Travail dominical : une provocation

Laurent Dandrieu fustige la proposition de Brice Hortefeux :

"Quelle mouche a piqué Brice Hortefeux ? Annoncer, à quelques jours des
défilés syndicaux
du 1er mai, le dépôt d’une nouvelle proposition de
loi sur l’extension du travail le dimanche ; donner cette information
un dimanche
et, cerise sur le gâteau, que ce soit un ministre qui se
charge d’annoncer ce qui est censé être une initiative parlementaire 
:
tout cela ressemble à s’y méprendre à une provocation. Si l’on ajoute
que cette annonce pour le moins prématurée (la proposition de loi, qui
n’a pas encore d’auteur bien qu’elle ait déjà un contenu, ne sera pas
inscrite à l’ordre du jour avant juillet) coïncide avec une nouvelle
montée des chiffres du chômage
(63 400 chômeurs supplémentaires en
mars, ce qui porte le total de demandeurs d’emploi à 2,44 millions),
tandis que de plus en plus d’entreprises mettent partiellement leurs
employés au chômage technique, cette nouvelle offensive contre le
dimanche paraîtra pour le moins décalée. Et même carrément surréaliste
si l’on entend le ministre du Travail expliquer sur tous les tons sa
volonté de «bien souligner qu’il ne s’agit pas d’une remise en cause
du repos dominical
». On a beau être habitués, à chaque fois que
l’Europe fait un pas vers la supranationalité, à entendre nos
gouvernants nous expliquer que c’est pour mieux défendre l’Etat-nation,
ce genre de grand écart orwellien n’en écorche pas moins les oreilles."

Michel Janva

2 réflexions au sujet de « Travail dominical : une provocation »

  1. Sancenay

    Ne nous plaignons pas : cette provocation n’arrange pas nécessairement la douce campagne consensuelle de L’Union des Maudits Pirates, mais va favoriser un minimum d’union syndicale, précisemment sur la défense du repos dominical.
    Monsieur Heurtefeux a du davantage penser à quelque sauvetage divergent du “succès” projeté par son aimable collègue Bertrand, “mais cela ne nous regarde pas”…

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