Hier, un de nos détachements brûla un village. Un volontaire tua de sa main trois femmes. C’est atroce mais le salut de la République l’exige impérieusement (…) Quelle guerre ! Nous n’avons pas vu un seul individu sans le fusiller. Partout la terre est jonchée de cadavres ; partout les flammes ont porté leur ravage » (…)

« Les délits ne se sont pas bornés au pillage, ajoute Lequenio. Le viol et la barbarie la plus outrée se sont représentés dans tous les coins. On a vu des militaires républicains violer des femmes rebelles sur des pierres amoncelées le long des grandes routes et les fusiller et les poignarder et sortant de leurs bras ; on en a vu d’autres porter des enfants à la mamelle au bout de la baïonnette ou de la pique qui avait percé du même coup la mère et l’enfant » (…).

« J’ai vu brûler vifs des femmes et des hommes, écrit le chirurgien Thomas. J’ai vu cent cinquante soldats maltraiter et violer des femmes, des filles de quatorze et quinze ans, les massacrer ensuite et jeter de baïonnette en baïonnette de tendres enfants restés à côté de leurs mères étendues sur le carreau… »

Beaudesson, régisseur général des subsistances militaires, qui a suivi de Doué à Cholet la division Bonnaire fait la déclaration suivante :

« La route de Vihiers à Cholet était jonchée de cadavres, les uns morts depuis trois ou quatre jours et les autres venant d’expirer. Partout, les champs voisins du grand chemin étaient couverts de victimes égorgées… Çà et là des maisons éparses à moitié brûlées (…). »

Le général Avril, en ventôse an II, se réjouit d’avoir « couché les insurgés de Saint-Lyphard par terre au nombre de cent. II en a été grillé une quantité dans le brûlis de toutes les maisons du bourg » (…)

Pour tous ces Oradours, à quand la repentance ? »

Reynald Seycher

Extrait de : « La Vendée-Vengé ».

Ed. Perrin – 2006.

Partager cet article

9 commentaires

  1. Ah! les valeurs de la république, les bons patriotes et les adorateurs de la nation.
    L’homme sans Dieu est pire qu’une bête, il est l’esclave de Satan.

  2. Plus que de la repentance… Il faudra réparer.

  3. Alors battons nous, allons comme les juifs le font, témoigner dans les écoles. Des familles comme la mienne ont été exterminées et les historiens savaient alors que nous, la famille, nous ne savions rien et si je n’avais entrepris de faire des recherches généalogiques sur ma famille je n’aurais jamais pu découvrir la vérité. c’est bien de notre faute si la mémoire s’est éteinte et que l’histoire se répète, un jour viendra où nous seront obligé de nous battre comme eux pour conserver notre église, réveillez vous, nous y sommes, il est peut être déjà trop tard avec nos curés soixante-huitard qui s’acharnent à démolir notre église.

  4. Ces crimes atroces de la république sont l’origine de ce qu’on appelle aujourd’hui les “valeurs de la république”.

  5. La valeur de la république, c’est la « valeur » franc-maçonne « Écrasez l’infâme », véritable appel au génocide des Chrétiens, plus précisément des catholiques. À quand la repentance du génocide des Français par les républicains ? Vous ne l’aurez jamais, car ce fut l’objet de deux propositions de loi de Lionnel Luca, jamais mises à l’ordre du jour par le président de l’Assemblée nationale. Pour cela, il faudrait que la république catholicide se renie. Moi, je vais plus loin et je dis, avec de nombreux Français : à quand le Roi de France seul protecteur des chrétiens ? C’est pour l’Aîné des Capétiens que nous devons nous battre, d’autant plus que la mort de la république fut proclamée par un philosophe, Michel Houellebecq « La république est morte » et avant lui par un homme de foi déterminé : Thierry Ardisson « Le Roi, on y est ! ».
    On ne peut être catholique cohérent si l’on soutient le régime régicide, infanticide, génocidaire, catholicide, qui nous génocida et qui par essence se définit pour la disparition de l’Église. « Toute l’opération consiste bien, avec la foi laïque, à changer la nature même de la religion, de Dieu, du Christ, et à terme, définitivement l’Église. » (Vincent Peillon, ministre de l’Éducation nationale, cité page 245, par Marie-Pauline Deswarte, professeur de droit constitutionnel dans son livre « La République organique en France » http://www.via-romana.fr/?pageid=fiche&prod=212&ftitre=La+R%E9publique+organique (un livre à lire, absolument !) Souvenez-vous que « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes. » (Bossuet)
    Vive le Roi de France ! À mort la république des tyrans ! « Quand on hait les tyrans, il faut aimer les rois » (Victor Hugo) « Honorez le roi » (I Pierre 2,17)

  6. maintenant que c’est sorti des archives jusque là scellées,le temps de la Justice immanente commence à courir .
    La Repentance , seule, l’arrêtera.

  7. JE NE COMPRENDS PAS POURQUOI LES VENDÉENS NE SE RÉVOLTENT PAS PLUS CONTRE CETTE SALETÉ DE RÉPUBLIQUE FRANÇAISE :
    chaque année, nous ne sommes qu’une cinquantaine à aller jeter un bouquet dans la Loire, depuis le pont Anne de Bretagne, là où 20000 “brigands”(dixit Robespierre) ont été noyés.

  8. Ces gens endoctrinés pour tuer en toute bonne conscience étaient tous baptisés, dans une religion qui dans ses textes ne permet pas ces crimes.Alors que doit-on attendre des islamistes qui ont les justifications écrites à le faire?

  9. Tout à fait d’accord avec le commentaire de Dominique sur ce qu’est en réalité cette république, qui ne veut pas reconnaître ses fautes et son péché originel, la révolution dite française, fomentée et accomplie en réalité par une minorité agissante.
    Sur les racines chrétiennes de la France et notamment les Lois fondamentales du Royaume de France, sur lesquelles se sont fondés la fonction royale en France et nos rois, qui ont fait la France, on peut aussi consulter le site http://jesuschristenfrance.fr/
    En tout état de cause, il serait bon que les patriotes motivés se rassemblent pour faire avancer la cause juste et bonne du recours à celui qui seul pourra promouvoir le Bien commun et redresser la France.

Publier une réponse

Nous utilisons des cookies pour vous offrir la meilleure expérience en ligne. En acceptant, vous acceptez l'utilisation de cookies conformément à notre politique de confidentialité des cookies.

Privacy Settings saved!
Paramètres de confidentialité

Lorsque vous visitez un site Web, il peut stocker ou récupérer des informations sur votre navigateur, principalement sous la forme de cookies. Contrôlez vos services de cookies personnels ici.


Le Salon Beige a choisi de n'afficher uniquement de la publicité à des sites partenaires !

Refuser tous les services
Accepter tous les services