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Médias : Désinformation

Toutes les images de campagne sont fournies par les candidats

Dans Minute, Jean-Marie Molitor dénonce la collusion entre la télévision et les politiques :

M"C’est Nicolas Sarkozy, qui, en 2007, avait inauguré la méthode: lors de ses réunions publiques, les seules images retransmises à la télévision – celles de ses discours comme celles des assistances – étaient celles fournies par l’équipe technique du candidat. TF1, France 2 et toutes les autres télévisions, notamment les « chaînes d’information » comme LCI et iTélé, s’étaient pliées à cette exigence, se bornant à se faire les propagateurs d’une image contrôlée […]. Durant son quinquennat, Nicolas Sarkozy a usé et abusé de la méthode: la totalité des images de ses discours, la quasi-totalité des images de ses déplacements elles-mêmes furent mises en scène, filmées, cadrées, millimétrées par son équipe – TF1, France 2, France 3 et les autres n’ayant pas le droit d’installer leurs caméras, juste celui de reprendre et de montrer aux Français la belle imagerie officielle…

On aurait pu penser que, las d’être ainsi instrumentalisées, les chaînes de télévision se seraient rebellées (…] au nom, comme le stipule la Charte d’éthique des journalistes, du « droit du public à une information de qualité, complète, libre, indépendante et pluraliste », droit « rappelé dans la Déclaration des droits de l’homme et la Constitution française ». […] Or non seulement les directions de toutes les chaînes de télévision ont capitulé devant les diktats des hommes politiques, mais les journalistes et leurs syndicats sont restés muets et la pratique s’est propagée. […] Parfois, le téléspectateur en est informé, comme dimanche dernier pour le meeting de Marine Le Pen à Châteauroux où BFM TV a eu « l’honnêteté » de faire figurer cette mention à l’écran: « Images fournies par l’équipe de la candidate ». Le plus souvent, rien ne vient informer le téléspectateur/ électeur qu’il suit un programme de communication – pour ne pas dire de propagande […]"

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3 commentaires

  1. Il me semble avoir déjà vu cette mention “Images fournies par l’équipe du candidat” pour d’autres, comme Nicolas Sarkozy. En fait, les candidats ont surtout peur des “méthodes” des télévisions : filmer dans l’assistance des gens moins télégéniques que d’autres, filmer un ministre qui se gratte le nez (spécialité de Canal+ et de Yann Barthes) etc…
    On se souvient tous des images des manifs FN type 1er Mai : on y voyait toujours des skins beuglant une bière à la main…
    Le vrai problème des médias dans cette campagne n’est pas là. Entre les candidats de fait exclus (qui a déjà vu Villepin, Dupont-Aignan ou Lang sur un plateau ?), la “polémique du jour” et “la petite phrasse de la veille”, il y a peu de place pour une véritable information.
    Et puis Twitter…. deux phrases, trente mots, et voilà le débat politique aujourd’hui….
    En fait, pour connaître le programme d’un candidat, comprendre l’esprit qui l’anime, avoir une idée de son projet, il faut nécessairement aller le voir en meeting. Ou prendre la peine de regarder la retransmission de celui-ci à la télé. Et pas les vingt-cinq secondes qui seront réutilisées pour le journal de 20H…

  2. http://www.vodkaster.com/Films/OSS-117-Rio-ne-repond-plus/8243
    Regardez cet extrait de OSS 117 : tout est dit.

  3. Les équipes de campagne, notamment à l’UMP, fournissent un flux de qualité (“feed”) pour la retransmission des discours proprement dite. Lors des JMJ ou des grands-messes vaticanes, l’Eglise ne fait techniquement pas autre chose pour diffuser les cérémonies. Le téléspectateur normalement éduqué le voit et le comprend tout de suite. Le contenu est un peu plus contrôlé et enjolivé mais ça n’altère pas fondamentalement la réalité du candidat ou du prédicateur. Le public est certes moins visible mais, justement, le téléspectateur a l’impression d’être au première loge de la réunion ou de la célébration, qu’il communie ou non aux convictions partisanes.
    Cela n’empêche pas la présence de caméras propres aux équipes de journalistes pour couvrir l’évènement. Libres aux équipes de saisir sur le vif ce qui n’est pas dans le “feed” comme l’ambiance dans la salle et aux alentours et les entrevues des têtes d’affiches, des militants et des badauds.
    Ces “rushes” “hors champ” sont utilisés pour les “papiers” au journal télévisé ou la production de documentaires. C’est, en plus du discours, la matière de base du travail journalistique.
    “Le Petit Journal” de Canal + est une excellente école pour comprendre ce genre de problématique. La façon dont ils explorent les coulisses n’est pas méchante en soi, quoique parfois perfide, mais démontre la part de comédie dans telle ou telle attitude des uns et des autres.

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