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France : Politique en France

Un catholique ne peut pas donner son voter à la légère

Interrogé par Liberté Politique à l'approche des prochaines échéances électorales, Christophe Geffroy indique :

G "Notre règle est d’aborder les problèmes sous l’angle de la réflexion, celle-ci étant elle-même toujours guidée par l’enseignement de l’Eglise. Notre vocation n’est pas de prendre parti dans le combat électoral. Celui-ci a bien sûr toute sa légitimité, mais nous nous situons au niveau du débat d’idées en l’abordant ouvertement en catholiques militants fidèles au Magistère et notamment à la doctrine sociale de l’Eglise. Si l’on pense que les idées mènent le monde, les combats politiques se gagnent ou se perdent bien en amont de l’élection, dans le domaine culturel des idées. C’est là que nous essayons d’agir à notre modeste place et cela n’est pas compatible avec un soutien militant à tel ou tel parti politique. […]

L’élection présidentielle est un moment privilégié du débat politique ; hélas, il est peu souvent à la hauteur des enjeux et des problèmes réels de la société française. On se souvient néanmoins que l’élection de 2007 avait été l’occasion d’un véritable débat, dans le monde catholique, sur les «points non négociables». Le pape Benoît XVI l’avait lui-même évoqué dans un discours, le 30 mars 2006, aux participants du congrès du Parti populaire européen : le respect de la vie, la défense de la famille, le droit des parents d’éduquer leurs enfants. […]

Cette « Note doctrinale » [de 2002] a surtout marqué un tournant important pour les catholiques, car elle a contribué à leur ouvrir les yeux sur le fait que l’on ne pouvait donner son vote à un candidat à la légère, et elle lui fournit des éléments de réflexion et de choix incontournables. Le tournant, me semble-t-il, est qu’avec cette Note, l’Eglise explique aux fidèles qu’il y a des points auxquels un catholique ne peut renoncer quitte, s’il le juge en conscience, à s’abstenir ou voter blanc : cet aspect est vraiment d’actualité quand on observe que les deux principaux grands partis en France, UMP et PS, dérogent chacun à au moins quatre de ces six «exigences éthiques fondamentales, auxquelles on ne peut renoncer» !

Les thèmes de cette Note n’épuisent cependant pas tous les aspects en jeu. On peut s’interroger, par exemple, sur le fait de savoir s’il n’est pas d’abord nécessaire de se défaire des carcans bureaucratiques et antidémocratiques qui nous enserrent – à travers l’actuelle « construction » européenne notamment – pour se donner une liberté d’action et des moyens d’agir que l’on ne possède pas aujourd’hui ?"

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