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Bioéthique

Trois ADN pour un bébé à la carte : eugénisme

Le parlement britannique a approuvé mardi le projet de «fécondation in vitro avec remplacement mitochondrial», soit la fécondation in vitro «à trois parents». La journaliste Anne-Laure Debaecker y voit un procédé de manipulation de l'ADN comme dans le film "Bienvenue à Gattaca", qui met en scène un monde futuriste où les enfants sont fabriqués systématiquement in vitro, après sélection de l'ADN, afin de donner des individus les plus performants possibles. Du fait des manipulations projetées, l'embryon

[…] "va posséder un ADN hybride qu'il transmettra aux générations suivantes. Ce procédé va à l'encontre de l'article 13 de la Convention sur les Droits de l'Homme et la biomédecine du Conseil de l'Europe qui stipule que «toute intervention ayant pour objet de modifier le génome humain ne peut être entreprise que pour des raisons préventives, diagnostiques ou thérapeutiques et seulement si elle n'a pas pour but d'introduire une modification dans le génome de la descendance.»

Cette «avancée médicale» soulève de nombreux problèmes éthiques: usage et statut du don d'ovules, droits à accorder à la donneuse dont une partie -certes infime- du patrimoine génétique sera transmise à l'enfant à naître, manque de recul quant aux conséquences psychologique et physiologique sur l'enfant, mais aussi risque de dérive eugénique.

Cette technique n'est, en effet, pas utilisée à des fins thérapeutiques mais préventives: il s'agit de créer un être humain auquel on aura neutralisé et remplacé un gène malade précis, grâce à un bricolage à partir de trois donneurs. Le résultat de ce ménage à trois est transmissible à la descendance et constitue un premier pas vers le «bébé à la carte»".[…]

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