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Valeurs chrétiennes : Education

Un immense gâchis

Un immense gâchis

L’actualité des derniers jours a été assez pénible pour les personnes attachées à la liberté scolaire. Comme beaucoup de lecteurs le savent, l’affrontement entre le président de la Fondation pour l’école, Lionel Devic, et la directrice, Anne Coffinier, a conduit à la mise à pied de cette dernière.

Et, la semaine dernière, nous avons eu droit à une conférence de presse de chaque « camp », commentée par des tweets du « camp » d’en face. Après avoir rencontré plusieurs acteurs de la Fondation et notamment les deux principaux intéressés, je voudrais dire simplement (sans aucune autre légitimité que ma sympathie pour eux et pour la cause de la liberté scolaire) : Halte au feu !

Naturellement, les critiques ne sont pas illégitimes, et il est logique que de fortes personnalités ne soient pas des béni-oui-oui. Mais il est absurde de dire (comme, hélas, on a pu le lire ou l’entendre), d’un côté, qu’Anne Coffinier serait mentalement déséquilibrée ou que Lionel Devic serait, de l’autre, un traître à la cause de la liberté scolaire.

Pour notre part, depuis le début des affrontements au sein du conseil d’administration de la FPE, notre unique obsession a été d’éviter que la Fondation pour l’école, si nécessaire au combat pour la liberté scolaire, ne soit mise en péril.

Dans ce contexte, nous avions émis (en privé d’abord, puis publiquement) des interrogations sur la stratégie de la fondation Espérance Banlieues, que la FPE abritait jusqu’en avril dernier. En gros, Espérance Banlieues était-elle une structure visant à montrer l’utilité de la liberté scolaire en aidant des enfants de banlieue abandonnés par le Mammouth de l’Education nationale ou était-elle une structure visant à intégrer des enfants issus de l’immigration dans la société française ? Les deux actions sont naturellement parfaitement légitimes ; elles sont même éventuellement compatibles (bien que je doute qu’une même organisation puisse mener les deux de front) ; mais elles sont, en tout cas, clairement distinctes et l’absence de réponse à ces questions a pu faire croire que certains amis abandonnaient le combat de la liberté scolaire. Peut-être n’est-il pas inutile de rappeler que ces interrogations ne portaient que sur la stratégie et ne signifiaient rien sur les différentes personnalités impliquées dans ce douloureux, mais nécessaire, débat.

Aujourd’hui, la séparation entre Espérance Banlieues et la Fondation pour l’école est officiellement entérinée depuis plusieurs mois.

Notre seule boussole, tout au long de ces mois, a été la défense de la liberté scolaire. C’est aussi le cas de Lionel Devic, autant que d’Anne Coffinier (qui s’apprête, semble-t-il, à fonder une autre structure pour promouvoir les écoles entièrement libres). Tous deux se dépensent généreusement depuis des années pour cette cause essentielle – qui touche de près au droit naturel des parents d’éduquer leurs enfants selon leurs convictions, dont Benoît XVI rappelait qu’il s’agissait d’un « principe non négociable ».

En particulier, je voudrais insister sur le fait qu’il est faux de dire – comme je l’ai lu sur Twitter – que Lionel Devic aurait décidé de soumettre les écoles indépendantes à un régime de contrat d’association. Ce qui est vrai – mais qui est tout différent –, c’est que la FPE est engagée depuis plusieurs années dans un travail de lobbying visant à redéfinir le « contrat simple » pour le rendre accessible aux écoles indépendantes.

Une employée de la FPE, en charge des relations institutionnelles, a été au cœur de ces débats (et aussi de ces affrontements fratricides). Je ne la connais pas, ne l’ayant croisée qu’une fois brièvement. Je sais qu’elle venait de la cellule diplomatique du peu regretté François Hollande, ce qui ne prédispose pas particulièrement au combat pour la liberté scolaire – mais, après tout, chacun peut connaître son chemin de Damas et les ouvriers de la onzième heure sont bienvenus parmi nous. Cependant, j’ai surtout lu de mes propres yeux des courriels de sa part, où le point Godwin était un peu trop vite atteint à mon goût. Je peux concevoir que l’on ait des divergences de stratégie ; j’ai plus de mal à comprendre qu’il faille les « politiser » sous forme d’attaques pour « racisme » ou « homophobie ». J’ai déjà dit cent fois que les lois anti-racistes étaient des lois qui ne visaient nullement à lutter contre le racisme (idéologie aussi moderne que délétère), mais à faire taire les adversaires en les soumettant à l’arbitraire judiciaire. Il est tout de même extravagant que, dans notre « milieu », de telles pratiques aient cours.

Nous ne pouvons que prier pour que, de part et d’autre, le sens de l’intérêt général l’emporte et pour que l’on évite d’aller jusqu’à l’explosion de la structure ou sa récupération par l’appareil d’Etat macronien.

En particulier, si, comme il semble probable, Anne Coffinier lance sa propre structure au service des écoles indépendantes, j’espère qu’une complémentarité se dessinera rapidement avec la Fondation pour l’école et que la compréhensible querelle personnelle n’entraînera pas de suicidaires affrontements d’organisation travaillant pour la même cause dans un contexte, ô combien, difficile politiquement.

En attendant, comme le faisait également remarquer un récent article de Famille chrétienne, je ne peux me départir du sentiment d’un immense gâchis. Mais le temps n’est plus aux regrets ; allons de l’avant et reprenons le combat essentiel pour le droit naturel des parents à éduquer leurs enfants.

Il va de soi que, si nous pouvons, d’une façon ou d’une autre, permettre aux différents protagonistes de discuter et de chercher un terrain d’entente, nous le ferons volontiers.

Puisque la Fondation s’était placée, depuis longtemps, sous le paternel patronage de saint Joseph, nous demandons au chef de la Sainte Famille d’apaiser les esprits et de permettre que la Fondation pour l’école poursuive son œuvre au service de la liberté scolaire, par-delà les querelles personnelles qui ne nous regardent ni de près, ni de loin.

Guillaume de Thieulloy

Directeur du Salon beige

Nous vivons un changement civilisationnel dont le moteur est culturel. La famille dite traditionnelle - qui est simplement la famille naturelle - diminue massivement en nombre et en influence sociale. Le politique est de plus en plus centré sur la promotion de l’individualisme a-culturel, a-religieux et a-national. L’économique accroît des inégalités devenues stratosphériques et accélère et amplifie le cycle des crises. L'Église est pourfendue; clercs et laïcs sont atterrés.

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