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France : Politique en France

Trop, c’est trop!

Trop, c’est trop!

De Stéphane Buffetaut, élu de Vendée, ancien député européen, secrétaire national aux affaires européennes du CNIP, pour le Salon beige:

Devant les journalistes du Parisien, Emmanuel Macron s’est livré à un de ses divertissements favoris : la provocation méprisante, la fracturation de la société française, comme si elle n’était pas déjà assez divisée. Mais, pire encore, la désignation à la vindicte  publique de cinq millions de Français qui n’enfreignent aucune loi. Est-ce bien là le rôle d’un Président de la république qui est supposé être le Président de tous les Français ? On le sait, il ne s’agit là que d’une fiction, le premier magistrat n’est jamais que le président de ceux qui l’ont élu. Mais au moins peut-on essayer de sauvegarder les apparences. Macron, non. On l’avait déjà compris lors de la crise des gilets jaunes.

Donc ce personnage veut emmerder les non vaccinés. Il serait intéressant de savoir pourquoi. Seraient-ils un vecteur de transmission d’un virus, qui au demeurant semble être dans la phase d’affaiblissement et de perte de virulence ? Nous savons aujourd’hui que les vaccins ARN protègent des formes graves de la maladie, mais ne diminue que faiblement la transmission, donc les vaccinés et les non vaccinés sont transmetteurs et comme les vaccinés sont infiniment plus nombreux que les non vaccinés (76,8% des Français sont totalement vaccinés et 78,5% partiellement vaccinés), ce sont eux les principaux vecteurs du virus. Virus dont la virulence diminue notoirement, rappelons-le. Il est clair que les personnes non vaccinées prennent un risque, mais il est faux de dire qu’ils font courir un risque aux autres qui sont vaccinés et en principe protégés. A moins que les vaccins soient fort peu efficaces.

En toute logique cela signifie que le laisser passer sanitaire, demain vaccinal, n’est en aucun cas un rempart contre les vagues de contamination, comme les faits l’indiquent aujourd’hui avec le variant omicron, y compris dans les pays où la population est vaccinée quasiment à 100% comme Israël ou Gibraltar.

Ensuite vient la question de l’engorgement de l’hôpital. Qui a continué de fermer les lits d’hôpitaux dans une logique technocratique folle ? Le Gouvernement. De surcroît, il est patent que le variant omicron ne provoque pas une ruée vers les hôpitaux et qu’en outre, avant même le début de la pandémie les hôpitaux français étaient débordés à cette époque de l’année par les malades de la grippe saisonnière, en raison de la politique de fermeture de lits et du manque de soignants.

La frénésie punitive de Macron est donc non seulement hors de propos mais encore scandaleuse car il désigne un bouc émissaire, une minorité à punir, à dénoncer voire à haïr. Procédé caractéristique des régimes totalitaires. Et ce qui est inquiétant c’est que la caste déracinée qui nous gouverne, et qui gouverne bien des pays de l’Occident décadent, est à l’évidence tentée par un système de contrôle total de la population à la mode chinoise. Un totalitarisme pour le moment sans goulag, mais qui invente un système de coercition légal total, sanctionné par des juges eux-mêmes idéologues. Pendant la révolution française, Camille Desmoulins avait noté que « ce sont les tyrans malhabiles qui usent des baïonnettes, ceux qui sont habiles usent de la loi ».

On pourra aussi souligner que s’il veut emmerder les Français non-vaccinés, il ne lui vient pas à l’idée « d’emmerder » ceux qui, dans soixante trois quartiers dit de « reconquête républicaine », pourrissent et menacent quotidiennement la vie de tant de concitoyens.

