Bannière Salon Beige

Partager cet article

Histoire du christianisme

Traduction d’un manuscrit écrit par l’impératrice Zita d’Autriche

L'abbé Debris, auteur de De choses et d’autres. Le surnaturel dans la vie de Zita, a accepté de répondre au Salon beige. Voici la première partie de cet entretien :

De choses et d'autres est l'édition critique d'un manuscrit un peu hétéroclite écrit par l'impératrice Zita d’Autriche. Pouvez-vous nous présenter cette dernière ?

DebrisL’impératrice Zita est née princesse de Bourbon de Parme, 17e des 24 enfants du dernier duc de Parme, Robert, fils spirituel du comte de Chambord et de Maria Antonia de Bragance. Elle est née le 9 mai 1892 près de Lucques, en Toscane. Elle épousa l’archiduc héritier en second, Charles, le 21 octobre 1911. Après l’attentat de Sarajevo, le 28 juin 1914, ils devinrent le couple héritier de plein droit puisque les enfants de François-Ferdinand n’étaient pas dynastes du fait d’un mariage morganatique. Ils montèrent sur le trône de l’Empire austro-hongrois à la mort du grand-oncle de Charles, François-Joseph, le 21 novembre 1916. Le couronnement ne se faisant que pour la partie hongroise, Charles fut sacré et ceint de la couronne apostolique de St Étienne le 30 décembre 1916. Zita la reçut posée sur l’épaule pour montrer qu’elle devait contribuer à porter cette charge.

Ils arrivaient au pire moment, au milieu d’une guerre mondiale qui devait finalement avoir raison de l’Empire multiséculaire des Habsbourg, les 11 et 13 novembre 1918 respectivement pour les deux parties de l’Empire.

Après un court exil intérieur en Autriche (novembre 1918 – mars 1919), ils furent exfiltrés par les Britanniques, craignant que ne se reproduisît le crime d’Iékaterinbourg contre les Romanov. Ils se fixèrent en Suisse (Wartegg, canton de St Gall, Prangins, canton de Vaud, Hertenstein, canton de Lucerne) de mars 1919 à octobre 1921. Charles voulut récupérer son trône hongrois mais fut trahi par le régent Miklós Horthy qui préféra garder le pouvoir. À la seconde tentative à laquelle Zita participa, ils furent exilés comme Napoléon sur une île plus lointaine de l’Europe : Madère (Portugal). Charles y mourut le 1er avril 1922, des suites d’un mauvais traitement de la pneumonie provoquée par les mauvaises conditions de vie. Elle accoucha de son huitième enfant, posthume, en mai 1922 au Pardo, près de Madrid, avant de se fixer à Lekeitio, dans le pays basque espagnol, à l’Est de Bilbao, jusqu’en octobre 1929. Là, « l’empereur » Otto devant poursuivre ses études, elle l’envoya à Louvain et s’installa à Steenokkerzeel à l’Est de Bruxelles. Ils en furent chassés le 10 mai 1940 par l’invasion nazie sur l’Ouest de l’Europe qui les menaçait directement de mort. L’exil continua au Canada, à Sillery près de Québec (octobre 1940 – octobre 1948) puis aux États-Unis, à Tuxedo Park, NY (1948-1953). Elle revint en Europe car ses enfants y retournaient presque tous pour y fonder une famille. Elle s’occupa de sa mère âgée et malade, au château de Berg (grand-duché de Luxembourg) jusqu’en 1959 puis voyagea au gré des déménagements de ses enfants, surtout entre la France, la Belgique, la Suisse, l’Allemagne et même le Mexique.

En 1962, elle s’établit dans le canton des Grisons, à Davos puis à Zizers. Son temps se partageait à aider ses enfants dans l’éducation d’une nombreuse progéniture, mais aussi à passer chaque année un temps prolongé en clôture à Solesmes. Oblate depuis 1926, elle avait voulu devenir moniale au début des années 1950, mais n’y fut pas admise par le Père Abbé sur pression de sa famille qui ne voulait pas se priver d’elle, point focal de tous les enfants et petits-enfants, transmettant la mémoire vivante du dernier empereur et roi, dont le procès de béatification avait commencé en 1949. Elle obtint un indult de Pie XII pour passer 2 mois par an en clôture auprès de trois de ses sœurs, moniales. Elle eut la joie de pouvoir revenir en Autriche d’où elle avait chassée 63 ans plus tôt, le 16 mai 1982, à Feldkirch, très discrètement, avant un accueil triomphal à Vienne le 13 novembre. Elle mourut à près de 97 ans à Zizers, le 14 mars 1989 mais fut enterrée à Vienne le 1er avril, 67e anniversaire de son veuvage qu’elle passa vêtue de noir. Le cérémonial de la cour fut retransmis sur les chaînes de télévision. Alors que le cercueil attendait pour pénétrer dans l’église des Capucins à Vienne, le P. Undesser, custos de la crypte, interrogea à la première série de trois coups de derrière la porte fermée : « qui demande à entrer ». Face à la titulature intégrale, comptant plus de cinquante titres de noblesse « Sa Majesté Zita, impératrice d’Autriche, Reine Apostolique de Hongrie, reine de Bohême, de Dalmatie, de Croatie, de Slavonie, de Galicie, de Lodomérie et d’Illyrie, reine de Jérusalem etc…», il répondit : « Je ne la connais pas ». La seconde fois, seuls deux titres furent avancés « Sa Majesté Zita, impératrice d’Autriche, Reine Apostolique de Hongrie ». La réponde demeura identique : « Je ne la connais pas ». Les portes demeuraient closes. À la troisième série, « qui demande à entrer » : « Zita, pauvre pécheresse », fut répondu : « Qu’elle entre ».

