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Tribune libre

Un bon cadeau de Noël pour vos enfants

Un bon cadeau de Noël pour vos enfants

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Chères Familles,

La période de l’Avent nous permet de nous préparer spirituellement à la fête de la Nativité de Notre-Seigneur. Cette préparation spirituelle s’accompagne d’une préparation matérielle qui consiste en particulier dans l’achat de cadeaux pour les enfants mais aussi pour les adultes. Si les chrétiens ont pris l’habitude d’offrir des cadeaux aux enfants à l’occasion de Noël ou de l’Epiphanie, c’est pour honorer à travers les plus jeunes l’humble naissance du Christ qui a voulu naître d’une femme et connaître comme nous cette période touchante de la petite enfance. Se faire des cadeaux à Noël, c’est de plus montrer que nous sommes contents de faire plaisir aux membres de notre famille et à nos amis car, comme l’enseigne Notre-Seigneur au témoignage de saint Paul, il y a plus de joie dans l’acte d’offrir que dans l’acte de recevoir.

Je voudrais attirer votre attention sur le choix des cadeaux que vous allez offrir à vos enfants, non pour vous dicter ce que vous devez faire mais pour vous inciter à ne pas choisir des cadeaux prisés par le monde mais bien souvent néfastes pour l’intelligence, la volonté et l’âme de vos enfants.
Vous l’avez deviné : je vous encourage à ne pas céder aux modes et à la pression sociale en offrant à vos enfants tout ce qui les met en contact avec le monde numérique et l’univers d’Internet, tout ce qui se rapproche de près ou de loin du fameux smartphone.

Une importante littérature scientifique montre que l’utilisation régulière d’un smartphone est nuisible pour la formation de l’intelligence : habitude de « surfer », incapacité de se concentrer sur un texte dépassant quelques paragraphes, réduction du temps consacré à la lecture et au travail scolaire, nivellement par le bas des compétences de l’écrit à cause de l’habitude d’écrire des messages phonétiques et j’en passe. Il est en de même pour l’acquisition de vertus comme la tempérance en raison d’une addiction vite irrépressible à l’égard de ces moyens de communication et de divertissement. Signalons également pour beaucoup d’adolescents une quasi-disparition des activités sportives pourtant si nécessaires à leur bonne santé. Pour moi qui fait des randonnées, je constate d’année en année la raréfaction des marcheurs, en dehors de la tranche des plus vieux qui, parce qu’ils n’ont pas dans leur jeunesse pris l’habitude d’utiliser ces engins, savent encore s’en abstenir le temps d’une ballade.

Je resterai sobre sur les dégâts de ces écrans pour la vie spirituelle de nos jeunes car les contenus pernicieux restent le plus souvent accessibles et possèdent un redoutable pouvoir d’avilir l’âme et de l’enchaîner pour de longues années. Une seule image suffit pour troubler l’âme et éveiller sa mauvaise curiosité. La délivrance d’une addiction à la pornographie se fait toujours dans la douleur car il semble que même la grâce de Dieu recule devant cet abîme sans fond si contraire à notre dignité d’enfant de Dieu. Chers parents, ces dérives ne touchent pas que les enfants des autres : vos propres enfants ont en eux ce terrible legs de nos premiers parents : la blessure de concupiscence. Vous le savez, les garçons sont spécialement touchés par celle des yeux, celle qui s’étale toujours plus largement et impunément sur Internet. Laissez un commentaire un tantinet antisémite sur un site, vous subirez les foudres des ligues de vertu et de la loi, inondez Internet d’images immondes, vous ferez de juteuses affaires avec la bénédiction des pouvoirs publics.

Si des parents arrivent à imposer à leurs enfants les plus jeunes des règles strictes sur l’usage d’Internet, ils ont souvent plus de mal à rester fermes face à leurs adolescents qui se laissent entraîner par la pression du monde et de leurs camarades déjà atteints. Il n’y a rien d’incongru, de stupide, d’inconvenant à attendre le moment des études supérieures pour permettre à vos enfants d’utiliser un smartphone, si vraiment ils en ont alors besoin. Personnellement, je n’en ai pas, ayant fait des choix de civilisation au sujet de l’utilisation de certains outils contemporains.