Outre le fait d’être vulgaire et scandaleux le Président de la république ment de façon éhontée. Il affirme « ne pas vouloir emmerder les Français », or il n’a cessé de le faire depuis le début de son quinquennat. Rappelons-nous les raisons de l’embrasement soudain des gilets jaunes : des vexations de trop, gratuites mais coûteuses pour une grande partie des Français vivant en dehors des grandes métropoles. Rappelons-nous la liste impressionnante des mesures absurdes et vexatoires qui ont accompagné la politique sanitaire de ce gouvernement démentiel servi par une administration cinglée : définition par des bureaucrates des biens essentiels et non essentiels que l’on pouvait acheter ou pas, le tout contrôlé par les douanes avec sanction à la clé, auto rédaction de laisser passer, interdiction de boire en plein air, interdiction de diffuser de la musique dans les établissements recevant du public si elle pouvait s’entendre à l’extérieur, obligation de porter le masque en plein air après avoir dit que son usage était inutile en extérieur (Véran mars «2020), publication de protocoles sanitaires de dizaines de pages et inapplicables dans les faits. Le tout bien sûr assorti d’amendes.

Pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Le Premier Ministre, avec ses allures de clown triste, nous a indiqué que l’on pourrait consommer des boissons dans les bars debout mais pas assis ! Qu’il serait interdit de manger ou de boire dans les trains et le Ministre des transports a précisé que c’était pour éviter de voir des voyageurs manger des chips durant toute la durée d’un trajet ! Quant à Monsieur Blanquer, sans doute trouve-t-il opportun et respectueux pour les directeurs d’école et les professeurs de leur transmettre la veille de la rentrée un nouveau protocole de dizaines de pages ? Pour faire bon poids l’obligation d’organiser le télétravail  trois jours dans la semaine dans les entreprises  a été évidemment assortie d’une amende de 1000€ par salarié ! Comme si ce Gouvernement et son administration avait trouvé une nouvelle devise pour la république : contraindre, contrôler, sanctionner.

Cet Etat abusif, intrusif, spoliateur et en même temps incapable d’assurer correctement ses fonctions régaliennes, est un des problèmes majeurs dont souffrent les Français. Il est surprenant que les candidats à la présidence de la république s’en saisissent peu, sauf par le petit bout de la lorgnette, la réduction du nombre de fonctionnaires. Pour y parvenir il faut d’abord supprimer les réglementations absurdes et inutiles afin de libérer les Français du carcan jacobin.

La Boétie notait  que « les tyrans sont grands parce que nous sommes à genoux ». Relevons-nous. Vite ! La prochaine élection présidentielle nous en donne l’occasion. Ne la manquons pas.

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5 commentaires

  1. “C’est un singulier gouvernement qu’une république où il faut que tous les membres de la communauté soient des Caton et des Catilina : si parmi les premiers il se trouve un seul coquin, ou parmi les derniers un seul honnête homme, la république n’existe plus.
    On s’écrie : Les citoyens sont des esclaves, mais esclaves de la loi. Pure duperie de mots.
    Que m’importe que ce soit la loi ou le roi qui me traîne à la guillotine ? On a beau se torturer, faire des phrases et du bel esprit, le plus grand malheur des hommes c’est d’avoir des lois et un gouvernement.”

    Chateaubriand
    Essai historique sur les révolutions

  2. “Qu’arrive-t-il lorsque l’ambition des grands est parvenue à remplacer le trône ? Que le peuple, opprimé par ces nouveaux maîtres, se repent bientôt d’avoir une multitude de tyrans à la place d’un roi légitime.”

    Chateaubriand
    Essai sur le révolutions

  3. Contrairement à ce qui est écrit dans dans l’article de Mr Buffetaut, il me semble bien que l’on peut consommer des boissons assis mais pas debout dans les bars. Ce qui est sans doute censé réduire le nombre de consommateurs et respecter la distanciation !! Ceci dit56 % des lecteurs d’un journal régional ne sont pas choqués par les propos de notre Président de la République et sont sans doute près à voter pour lui. S’ils aiment être traités en chiens battus, pourquoi pas ?

  4. Décidément toujours fâché avec l’accord des verbes avec leur sujet ;
    — 3ème paragraphe : les vaccins à ARN… ne diminue
    — 3ème paragraphe avant la fin : comme si ce gouvernement et son administration avait trouvé… (deux sujets du même verbe = pluriel
    Dommage. Cordialement quand même.

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