Comment le manuscrit a-t-il été transmis jusqu'à cette édition ?

J’ai commencé mes recherches sur l’impératrice Zita dès Pâques 2007 à Québec, bien avant que je ne fusse présenté en décembre à l’archiduc Rudolf d’Autriche, qui suit la cause pour la famille impériale et que M. Jean Sévillia me nommât. Il préside en effet l’association pour la béatification de l’impératrice Zita, créée à l’initiative de l’archiduc sur ma recommandation pour se conformer au droit canonique qui préfère les personnes morales.

Ces recherches historiques m’ont conduit, jusqu’à ce jour dans le monde entier, soit pour rencontrer des témoins, soit pour trouver de nouvelles archives. J’allai ainsi, hormis la France, en Belgique, au Luxembourg, aux Pays-Bas, en Suède, Allemagne, Suisse, au Liechtenstein, en Autriche, République Tchèque, Italie, au Vatican, en Croatie, Espagne, Afrique du Sud, aux États-Unis et au Canada. En 2011, je découvris qu’une personne possédait des archives de l’impératrice qu’elle consentait à me prêter et à publier. Cette personne est l’héritier de celle qui s’était vu confier par l’impératrice elle-même ce manuscrit. Toutefois le légitime propriétaire de ces archives souhaite garder l’anonymat et je lui en fis la promesse. Mon honneur sacerdotal y est engagé. Très peu de personnes ont connaissance de son identité : parmi elles, mon éditeur ainsi que les deux prêtres en charge de l’instruction du procès de béatification, les Abbés Bruno Bonnet, juge et François Scrive, promoteur de justice. Tous ont copie de la lettre d’autorisation de publication et la promesse d’anonymat faite à ma source.

J’insiste sur le fait que cet ensemble d’histoires ne provient en aucune façon des archives de l’impératrice Zita. Ayant été prises par l’Archiduc Otto à la mort de sa mère, elles n’étaient plus accessibles à la recherche comme du temps de l’impératrice qui les avait ouvertes en de rares mais très fructueuses occasions à l’Anglais Gordon Brook-Shepherd et aux Autrichiens Erich Feigl et Tamara Griesser-Pečar qui publièrent tous d’intéressants ouvrages. Pas même les autres archiducs, frères d’Otto et leurs descendants, ne savaient où elles se trouvaient et a fortiori, n’y avaient accès. La cause de béatification exigeait pourtant qu’on pût les consulter. J’aurais sinon dérogé au serment fait à ma prise de fonction lors de l’ouverture du procès d’accomplir soigneusement mon office, en accédant à toutes les sources et témoignages disponibles. Précisons que ce serment implique aussi une totale transparence et vérité. Aucune source ne peut être escamotée, si elle devait s’avérer problématique. Toute cause de béatification rencontre des obstacles, car le diable est aussi à l’œuvre. Il convient simplement d’affronter le problème, d’exposer les tenants et les aboutissants pour le résoudre. Je suis convaincu que cette cause est noble et belle, qui plus est, voulue par Dieu qui m’a donné personnellement quelques signes providentiels qui ne trompent pas. Et le Seigneur nous rappelle que la vérité rend libre. Il fallait éviter que ne se reproduisît ce qui avait ralenti la cause de l’empereur Charles, à savoir la classification par la famille impériale, de certains éléments qu’on estimait compromettants alors qu’ils ne l’étaient pas. L’Église refusa d’étudier le dossier tant que ces pages n’étaient pas déclassifiées comme secrètes et remises dans le dossier.

Le tribunal et moi-même négociâmes donc pendant plus de quatre ans auprès de l’Archiduc Karl, chef de famille, héritier de l’Archiduc Otto. Ces archives furent finalement rendues accessibles en 2013, deux ans après que j’eusse trouvé et signalé à l’évêque le manuscrit que j’avais exhumé, pour lequel il souhaitait une censure théologique qui me semble effectivement méritée, même si en droit strict, elle n’est pas requise. Pour cela, il fallait d’abord traduire de l’allemand et contextualiser les documents qui traient d’un sujet somme toute étonnant, voire sulfureux. Chose faite désormais : je me rendrai à l’avis de l’Église mais je crois que rien de ce qui y est écrit ne constituerait un manquement à la vraie foi de l’Église catholique. J’ai cherché à en prouver la parfaite compatibilité avec l’orthodoxie.

J’ai traduit, avec l’aide d’une dame, toutes ces histoires composant ce passionnant récit.

Car qui n’a jamais connu des personnes de son entourage parlant de phénomènes étranges, « paranormaux » ? En tant que prêtre, on est souvent confronté à des demandes de bénédictions de médailles, de maisons, car des gens sont confrontés à ces problèmes.

A suivre

Partager cet article

Nous utilisons des cookies pour vous offrir la meilleure expérience en ligne. En acceptant, vous acceptez l'utilisation de cookies conformément à notre politique de confidentialité des cookies.

Privacy Settings saved!
Paramètres de confidentialité

Lorsque vous visitez un site Web, il peut stocker ou récupérer des informations sur votre navigateur, principalement sous la forme de cookies. Contrôlez vos services de cookies personnels ici.


Cookies nécessaire au bon fonctionnement du site.
  • wordpress_logged_in
  • wordpress_sec
  • wordpress_test

Refuser tous les services
Accepter tous les services