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France : Politique en France

Un homme d’État doit concilier trois qualités

A l'occasion de la sortie de son livre, Les parias de la République, Maxime Tandonnet a accordé un entretien fleuve au FigaroVox. Extrait :

9782262047221"Un homme d'État doit concilier trois qualités: une vision de l'histoire, le sens du bien commun et le courage personnel. Ils sont très peu nombreux à avoir durablement émergé dans l'histoire politique française. En effet, en raison de leur supériorité, ils sont rapidement pris en chasse par le marais et réduits au silence avant d'être lapidés. Le véritable homme d'État est un paria en puissance. […]

[L]a lecture des livres de René Girard, notamment La violence et le sacré et Les choses cachées depuis la fondation du monde m'a inspiré l'idée de cet ouvrage sur les parias de la République. Sa grille de lecture peut s'appliquer à l'histoire politique française: la quête d'un bouc émissaire, victime expiatoire de la violence collective, et son lynchage par lequel la société politique retrouve son unité. Le cas d'Édith Cresson est intéressant à cet égard. Quand on lit la presse de l'époque, quand on replonge dans les actualités du début des années 1990, la violence, la férocité de son lynchage nous apparaissent comme sidérantes. On a beaucoup parlé de ses maladresses, provocations et fautes de communication qui furent réelles. Mais l'acharnement contre elle, les insultes, la caricature, la diffamation contre une femme Premier ministre qui prenait une place convoitée par des hommes, a atteint des proportions vertigineuses. On en a oublié des aspects positifs de sa politique: le rejet des 35 heures, la promotion de l'apprentissage, des privatisations et de la politique industrielle, la volonté de maîtriser les frontières. Elle fut vraiment une femme lynchée. Et sur ce sacrifice, les politiques de son camp ont tenté de se refaire une cohésion. Sans succès. Encore aujourd'hui, je constate à quel point elle fut haïe. Des personnalités de droite ou de gauche m'ont vivement reproché de tenter de la «réhabiliter» parmi mes parias! De fait, je ne cherche pas à la réhabiliter et ne cache rien de ses erreurs, mais je mets le doigt sur un épisode qui n'est pas à l'honneur de la classe politique française. La violence est certes inhérente à la république dès lors que la république suppose une concurrence pour les postes, les mandats, les honneurs. Cette violence devrait être tempérée par la morale, le sens de l'honneur, du respect des autres, par les valeurs au sens du duc de Broglie. Elle ne l'a pas été à l'égard d'Édith Cresson. Elle l'est de moins en moins aujourd'hui, comme en témoigne la multiplication des lynchages politico-médiatiques à tout propos.

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