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Valeurs chrétiennes : Culture

Tu es Petrus : La formation religieuse au service de la vie spirituelle

Capture d’écran 2018-01-08 à 20.40.22Extrait de l'éditorial de l'abbé Benoît Paul-Joseph :

"En cette période où l’Église nous invite à contempler le mystère de l’Incarnation du Verbe éternel, le présent numéro de Tu es Petrus vous propose, à travers plusieurs articles, d’approfondir cet évènement prodigieux, en méditant sur ses innombrables richesses. Tel est d’ailleurs l’objectif de la formation chrétienne continue dont Tu es Petrus se veut l’un des modestes instruments : non pas engendrer une simple érudition, une « culture chrétienne » sans lien avec la vie spirituelle, mais aider les âmes chrétiennes à entrer toujours plus profondément dans les mystères insondables et inépuisables de leur religion, afin que ceux-ci sans cesse nourrissent et fortifient leur vertu de foi. Car, sans tomber dans un intellectualisme desséchant, il importe toutefois de ne pas oublier que la vertu théologale de foi est reçue dans notre intelligence, octroyant à celle-ci une lumière supérieure pour qu’elle puisse adhérer à des vérités qui, naturellement, la dépasse. La foi est ainsi la « vertu de l’intelligence » dans le sens où sa croissance dépend, en partie, de notre connaissance des vérités révélées. Il est en effet difficile d’adhérer solidement et d’aimer profondément ce que l’on connaît peu ou mal. La formation chrétienne est donc au service de notre vie spirituelle, remettant régulièrement devant nos yeux des vérités auxquelles nous croyons, mais parfois à travers une connaissance superficielle ou qui, avec le temps, finissent pas être frappées d’une forme d’irréalisme. Ce dernier danger guette surtout les âmes ayant eu la grâce de recevoir une instruction chrétienne dès leur plus jeune âge. En effet, si elles n’y prennent pas garde, se développe chez elles, au fil du temps, un esprit de diminution et d’amoindrissement qui tend à effacer aux yeux de leur pensée la réalité vive et intense des mystères de la foi. Trois raisons principales semblent expliquer ce phénomène :

  • Tout d’abord parce que les mystères de notre religion excèdent les capacités de notre intelligence et que, si notre pensée aime à s’arrêter sur ce qui est à sa mesure et à son échelle, elle redoute naturellement tout ce qui la dépasse. Nous portons en nous un virus étrange et pernicieux : les choses nous semblent naturellement incroyables dès qu’elles sont au-dessus de nos pensées, et nous doutons de la réalité de ce que nous ne comprenons pas. Il s’agit d’une maladie infantile et orgueilleuse que Pascal stigmatise en ces termes : « Tout ce qui est incompréhensible ne laisse pas d’être ».
  • Ensuite, les mystères de la foi sont relatifs à des faits anciens, reculés dans l’histoire et sur lesquels les siècles ont roulé. Aussi, la masse d’événements qui nous en sépare les dérobe facilement à notre imagination et à notre contemplation. Ils sont tellement loin de nous que nous ne nous arrêtons plus à leur réalité historique et finissons même par l’oublier. Sans que cela soit conscient, nous en restons parfois au niveau du conte, particulièrement avec le mystère de la Nativité que la culture chrétienne occidentale a entouré de traditions colorées et charmantes mais parfois assez éloignées de la réalité du fait historique.
  • Enfin, pour les âmes instruites dès l’enfance des vérités chrétiennes, ce sont des évènements familiers dont on leur a beaucoup parlé. Ainsi, avec le temps, ces mystères dont on les a entretenues dès le plus jeune âge, sont-ils devenus presque évidents. Ils constituent leur paysage religieux, habillent leur vie spirituelle à l’image d’un papier-peint auquel on ne prêterait plus attention. Or, s’il existe une bonne familiarité qui est cause d’attention et de profondeur parce qu’elle résulte d’une intimité respectueuse et aimante, il existe aussi une mauvaise familiarité qui émousse l’attention et ne laisse plus apercevoir ce qui a été trop vu. Il est même, nous le savons, une familiarité qui engendre le mépris. Si donc notre proximité avec les mystères de la foi est bonne en elle-même, elle comprend aussi un danger : celui de porter sur les vérités surnaturelles un regard usé et terne. […]"
     

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