Certains pourraient dire : « Mais il faut les habituer pour qu’ils en fassent un bon usage. Si a 15 ans, ils peuvent avoir un smartphone, ils apprendront à l’utiliser correctement ». Deux réponses à cela. Premièrement, si conduire un véhicule est très utile, il n’empêche que les jeunes doivent attendre 18 ans pour passer leur permis et, s’ils peuvent conduire avant, c’est sous la surveillance continuelle de leurs parents. Deuxièmement, Internet n’est pas un outil comme les autres. Ce n’est ni une voiture, ni un tractopelle, c’est bien pire que cela. Cet outil nous met en relation avec toute la science du monde mais aussi toute l’ordure du monde. Il faut une vertu bien ancrée pour l’utiliser à bon escient. Ces outils sont étudiés pour que nous devenions dépendants d’eux, pour que nous passions toujours plus de temps sur eux. Ce sont des machines à fabriquer de l’addiction. Préserver les plus jeunes, leur permettre de vivre leurs années d’enfance et d’adolescence sans devenir dépendants est le plus cadeaux que nous puissions leur faire, joint à celui de l’exemple que nous savons leur donner d’une utilisation vertueuse, c’est-à-dire limitée, de ces moyens.

Deux petits faits pour conclure. Je me suis rendu une fois aux urgences de Fleyriat, près de Bourg-en-Bresse, pour accompagner un élève de terminale qui s’était tordu la cheville en faisant du sport. Comme les délais d’attente sont très longs (avec cette fumeuse formule en chiasme qui attend le patient à l’entrée : « Ce n’est pas parce que nous sommes en grève que vous attendez mais parce que vous attendez que nous sommes en grève »), l’élève et moi-même avions pris des livres pour meubler les temps morts. Le médecin qui vit notre élève plongé dans un livre fut plongé dans l’admiration : un jeune sans écran entre les mains mais capable de lire un vrai livre. Cela forçait son admiration. Même ma soutane ne faisait pas autant d’effet.

L’autre fait est plus triste. Nous nous réjouissons cette année d’un nombre important d’entrées dans les séminaires de la Fraternité Saint-Pie X et ceci à juste titre. Ce que nous ne savons pas, c’est que ces entrées auraient pu être encore plus nombreuses mais qu’un certain nombre de candidats sont chaque année refusés en raison d’une addiction aux écrans. Et oui, au séminaire, pas de smartphone. Pour des jeunes déjà enchaînés, et cela sans parler de contenu immoraux, l’abstinence demande un effort trop important que leur volonté anémiée n’est plus capable de fournir, malgré parfois des signes évidents d’un appel divin. Quel gâchis à cause parfois d’une faiblesse des parents alors qu’il aurait fallu opposer un non énergique à une demande dictée par l’esprit mondain.

Alors, chers Parents, offrez à vos enfants des cadeaux qui leur permettent de se cultiver, de développer leurs talents pratiques ou créatifs dans le monde réel, de pratiquer des activités sportives, de jouer avec des vrais gens autour d’une vraie table, mais bannissez les écrans et le monde numérique des paquets rutilants placés au pied du sapin. Et si des amis, toujours bien intentionnés, ou les grands-parents, désireux de faire plaisir à leurs petits-enfants, se proposent d’offrir des cadeaux numériques, n’hésitez pas à les refuser, poliment mais fermement : « Charbonnier est maître chez soi ». Ce sont vos enfants, c’est vous qui aurez à répondre devant Dieu de l’éducation et de l’exemple que vous leur aurez donnés.

A tous un saint temps de l’Avent, rempli de grands désirs dans l’attente de celui qui vient donner aux hommes de bonne volonté le salut et la joie.

Abbé Ludovic Girod

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1 commentaire

  1. Nous venons d’avoir l’inspection d’académie : pas de télévision, de console, de revues, ni de téléphone portable pour les enfants.

    Les inspecteurs sont surpris, mais bienveillants.
    L’inspection d’académie s’éternise car ils ont des discussions intéressantes avec les enfants.

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